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Dernière mise à jour : 01.02.2020

Royaume-Uni

Tout savoir sur le Royaume-Uni : son régime politique et ses dirigeants, ses relations avec l'Union européenne, sa géographie, son économie, son histoire, son drapeau et son hymne.

Royaume-Uni

drapeau Royaume Uni
  • Capitale : Londres
  • Superficie : 248 528 km²
  • Population : 67,03 millions (Eurostat - 2020)
  • Date d'adhésion : 1973 - Sortie de l'UE : 2020
Monnaie : Livre sterling Espace Schengen : non membre
Système politique : Monarchie constitutionnelle Chef d'Etat : Sa Majesté la Reine Elisabeth II Chef du Gouvernement : Boris Johnson Prochaines élections : Elections locales : 7 mai 2020
Hymne national : God save the Queen / the King (Dieu protège la Reine / le Roi) Fête nationale : 2ème samedi de juin pour célébrer l'anniversaire de la Reine Langue officielle : Anglais Indicatif téléphonique : 44
Villes principales : Londres, Birmingham, Glasgow, Liverpool, Bristol Découpage administratif : 4 provinces (Angleterre, Pays de Galles, Ecosse, Irlande du nord), dont 8 régions, la Collectivité du grand Londres et 46 comtés en Angleterre ; 8 comtés au Pays de Galles ; 12 régions en Écosse; 26 districts en Irlande du Nord. Le Royaume-Uni exerce de plus sa souveraineté sur 3 dépendances de la Couronne, et 14 territoires d'outre-mer.
PIB : 2 419,2 milliards d'euros (Eurostat - 2018) Taux de croissance : 1,2 % (Eurostat - T2 2019) Taux de chômage : 3,8 % (Eurostat - T2 2019) Dette publique : 85,9 % (Eurostat - 2018) Déficit public : 0,7 % (Eurostat - T1 2019) Inflation : 2,5 % (Eurostat - 2018)
Indice de développement humain : 0,922 (ONU - 2017) Émissions de gaz à effet de serre : CO2 : 5,7 tonnes/hab. (OCDE - 2016)

Politique

Le Royaume-Uni de Grande Bretagne et d'Irlande du Nord (United Kingdom of Great Britain and Northern Ireland, nom officiel depuis 1923) est une monarchie constitutionnelle sur laquelle règne Elizabeth II, de la dynastie des Windsor, depuis 1952.

Alors que ce sont les élections législatives qui déterminent les sièges à la Chambre des communes, la composition de la Chambre des Lords est déterminée par suffrage indirect, nomination ou hérédité. 

Avec la "devolution" de la fin des années 1990, le Pays de Galles, l’Ecosse et l'Ulster ont obtenu une autonomie accrue et d'importants transferts de compétences. Cette autonomie a été renforcée en Ecosse après l'échec du référendum d'indépendance de septembre 2014.

Ardent défenseur du Brexit lors de la campagne qui a précédé le référendum de 2016, le conservateur Boris Johnson devient Premier ministre le 24 juillet 2019. Se disant prêt à sortir de l'Union européenne sans accord (no deal) le 31 octobre 2019, il négocie tout de même - à deux semaines de cette échéance - un nouveau compromis avec les Européens. Pour garantir un vote de la Chambre des communes sur son accord, le Premier ministre demande aussi à contrecœur de reporter la date de sortie au 31 janvier 2020. Entretemps, il fait le pari d'organiser des élections anticipées le 12 décembre 2019. Ces dernières sont remportées haut la main par le parti conservateur, qui obtient 365 sièges sur 650.

Boris Johnson parvient à faire adopter l'accord sur le Brexit par le Parlement britannique le 22 janvier 2020, tandis que le Parlement européen l'approuve de son côté le 29 janvier. Au 31 janvier 2020 à minuit (heure de Bruxelles), le Royaume-Uni ne fait plus partie de l'Union européenne.

Elections au Royaume-Uni : les résultats

 

La vie politique britannique depuis 20 ans

La vie politique récente du pays a été marquée par 13 années de gouvernement travailliste (gauche libérale), de 1997 à 2010, dirigé d'abord par Tony Blair puis, à partir de 2007, par Gordon Brown. En mai 2010, les élections générales ont porté au pouvoir les conservateurs et les libéraux-démocrates, dans ce qui fut le premier Parlement sans majorité absolue depuis 1974. Lors des dernières élections générales, organisées en mai 2015, le Premier ministre sortant David Cameron a pu conserver son poste. Les conservateurs, obtenant une majorité absolue de 6 sièges, ont été à même de gouverner seuls pendant 5 ans.

Le parti anti-immigration et europhobe UKIP, dirigé par Nigel Farage, a fait son entrée pour la première fois à Westminster en octobre 2014 lors d'élections partielles, vingt-deux ans après sa création.

Organisé le 23 juin 2016, le référendum britannique d'appartenance à l'Union européenne se solde finalement par la victoire du "out" avec 51,89 % des suffrages, entraînant un véritable séisme politique. David Cameron, qui a personnellement milité pour rester au sein de l'UE, cède sa place le 13 juillet 2016 à Theresa May, jusqu'alors ministre de l'Intérieur.

Le 18 avril 2017, Theresa May annonce vouloir convoquer des élections législatives anticipées le 8 juin 2017, afin d'obtenir une plus large majorité parlementaire avant d'entamer les négociations du Brexit.

Ce pari est perdu, puisqu'à l'issue des élections législatives, le parti conservateur de Theresa May obtient 317 sièges sur un total de 650 sièges. Le parti travailliste de Jeremy Corbyn obtient 262 sièges, le Parti national écossais de Nicola Sturgeon 35 sièges, les Libéraux démocrates de Tim Farron 12 sièges.

Avec la perte de la majorité absolue, Theresa May conclut une alliance avec le parti unioniste DUP d’Irlande du Nord et obtient la confiance du Parlement britannique. Le DUP accepte de soutenir le gouvernement sur certaines questions relatives au Brexit, aux finances et à la défense contre un milliard de livres sur les deux prochaines années consacrées au développement irlandais.

Le 24 mai 2019, devant son incapacité à mettre en oeuvre le Brexit, Theresa May annonce sa démission, effective le 7 juin. Deux prétendants à sa succession, Boris Johnson et Jeremy Hunt, sont désignés par les députés conservateurs parmi les nombreux candidats. Après un vote des adhérents du parti, Boris Johnson l'emporte avec environ 92 000 voix, soit plus de 66 % des suffrages exprimés. Il devient automatiquement Premier ministre à compter du 24 juillet 2019. Il est reconduit à ce poste à l'issue des élections législatives anticipées organisées le 12 décembre 2019.

 

 

Le pays et l'UE

Conscient de sa marginalisation par les deux nouvelles puissances mondiales (Etats-Unis et URSS), le Royaume-Uni décide au début des années 1960 de se rallier à une construction européenne qu’il avait auparavant observée dans un premier temps avec méfiance. Sa première candidature, en 1961, se heurte au refus de la France du général de Gaulle. Le Royaume-Uni finit par rejoindre la CEE en 1973, après l'approbation des Français par référendum.

L’engagement du pays au sein de l’UE demeure partiel. Il dispose de conditions particulières (clauses d'opting-out) pour un certain nombre de politiques européennes : il ne fait ni partie de la zone euro ni de l'espace Schengen, et a négocié sa participation au budget européen ("rabais britannique"). 

En juin 2016, le Royaume-Uni a organisé un référendum sur son appartenance à l'Union européenne, à la suite d'une promesse électorale faite par le Premier ministre David Cameron. A l'issue de ce vote, une majorité (51,6%) des votants s'est prononcée pour une sortie du Royaume-Uni de l'UE.

Après la démission de David Cameron, c'est la Première ministre Theresa May qui, avec son gouvernement, s'est chargée de négocier le Brexit. Celui-ci, prévu pour le 29 mars 2019, a depuis été reporté. Boris Johnson est désormais à la manœuvre et a renégocié l'accord obtenu par sa prédécesseure. Peinant toutefois à le faire ratifier par les députés britanniques, il s'est vu contraint de réclamer contre sa volonté un troisième report de l'échéance aux Vingt-Sept. Arrivé loin devant son rival travailliste lors des élections législatives anticipées du 12 décembre 2019, le dirigeant conservateur parvient à faire approuver son accord au début de l'année 2020, et parachever le Brexit. La sortie du pays a lieu le 31 janvier 2020.

Brexit : tous les événements depuis le référendum

Jusqu'à cette date, le Royaume Uni était représenté par 73 députés au Parlement européen. Il a exercé la présidence du Conseil à cinq reprises, la dernière fois en 2005. En raison du Brexit, le pays a décidé de ne pas assurer la présidence du Conseil lors du deuxième semestre de 2017 tel que le calendrier le prévoyait.

Entrée en fonction le 1er décembre 2019, la nouvelle Commission européenne n'a pas compté de commissaire européen britannique. Au lendemain de la réalisation du Brexit, soit le 1er février 2020, commence la période de transition. L'Union et son ex-Etat membre ont jusqu'au 31 décembre 2020 pour décider de leur relation future, à moins d'un report. En attendant, la plupart des normes et des règles européennes restent actives au Royaume-Uni, tandis que celui-ci a perdu son pouvoir de décision dans les institutions européennes.

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Géographie

Le Royaume-Uni se compose de la Grande-Bretagne (Angleterre, Ecosse, Pays de Galles) et de l’Irlande du nord. Les îles britanniques sont baignées par l’océan Atlantique, la Manche et la mer du Nord. L’insularité de la Grande-Bretagne a joué un rôle déterminant dans son histoire, son économie et sa culture. Les lourds massifs de l’ère primaire des monts Cambriens et des Highlands qui occupent le Nord du pays s’opposent au pays plat de la côte méridionale et surtout orientale (Norfolk, Sufolk).

L’importante population de la Grande-Bretagne (64 millions d’habitants) a été précocement urbanisée avec, outre la macrocéphalie londonienne qui organise un vaste espace dans le sud-est de l’Angleterre, une zone de très forte densité jalonnée par les grands centres urbains de Manchester, Liverpool, Leeds et Birmingham, qui fut pour une large part le berceau de la révolution industrielle. Hors d’Angleterre, seuls Glasgow et Belfast atteignent le seuil de métropoles significatives.

Economie

Cinquième puissance économique mondiale, le Royaume-Uni fut l’un des pays les plus performants de l’Union européenne, après un passage difficile dans les années 70. Le pays a connu ces trente dernières années de profondes mutations économiques. Le déclin de l’activité industrielle s’est effectué d’une manière prononcée et a entraîné la difficile reconversion de régions entières, en particulier autour de Cardiff et Manchester. Ce secteur, autrefois prépondérant et qui représentait encore 35% du PIB en 1995, ne compte plus en 2016 que pour 20 % du PIB (si l'on exclut la construction).

Le secteur des services, moteur de la croissance économique, représente près des trois quarts du PIB et emploie 80% de la population. La City de Londres demeure une place financière de première importance, faisant du pays le second exportateur mondial de services commerciaux. Par ailleurs, l’électronique et les industries pharmaceutiques et énergétiques sont aujourd’hui parmi les plus compétitives d’Europe.

Le tourisme représente une part majeure de l'économie britannique : avec plus de 37 millions de touristes en 2016, le Royaume-Uni est la huitième destination touristique mondiale.

La décision des Britanniques de quitter l'Union européenne a entrainé une vague d'incertitudes qui pourrait avoir des conséquences sur son économie. La croissance annuelle du PIB, qui culminait à 3,1 % en 2014, était de 1,2 % au second trimestre 2019, et devrait ralentir les années suivantes, d'après les prévisions.

En effet, le choc de l'annonce du résultat du Brexit a entrainé une dévaluation de la livre, notamment par rapport à l'euro et au dollar. Bien que les exportations en profitent, les importations deviennent plus chères pour les Britanniques, qui perdent du pouvoir d'achat. Tandis qu'à Bruxelles, Européens et Britanniques ont conclu les négociations autour de l'accord de sortie le 17 octobre 2019, l'incertitude demeure autour de la suite des événements et les investisseurs font preuve d'attentisme.

Bien qu'en 2016 le PIB par habitant ait retrouvé son niveau de 2008 et que le plein emploi soit atteint, les travailleurs pauvres et précaires constituent une problématique majeure du Royaume-Uni qui est l'une des sociétés les plus inégalitaires de l'UE avec l'Estonie.

Histoire

Des invasions successives

  • 43-83 après J.C. : l’Angleterre est conquise par les armées romaines qui romanisent la province de Bretagne.
  • 1066 : invasion de l’Angleterre par le Normand Guillaume le Conquérant. Ses descendants fondent la dynastie des Plantagenêt qui réalise l’unification du Royaume d’Angleterre et étendent leur empire sur une partie du continent.

Entre religions et régimes politiques

  • 1215 : la Magna Carta imposée au roi Jean sans Terre par les barons du Royaume est considérée par les Anglais comme la première déclaration protégeant les droits individuels.
  • 1534 : le roi Henri VIII rompt avec l’Eglise catholique romaine et adopte la religion anglicane. Le roi d’Angleterre est le chef de l’Eglise anglicane.
  • 1649 : au terme de la guerre civile, le roi Charles 1er est exécuté et la République proclamée par Oliver Cromwell. La monarchie rétablie quelques années plus tard consacre le pouvoir des Chambres et la limitation du pouvoir royal.
  • 1688 : la "Glorieuse Révolution" qui fait monter sur le trône Guillaume et Marie consacre les principes d’une monarchie tempérée par le Parlement et les garanties d’Etat de droit de l’Habeas Corpus, déclaration des droits des justiciables.

Apogée économique et politique de l'Empire britannique

  • 1837-1901 : règne de la Reine Victoria. Puissance industrielle, coloniale et maritime, l’Empire britannique atteint son apogée et domine une large partie du monde.  

Le Royaume-Uni dans le XXe siècle

  • 1945 : victorieux de l’Allemagne nazie, le Royaume-Uni n’échappe pas au déclin européen de la deuxième moitié du XXème siècle. L’irrésistible essor des mouvements indépendantistes entraîne la perte de ses possessions coloniales d’Asie et d’Afrique.
  • 1973 : le Royaume-Uni devient membre des Communautés européennes et contribue activement à la mise en place du marché unique, avec davantage d’ambiguïté pour d’autres politiques communes.
  • 1997 : le travailliste Tony Blair accède au poste de Premier ministre. Il poursuit le redressement économique initié par Margaret Thatcher.
  • 2003 : Tony Blair engage son pays dans la guerre en Irak aux côtés des Etats-Unis.
  • 2016 : La sortie de l'Union européenne est approuvée par référendum à 52% des voix.
  • 2020 : Le Royaume-Uni devient le premier Etat membre à quitter l'Union européenne.

Drapeau et hymne

Le drapeau britannique comporte les symboles des différents pays qui forment le Royaume-Uni. La croix rouge principale est la Croix de Saint Georges, le saint patron de l’Angleterre depuis la guerre de 100 ans. Elle se superpose à une croix blanche sur fond bleu, la croix de Saint André, saint patron de l’Ecosse. La croix de Saint Patrick, le saint patron de l’Irlande, est ajoutée à la croix de Saint André en 1801, lorsque l’Irlande intègre l’union territoriale. Après maintes modifications dues à des problèmes de succession, qui le laisseront en l’état actuel, le drapeau sera officiellement adopté en 1801.

L’hymne du Royaume-Uni God Save the Queen manifeste la force du lien entre les habitants du Royaume-Uni et la monarchie. Son origine reste floue. Des similitudes ont été mises en évidence avec des compositions de John Dull (1562–1628), Henry Purcell (1639–1695) ou encore un texte de la Française Marie de Brinon (1631-1701) mis en musique par Jean-Baptiste Lully (1632–1687) à la cour du roi de France Louis XIV, puis réarrangé par Georg Friedrich Haendel (1685-1759). Le nom de Henry Carey (1687–1743) est également évoqué. S'agissant des paroles, elles évoquent sans doute possible la loyauté des sujets du Commonwealth envers leur souverain. Le texte aurait été popularisé en 1745, lors d'une tentative de renversement du roi protestant George II par les partisans du catholique Jacques-François Stuart. Ce chant est utilisé comme hymne national du Royaume-Uni depuis le XIXe siècle, appelé God save the King lorsque le souverain est un homme, et God save the Queen lorsqu'il s'agit d'une femme. Aucune loi ne l'a toutefois inscrit comme hymne officiel, et le Pays de Galles, l'Irlande du Nord et l'Écosse utilisent régulièrement leurs hymnes régionaux.

Lire l'étude de l'Institut Jacques Delors