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Grand débat présidentiel : passe d'armes sur l'Europe

Revue de presse 05.04.2017

Avec pas moins de huit candidats eurosceptiques sur onze, le débat télévisé d'hier aura concentré un grand nombre de critiques sur l'Union européenne. La presse du jour revient sur les propositions de chacun.

Drapeaux France UE

Election présidentielle 2017 : quelle place pour l'Europe ?

Frexit ou pas Frexit ?

"L’Union européenne passe un mauvais quart d'heure sur le plateau du grand débat présidentiel", commentait hier soir BFMTV, lors de la rencontre entre les onze candidats à l'élection présidentielle. La question européenne s'est en effet rapidement imposée entre les orateurs, permettant de distinguer explicitement "les pro et anti-Europe" [RTL].

C'est le candidat souverainiste François Asselineau, partisan du Frexit, qui a lancé sa première salve en déclarant : "Tous les candidats ne vous disent pas la vérité. Tous les traités européens nous cadenassent dans une politique économique et sociale qui écrase les Français" [Libération]. "Soit on continue d'enfumer les Français, soit on fait sereinement, juridiquement, comme les Britanniques, la sortie de l'Europe", a-t-il ajouté [RTBF].

Le candidat de l'Union populaire et républicaine "a d’ailleurs mis en cause la volonté de Marine Le Pen de rompre avec Bruxelles", faisant presque passer la dirigeante frontiste "pour une europhile", note BFMTV. Opposée au "Brexit brutal" de François Asselineau, celle-ci a en effet réitéré son souhait d'interroger le peuple français en affirmant : "Je veux un référendum. Je veux que nous retrouvions des armes dans la mondialisation" [Libération].

Entre "courroie de transmission des marchés" et "source de tous les maux"

Jacques Cheminade, également eurosceptique et désireux de bâtir une "autre Europe, celles des pères fondateurs, des grands projets", a quant à lui affublé l'Union du surnom de "courroie de transmission des marchés" [Libération]. Un sujet sur lequel Nicolas Dupont-Aignan et François Fillon ont à leur tour "croisé le fer", le premier reprochant au second d'avoir "'bafoué le vote des Français' sur le Traité constitutionnel européen (TCE) en 2005, en faisant voter le traité de Lisbonne sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy", souligne BFMTV.

Une Europe dans laquelle ne se reconnaît pas non plus Philippe Poutou, pour qui "le problème, ce sont les politiques de l’austérité. On veut une autre Europe : cela passe par la résistance des peuples, l’Europe collective et solidaire, un monopole public européen" [Libération].

Nathalie Arthaud, candidate de Lutte ouvrière, a quant à elle balayé les critiques formulées à l'encontre de l'Union européenne en les qualifiant "de diversion" [RTL]. "Dans les entreprises, ce n'est pas l'Europe qui force le grand patronat à augmenter le temps de travail. C'est un choix politique pour verser plus aux actionnaires", a-t-elle réagi. "En faisant de l'Europe 'la source de tous les maux', les candidats eurosceptiques trompent les travailleurs et servent le patronat car il peut écraser la condition ouvrière", mentionne RTBF.

Jean-Luc Mélenchon, qualifié par plusieurs médias de candidat le plus convaincant lors du débat, a quant à lui apporté une nuance "à cette lecture internationaliste", analyse Libération. Le candidat de la France insoumise a assuré que "le cadre nous interdit de développer. Je ne mets pas en cause l’idée européenne. Si nous sortons des traités, alors nous pourrons changer les prochains traités. Les Allemands ne sont pas nos ennemis mais nos partenaires" [Libération].

"Il manque un point à ce débat : que se passe-t-il si nous sortons de l'Europe (…) ? Demain, sans l'Europe, c'est la compétition à tout va", a tenu à rappeler Benoît Hamon, candidat du Parti socialiste [RTL].

L'Europe oppose aussi les deux favoris des sondages

Le débat à onze a permis au candidat d'En Marche, Emmanuel Macron, d'attaquer sa rivale dans les sondages, Marine Le Pen, cette fois sur la thématique de l'Europe [Le Figaro]. "Ce que vous proposez, Mme Le Pen, c'est en effet de la baisse de pouvoir d'achat pour les Français. Parce qu'avec la sortie de l'euro, ce sera une baisse du pouvoir d'achat pour les épargnants (et) pour les travailleurs", a-t-il martelé avant de poursuivre : "Ce que vous proposez, c'est la guerre économique. Et nous ne sommes ni la Suisse, ni la Corée du Sud, Mme Le Pen".

"On ne se présente pas comme moderne quand on ressort des vieilles badernes !" a rétorqué la candidate du Front national après avoir "surjoué la complicité avec Asselineau", remarque Libération.