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Primaire de la gauche : les réactions de la presse européenne après la victoire de Benoît Hamon

Revue de presse 30.01.2017

Avec 58,65% des voix, Benoît Hamon est désormais le candidat du Parti socialiste, après sa victoire dimanche 29 janvier contre l'ancien Premier ministre Manuel Valls. Cette percée inattendue de l'élu de Trappes n'a pas manqué de susciter les commentaires de la presse européenne.

Benoît Hamon

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"Les deux socialismes de France ont réglé leurs comptes ce dimanche" annonce le quotidien espagnol El Pais. Il s'agit d'un tournant dans l'histoire du socialisme français, l'élu âgé de 49 ans ayant fait campagne contre l'héritage de François Hollande et contre les compromis français avec la zone euro, analyse son confrère ABC. Pour le journal, Manuel Valls s'est "effondré avec son président (…) défendant une politique que les gauches françaises considèrent de droite". La politique du chef de l'Etat français n'était "évidemment pas assez à gauche" pour les Français, ironise Die Zeit. L'aile gauche a "reçu sa revanche".

Outre-Manche, le Guardian souligne que la primaire fut "amère et conflictuelle", entre les deux "fractions belligérantes du Parti socialiste : l'ardente aile gauche contre la pro-business". Si Benoît Hamon fait souvent l'éloge du chef du parti travailliste britannique Jeremy Corbyn, le journal britannique tient à rappeler les différences qui séparent les deux hommes. "Le pro-européen Hamon a 20 ans de moins que Corbyn, a été ministre, député européen et a été membre de l'appareil du parti comme ancien porte-parole".

The Independent quant à lui ne mâche pas ses mots et qualifie Benoît Hamon de "candidat de l'extrême gauche". "M. Hamon est représentatif d'une nouvelle vague de populisme qui balaye l'Europe", décrit le journal. Die Zeit temporise ce constat en rappelant les origines politiques de l'ancien ministre de l'Education qui est avant tout "un vieux soldat du parti avec de nouvelles idées".

Une victoire à l'élection présidentielle qui s'annonce compliquée pour le candidat du PS

Après avoir arrosé cette victoire hier soir, au vin et non pas au champagne "symbole des puissants" rappelle le journal italien La Stampa, l'heure est au rassemblement. Selon ABC, la déroute de l'ancien Premier ministre Manuel Valls et l'élection d'une gauche radicale supposent une "rupture sans destin connu". Le Guardian rappelle que désormais Benoît Hamon doit prouver que sa candidature a sa place dans la campagne présidentielle pour  laquelle le PS "est déjà considéré comme hors-jeu". Selon Le Telegraph, les analystes prédisent que la victoire du député des Yvelines "va booster les chances du candidat franc-tireur" Emmanuel Macron, actuellement "troisième homme de l'élection" avec "une ligne ni-droite-ni-gauche".

L'ancien ministre de l'Economie a en effet une véritable carte à jouer face à des adhérents de partis français "qui choisissent systématiquement le candidat qui défend le plus radicalement leur identité". La Repubblica va même jusqu'à s'étonner que Benoît Hamon "n'ait pas dit un mot [hier soir] sur son adversaire Emmanuel Macron", celui qui "pourrait obtenir le vote des électeurs socialistes de la gauche modérée déçus par la défaite de Manuel Valls".

Die Zeit rappelle cependant que la participation électorale a grandi pendant l'entre-deux-tours. Ce qui "laisse espérer aux militants de Benoît Hamon qu'il inversera la tendance".


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