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Le Conseil européen débouche sur un accord de principe entre l'Europe et la Turquie

Revue de presse 16.10.2015

Ce jeudi, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne étaient réunis à Bruxelles autour d'un Conseil consacré à la crise des migrants. La position européenne dans sa négociation avec le garde-frontière turc y a été arrêtée. La Turquie, en position de force, a obtenu des concessions longuement attendues.

European Council

Les retours de la presse française sont mitigés après le Conseil d'hier. Libération estime que "l'UE fait pression sur la Turquie" alors que pour Les Echos "l'Europe avance à reculons vers un accord". La Tribune résume en citant Donald Tusk, président du Conseil européen : "Bruxelles fait des concessions à la Turquie en échange de son aide". 

Le Monde plante le décor de ces négociations : la Turquie est "un partenaire sans lequel la crise des migrants ne trouvera pas de solution, les Vingt-Huit taisent, du coup, leurs désaccords avec les dérives autoritaires du pouvoir islamo-conservateur d’Ankara ou avec sa gestion de la question kurde". 

Une négociation déséquilibrée donc, qui n'a pas manqué d'inquiéter certains pays. Pourtant Le Figaro rappelle que "depuis le début du mois, les promesses ne se comptent plus et c'est à un sommet que revient le pouvoir de les concrétiser".

La Turquie avait "quatre revendications", détaille Le Monde :  "des fonds additionnels pour gérer une crise qui [lui] a coûté 7 milliards d’euros jusqu’ici, l’octroi à la Turquie du statut de pays d’origine 'sûre', l’accélération du processus de libéralisation des visas et des négociations d’adhésion à l’Union".

La réponse européenne est un "accord provisoire" qui "évoque 3 milliards d’euros d’aide pour les réfugiés et la libéralisation des visas pour les ressortissants turcs voyageant dans l'Union européenne" [Le Monde].

Pour François Hollande, la libéralisation ne doit pas se faire "dans n'importe quelles conditions, avec des visas qui pourraient être accordés à des individus dont on ne connaîtrait pas exactement l'identité. (…) La France, avec d'autres pays, sera très attentive à ce que les conditions soient non seulement posées mais respectées", cite Le Figaro.

Cet accord se double d'un "plan d'action" que Le Point divise en trois orientations : "la gestion de la frontière, le soutien aux Syriens installés en Turquie et la réadmission des personnes qui n'ont pas vocation à entrer en Europe".

C'est sur la question du soutien financier que les premières difficultés se font d'ores et déjà sentir. "Les chefs d'Etat ne sont pas entrés dans les détails sur les 3 milliards d’euros et les garanties quant à leur utilisation. Paris et Berlin ne sont pas hostiles mais soulignent que ces fonds n’existent pas dans le budget européen et qu’ils devront être trouvés du côté des Etats" explique Le Monde. Pourtant, selon Euractiv, avant que le Conseil ne débute, "Jean-Claude Juncker a appelé les chefs d'État à tenir leur promesse de débloquer 2,25 milliards d'euros pour la crise des réfugiés", décidés lors du Conseil européen du 23 septembre dernier.

L'autre volet des discussions d'hier implique lui aussi un investissement des Etats membres. Pour assurer le contrôle des frontières de l'Union, "les dirigeants de l'UE sont également convenus d'œuvrer à un système intégré de gestion des frontières" détaille Courrier international. Le journal ajoute que "les 28 ont également débattu de la création d'un corps de gardes-frontières européens pour renforcer les frontières extérieures de l'Union européenne".

Le Conseil se poursuit aujourd'hui et les chefs d'Etat et de gouvernement devraient y débattre de la position diplomatique de l'UE en réponse aux mouvements russes en Syrie, ainsi que de la coopération entre l'Union et les Etats de la "route des Balkans" et avec l'Afrique.

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