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Laurent Wauquiez propose un "plan Marshall" pour la Tunisie

Actualité 23.02.2011

La ministre de l'Economie Christine Lagarde et Laurent Wauquiez, ministre chargé des Affaires européennes étaient présents hier en Tunisie pour une visite "d'amitié et de travail". Alors que les manifestants continuent de réclamer la démission du gouvernement provisoire de M. Ghannouchi, les deux ministres sont venus lui apporter leur soutien. Plus d'un mois après le départ du président Ben Ali, c'est la première fois qu'une délégation française se rend dans le pays du jasmin où les dignitaires européens et américains se sont succédé.

Recoller les morceaux

Cette visite intervient alors que la France est décriée pour son attitude vis-à-vis des mouvements populaires arabes en général, et à la révolution tunisienne en particulier. La chef de la diplomatie Michèle Alliot-Marie est notamment mise en cause pour ses relations avec des proches du régime Ben Ali, et pour sa proposition d'aide sécuritaire alors même que la révolte était réprimée dans le sang.  Il faut rappeler que selon l'ONU, 219 personnes auraient trouvé la mort depuis le début de la révolution. Plus récemment c'est le nouvel ambassadeur Boris Boillon qui s'est retrouvé sous le feu des critiques suite à son attitude agressive face à des journalistes tunisiens.

Espérant tourner la page, le gouvernement français fait donc amende honorable par la voix de son ministre chargé des Affaires européennes, qui reconnaît des erreurs d'appréciation : "Bien sûr, ils [les tunisiens] sont allés plus vite que ce qu'on pensait qu'il était possible. Bien sûr, il faut qu'on apprenne à reparler ensemble, il y a des interlocuteurs qui ont changé".

Des promesses économiques

Le soutien évoqué consiste essentiellement en une aide économique, que la France souhaite voir prendre la forme d'un "plan Marshall" pour la Tunisie. Affirmant être "à l'écoute des besoins de la Tunisie", les deux ministres n'ont toutefois pas avancé de chiffres, craignant peut-être de subir le même sort que la Haute Représentante de l'Union pour les affaires étrangères Catherine Ashton. Les 17 millions d'aide immédiate qu'elle a proposé au nom de l'Union Européenne avaient été taxés de somme "ridicule" par le ministre de l'industrie tunisien, Afif Chelbi.

Côté français, Christine Lagarde a affirmé vouloir "ajuster nos programmes, les accélérer, les développer si nécessaire" avant de poursuivre : "le renouveau de la confiance est très important pour les entreprises françaises qui travaillent ou envisagent de travailler en Tunisie".

Quant à l'Europe, le ministre Laurent Wauquiez souligne qu'elle doit faire de la Tunisie "sa priorité" et que pour ce faire, "la France sera son meilleur avocat à Bruxelles".  En ce sens, elle plaidera pour que la Tunisie accède à un statut "privilégié" avant la fin de l'année, qui lui permettrait d'exporter plus facilement vers le marché européen, mais aussi d'accroitre les coopérations sectorielles dans les biotechnologies et la formation professionnelle.

Enfin, M. Wauquiez a exhorté l'Europe à augmenter ses moyens financiers en élargissant le champ d'intervention de la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD), mais aussi en impliquant la Banque Européenne d'Investissement (BEI).


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