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Qu'est-ce que la Stratégie pour la région du Danube ?

Actualité 15.04.2011

Priorité de la présidence hongroise, la Stratégie de l'Union pour le Danube a été approuvée jeudi 14 avril par le Conseil Affaires générales. Cette approbation ouvre la voie à la mise en application de 200 actions dites 'prioritaires' sur un territoire couvrant près d'un cinquième de l'Union européenne et comptant 100 millions d'habitants.

La Stratégie pour la région du Danube (ou SRD) fait partie des nombreuses coopérations régionales qui existent au sein de l'UE à un niveau infra-communautaire. Mais de quoi s'agit-il exactemen


La stratégie pour la région du Danube : Pourquoi ?

La SRD regroupe 14 pays, huit Etats membres (Allemagne, Autriche, Hongrie, République tchèque, Slovaquie, Slovénie, Bulgarie et Roumanie) et six pays tiers (Croatie, Serbie, Bosnie Herzégovine, Monténégro, Ukraine et Moldavie).

 "D’ici à 2020, la région Danube devrait offrir à ses habitants une meilleure qualité de vie, plus de débouchés économiques et d’entreprises innovantes créatrices d’emplois, un environnement amélioré et des échanges culturels accrus" s'est félicité le commissaire chargé de la Politique régionale, M. Johannes Hahn.


Malgré les frontières, ces pays font face aux mêmes défis dans l'acheminement de l'énergie, les réseaux de transports, la protection de l'environnement ou encore la sécurité. L'idée est donc de favoriser la coopération entre les pays, tout en contribuant au développement socio-économique de la région.

 

Il s'agit également de favoriser une meilleure utilisation des fonds européens. La mise en œuvre de la SRD repose en effet sur le principe de «neutralité budgétaire» (aucuns moyens financiers additionnels) et ne doit générer ni nouvelles structures ni nouveaux textes législatifs au niveau de l’Union Européenne.


Quelles sont les formes de cette coopération ?

La stratégie s’articule autour de quatre piliers.

  • Désenclaver la région Danube : il s'agit avant tout d'améliorer la mobilité des voies navigables et des réseaux routiers, ferroviaires et aériens, mais aussi de favoriser le tourisme ou la culture.


Exemples des projets : aménagement de terminaux multimodaux dans les ports fluviaux, achèvement de l’axe autoroutier «Magistrale» reliant Paris à Budapest en passant par Stuttgart, conception de forfaits touristiques transnationaux proposant des voyages train-bicyclette-bateau sur le Danube, …

 

  • Protéger l’environnement : la priorité reste la gestion des risques environnementaux (crues, sécheresses, pollution), mais la SRD vise également à promouvoir la production d'énergies durables et préserver la biodiversité, la qualité de l'air, de l'eau et des sols.


Exemples des projets : coopération «Danube bleu» concernant le traitement des eaux usées urbaines, restauration de zones humides pour lutter contre les inondations, …

 

  • Développer la prospérité : l'Union européenne entend promouvoir la société de la connaissance (recherche, enseignement et technologies de l'information),  soutenir la compétitivité des entreprises, et investir dans les compétences.


Exemples des projets : programmes conjoints pour l’enseignement et la formation professionnels, initiatives de soutien aux communautés roms, centres de recherche communs, …

  • Renforcer la région : il s'agit d'améliorer les capacités institutionnelles et la coopération entre les pays, notamment sur les questions de sécurité et de lutte contre la criminalité organisée.


Exemples de projets : formation et échange de bonnes pratiques  en matière de gestion des finances publiques, élaboration de directives communes de planification de l’espace, …

 

Quelle mise en application ?

D'après le Conseil de l'UE, la mise en application de la Stratégie "devrait commencer sans délais". Néanmoins, il estime nécessaire la création préalable d'une structure de gouvernance pour en assurer le suivi.

 

Il invite également les différents protagonistes de la SRD à prendre les mesures nécessaires pour coordonner leurs actions. Or ceux-ci se comptent en grand nombre. De multiples organisations professionnelles et ONG ont affirmé vouloir participer à l'élaboration et à la réalisation de la Stratégie, une volonté encouragée par les institutions européennes pour bénéficier du soutien le plus large possible à la réalisation des objectifs.

 

Enfin, le Conseil demande à la Commission de créer un groupe composé de fonctionnaires de tous les États membres ou tiers chargé d'assister à la mise en œuvre de la stratégie. Un premier rapport sera d'ailleurs publié par la Commission fin 2012.


En savoir plus

Communiqué de la Commission européenne