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François Hollande garde un cap difficile à tenir

Revue de presse 27.05.2014

A la suite des résultats aux Européennes en France, la faible marge de manœuvre de l'exécutif français s’est encore accentuée. Hier soir, François Hollande s'est adressé aux Français dans une intervention télévisée. Son message : malgré la vague du Front national qui a recouvert l'Hexagone, rien ne déviera le gouvernement de sa route. "'Hold-up' intellectuel" selon Les Echos, l'allocution a déçu et subi de fortes critiques à l'heure où la France est affaiblie sur la scène européenne.

François Hollande le 2 avril 2014 au Conseil de l'UE

Signe d’un certain désarroi de la part du président de la République, les cinq minutes de discours ont été marquées par un lapsus initial lorsqu'a été évoqué la progression des partis européens partout en Europe [Slate].

Au cours de cette concise allocution hier soir [Libération], François Hollande a reconnu la grande distance qui existe entre les électeurs et l'Europe [L'Opinion] et a ainsi rappelé sa détermination à changer l'Europe. "Ce vote, il est là, et il doit être regardé en face" a indiqué le président. Rue 89 commente un discours flou empreint d'une volonté de continuité. "L’Europe ne peut pas avancer sans la France, mais l’avenir de la France, il est en Europe. Je suis Européen, mon devoir, c’est de réformer la France et de réorienter l’Europe" a-t-il martelé face à la défiance exprimée par les votes de ce dimanche [La Croix]. "Cette ligne de conduite, elle ne peut pas dévier en fonction des circonstances" a-t-il expliqué. Les réformes engagées en France se poursuivront donc comme prévues.

"Réorienter l'Europe, mais dans quelle direction ? Avant de se défausser sur ses partenaires, la moindre des choses serait que la France soit capable de dire ce qu'elle veut" écrit le journaliste Jean-Francis Pecresse, adressant une critique virulente au cap voulu par le gouvernement français [Les Echos], tout en attaquant le "flou conceptuel" dont a fait preuve François Hollande dans son discours. Mais le journaliste reconnaît toutefois le bien-fondé du questionnement français sur la nécessité d'un agenda économique pour l'Europe.

Plusieurs journaux reviennent sur le soutien de l'Allemagne à François Hollande pour engager des réformes en Europe. "Merkel au secours d'un Hollande affaibli" titre Les Echos qui revient sur la réaffirmation de l'axe franco-allemand par la chancelière.

Une réunion à Bruxelles avec les 27 autres chefs d'Etat et de gouvernement est prévue ce soir et s'annonce difficile pour le président : "Hollande et l'Europe : dîner de sourds ce soir à Bruxelles" titre Le Nouvel Obs. Si une grande partie des Français jettent l'opprobre sur François Hollande, il est également en mauvaise posture au niveau européen souligne Le Figaro.  Alors qu'il s'apprête à remettre sur la table la demande française d'alléger le fardeau de la rigueur, les chances de se faire entendre sont minces, l'Allemagne ne voulant pas en entendre parler.  La croissance, l'emploi et l'investissement seront mises en avant comme priorités pour l'Europe par le président. Le dîner de ce soir sera également l'arène des discussions concernant le prochain président de la Commission européenne.

Enfin, c'est la perte d'influence de la France qui retient l'attention des Echos notamment, puisque les résultats des élections amputent la délégation française au Parlement européen d'eurodéputés chevronnés comme par exemple Catherine Trautmann (PS) et Corinne Lepage (apparentée MoDem).

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