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L'Ukraine en guerre ouverte avec la Russie ?

Revue de presse 02.09.2014

L'Ukraine en guerre ouverte avec la Russie ? C'est en tout cas le message d'alerte qu'ont souhaité lancer, hier, le président ukrainien Petro Porochenko et son ministre de la Défense Valéri Gueleteï.

Petro Poroshenko

Face à l'avancée des chars russes dans l'est du pays, qui a contraint l'armée ukrainienne à abandonner l'aéroport de Louhansk, le premier a en effet qualifié l'attitude de Moscou d'"agression directe et ouverte" [Boursier / Reuters]. Le second a quant à lui déclaré sur Facebook que l'Ukraine était face à une "grande guerre" avec la Russie où les pertes s'élèveraient à des dizaines de milliers de morts [Romandie/AFP]. Or "les signes d’un retrait des forces ukrainiennes s’accumulent entre le fief rebelle de Donetsk, la frontière russe à l’est, et le port de Marioupol au sud" [Euronews].

De fait, Moscou cache de moins en moins sa volonté d'en découdre pour protéger son précarré à l'est de l'Europe. Après avoir lancé l'idée d'un "statut étatique" pour l'Est de l'Ukraine – une proposition reprise en écho par les séparatistes prorusses, relève [Euronews] – Vladimir Poutine aurait déclaré il y a quelques jours à José Manuel Barroso "Si je veux, je peux être à Kiev dans deux semaines", selon le quotidien italien La Repubblica. Une phrase à nouveau démentie par le Kremlin, qui a dénoncé des propos "retirés de leur contexte".

Aujourd'hui, des "parachutistes, bataillons de chars et autres soldats dans les rangs séparatistes", soit "plus d'un millier" de militaires russes, seraient sur le sol ukrainien, accusent le gouvernement de Petro Porochenko et l'OTAN [RTBF]. Une situation qui met en doute l'efficacité de la diplomatie occidentale menée depuis le début du conflit ukrainien. Pour le spécialiste Philippe Migault cité par RTBF, c'est même l'Occident qui "a tout fait pour susciter de tels conflits. L'expansionnisme russe est une conséquence de la stratégie de [refoulement] (…) des instances dirigeantes occidentales".

Depuis quelques jours les discours et les mesures se radicalisent. Le président allemand Joachim Gauck a évoqué hier la "fin du partenariat" entre la Russie et l'Europe [Le Figaro], Angela Merkel a affirmé qu'"accepter le comportement de la Russie n'était pas possible" [Boursier / Reuters], et la future haute-représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini, a jugé que "Poutine n'a jamais respecté les engagements qu'il a pris en plusieurs occasions, à Genève, en Normandie, à Berlin" [Boursier / Reuters].

"Les Européens se rendent compte que, malgré de nombreuses initiatives pour parvenir à l'instauration d'un dialogue, la Russie poursuit un calendrier de nature à remettre en cause l'intégrité territoriale de l'Ukraine", juge Reuters. De nouvelles mesures devraient ainsi être prises prochainement : la Commission européenne doit dresser d'ici la fin de la semaine une nouvelle liste de mesures de sanctions, l'Europe prépare un plan d'urgence pour faire face à d'éventuelles coupures du gaz russe l'hiver prochain [Les Echos/Reuters], tandis que les 28 dirigeants des pays membres de l'Alliance atlantique, qui se réunissent jeudi et vendredi au Royaume-Uni, prévoient d'adopter un plan de réactivité qui doit permettre de déployer très rapidement "plusieurs milliers" de soldats (air, terre, marine et forces spéciales) en Europe de l'Est, rapporte l'AFP.

Une réponse armée cette fois, qui suscite dès lors l'inquiétude du secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon : celui-ci a déclaré hier qu' "il n'y [avait] pas de solution militaire" à cette crise [RTL/Belga].