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Les Européens répondent à Donald Trump

Revue de presse 17.01.2017

Les déclarations désobligeantes du 45ème président des Etats-Unis vis-à-vis de l'Europe ce dimanche 15 janvier n'ont pas manqué de faire réagir les dirigeants du Vieux Continent. A trois jours de l'investiture de Donald Trump, ils ont tenu à affirmer leur unité et leur intransigeance sur la défense des valeurs européennes.

Donald Trump

Trump tire à boulets rouges sur l'Europe

Dimanche, le président élu Donald Trump s'est entretenu avec les quotidiens britannique The Times et allemand Bild, marquant avec un langage peu diplomatique son hostilité à l'égard de la construction européenne. "Quand vous jetez un coup d'œil à l'Europe, vous voyez en réalité l'Allemagne. [L'UE] est en réalité un instrument au service de l'Allemagne. C'est pourquoi je pense que le Royaume-Uni a bien fait d'en sortir", a notamment déclaré le président républicain, cité par Le Figaro.

Rompant clairement avec la position de son prédécesseur Barack Obama opposé au Brexit, Donald Trump a au contraire affirmé que "le Brexit [allait] se révéler être une chose géniale" [Le Monde]. "Il s’est ensuite dit impatient de rencontrer la Première ministre britannique Theresa May, afin de conclure un accord commercial 'rapidement et dans les règles' entre les deux pays", relate le quotidien.

Pour Trump, la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne est directement liée à l'accueil des réfugiés en Europe. "Les peuples, les pays veulent conserver leur identité. Le Royaume-Uni veut sa propre identité. Mais je crois que si on ne l'avait pas forcé à accepter tous ces réfugiés avec tous les problèmes qui vont avec… Je pense qu'il n'y aurait jamais eu de 'Brexit' […] Je pense que d'autres pays vont quitter l'UE à leur tour", cite Le Figaro. Il estime ainsi que la chancelière allemande Angela Merkel est responsable d'une "erreur historique" en ayant ouvert son pays aux réfugiés en 2015.

Donald Trump n'a pas non plus mâché ses mots à l'égard de l'OTAN, organisation qualifiée d'"obsolète" et qui n'a pas su, selon lui, s'adapter à la menace du terrorisme islamique [L'Obs]. Il a également renouvelé ses critiques quant à la contribution des Etats européens qu'il considère trop faible, ravivant la crainte des Européens, notamment de l'Est, d'un désengagement militaire américain du Vieux Continent.

Une réponse ferme de la part des Européens

Les dirigeants européens n'ont pas tardé à répliquer aux attaques de Donald Trump, comparé par l'un de ses interlocuteurs du Times, le député britannique pro-Brexit Michael Gove, à "un homme branché à une source électrique dont la puissance aurait été réglée à des niveaux bien supérieurs à ce que les règles de sécurité recommandent" [Libération].

"Je vous l'affirme ici : l'Europe sera toujours prête à poursuivre la coopération transatlantique, mais elle se déterminera en fonction de ses intérêts et de ses valeurs. Elle n'a pas besoin de conseils extérieurs pour lui dire ce qu'elle a à faire", a affirmé avec fermeté François Hollande [L'Obs].

Même son de cloche du côté d'Angela Merkel, qui a tenu à témoigner de l'indépendance de l'Europe : "Je pense que nous les Européens avons notre destin dans nos propres mains. Je vais continuer de m'engager pour que les 27 États membres travaillent ensemble vers l'avenir […] face aux défis du 21e siècle", cite également L'Obs.

D'autres responsables européens ont réagit aux propos du futur président, qui prendra ses fonctions dans 3 jours. La cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini, après avoir déclaré que "l'Union européenne va rester unie", ce dont elle est "100% convaincue", a rappelé que l'accord commercial Etats-Unis/Royaume-Uni, voulu "rapidement" par Donald Trump, devra attendre. "Il n'y pas de négociations de manière bilatérale sur un quelconque accord commercial avec un tiers. [...] C'est dans les traités", a-t-elle souligné en conférence de presse lundi à Bruxelles, rappelant que le Royaume-Uni n'a toujours pas quitté l'Union européenne [Le JDD].