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Nicolas Sarkozy défend son "traité simplifié" à Bruxelles

Actualité 25.05.2007

Après avoir rencontré à Berlin, dès le jour de son entrée en fonction (16 mai), la Chancelière allemande, Angela Merkel, et reçu à l'Elysée le président du Parlement européen Hans-Gert Pöttering  (21 mai), Nicolas Sarkozy s'est rendu hier à Bruxelles pour s'entretenir avec le Premier ministre belge Guy Verhofstadt, puis avec le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Il s'agissait de la première visite officielle à Bruxelles du Président de la République.


La relance institutionnelle : "priorité de la diplomatie française"

"On a perdu trop de temps ; il faut maintenant aller vite" et "le traité simplifié, c'est la seule solution possible" pour sortir l’Europe de la "paralysie relative", a déclaré Nicolas Sarkozy lors d'une conférence de presse avec le président de la Commission européenne José Manuel Barroso.

Le nouveau traité "ne peut pas être une nouvelle constitution", car "les Français ont dit non", a prévenu le chef d'Etat, qui a plaidé pour "un traité simplifié avec peu d'articles". Ce traité simplifié reprendrait les éléments "qui ont fait consensus", comme une présidence stable de l'UE ou une extension du domaine de la majorité qualifiée. Le Président de la République est également favorable au développement des "coopérations renforcées". "Il s'agirait de faire un traité de Nice, mais un traité de Nice plus efficace pour débloquer la situation en Europe", a-t-il résumé.

"Autour de cette idée de traité simplifié, on progresse", a affirmé le Président français. "La priorité est que le Conseil européen des 21 et 22 juin soit un succès (...) C'est cela la priorité de la diplomatie française."

José Manuel Barroso a souligné que "le Président Sarkozy, avant d'assumer ses fonctions actuelles, a été le premier à suggérer l'idée d'un Traité simplifié". Le président de la Commission a jugé qu'un "consensus se formait autour de cette idée. "Il faut un règlement pour la question institutionnelle en Europe" a-t-il insisté.

"La Commission européenne fait de son mieux pour aider les Etats membres à trouver une solution. Pour nous, l'essentiel, c'est de parvenir à renforcer la capacité d'agir de l'Europe, qu'on puisse avoir des institutions qui donnent à l'Europe les moyens d'apporter les réponses que les Européens veulent en terme de : plus d'efficacité du processus de décision, plus de démocratie et plus de cohérence au niveau extérieur. Nous avons toujours, à la Commission européenne, soutenu le projet de Traité constitutionnel. Il est vrai qu'il ne pourra être ratifié donc il nous faut une solution. Cette solution doit à notre avis répondre à ces priorités" a déclaré le président de la Commission européenne.

Turquie

Nicolas Sarkozy et José Manuel Barroso ont également évoqué la question de l'adhésion de la Turquie. Le Président de la République a réaffirmé son opposition à l'adhésion de la Turquie à l'UE. "Je n'ai pas changé d'avis (...). Je ne pense pas que la Turquie ait sa place dans l'Union européenne".

Toutefois, "je ne vois pas l'utilité d'aller poser cette question" immédiatement, "alors qu'elle ne se pose pas maintenant" a-t-il ajouté. L'urgence étant "de trouver une solution à la crise institutionnelle en Europe".

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a affiché son désaccord. "Je respecte sa position", mais "du point de vue de la Commission (...) nous sommes pour la continuation des négociations avec la Turquie" et "nous allons défendre la continuation de ces négociations".

Zone Euro

Nicolas Sarkozy a également réaffirmé sa volonté de faire en sorte "que la zone euro se donne un véritable gouvernement économique au service de l'emploi et de la croissance". C'est "pour nous une priorité", et "nous prendrons des initiatives le moment venu pour faire avancer également ce dossier", a-t-il prévenu.

Angela Merkel, présidente en exercice de l'UE, tente d'arriver à un accord entre les Vingt-Sept d'ici le Conseil européen des 21 et 22 juin. Quant à Nicolas Sarkozy, il poursuivra ses consultations le 31 mai à Madrid, avec le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero.


Sources :

Point de presse conjoint du Président de la République et du Président de la Commission Europeenne à l'issue de leur entretien
Version audio
Version texte

Déclaration du Président français Nicolas Sarkozy
(PDF-18Ko)- Conférence de presse - 23/05/07 - Commission européenne
Déclaration du Président de la Commission européenne (PDF-18Ko)- Conférence de presse - 23/05/07 - Commission européenne

En savoir plus :

Tableau des ratifications - Touteleurope.fr
La réforme des institutions - Touteleurope.fr
Entretien avec Dominique Reynié - Touteleurope.fr