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La consommation de drogues en Europe

Carte et comparatif 03.01.2019

Plus de 92 millions d'Européens, soit plus du quart de la population adulte, ont déjà consommé une drogue illicite au moins une fois dans leur vie. 87,6 millions de personnes âgées entre 15 et 64 ans ont ainsi consommé du cannabis, 17 millions de la cocaïne et 13,5 millions de l'ecstasy (MDMA). Surtout dans les pays de l'Ouest.

La consommation de drogues en Europe

Tels sont les résultats du dernier rapport sur les drogues de l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT), publié en juin 2018.

Ce dernier s'inquiète notamment d'une "augmentation de la production de drogue, qui a désormais lieu en Europe, plus près des marchés de consommation". "Un élément nouveau réside dans le fait que des laboratoires chargés de transformer la morphine en héroïne ont été découverts et démantelés dans plusieurs pays européens", relèvent par exemple les rapporteurs. Quant à l'ecstasy, ou MDMA, ils soulignent même que "pour certaines substances stimulantes synthétiques comme la MDMA, l’Europe est un producteur majeur qui exporte des produits et son expertise vers d’autres régions du globe".

Parallèlement, tandis qu'internet et le darknet relient de plus en plus facilement les producteurs et les consommateurs, "nous notons également que l’augmentation de la production de cocaïne en Amérique du Sud a désormais des incidences sur le marché européen", ajoutent-ils.

Alors que l'Observatoire s'était alarmé en 2017 de l'augmentation du nombre de morts par surdose en Europe, il insiste à nouveau en 2018 sur l'attention à porter aux nouvelles substances psychoactives (notamment fabriquées en Chine) qui apparaissent sans cesse sur le marché, dont les opiacés et les cannabinoïdes de synthèse. "Par ailleurs, les preuves émergentes de la disponibilité et de la consommation croissantes de crack en Europe sont une source de préoccupation, et une surveillance doit être instaurée", exhortent-ils.

Cannabis : la drogue la plus consommée

Le cannabis est de loin la drogue la plus consommée en Europe, tant dans les pays où sa consommation est interdite que dans ceux où elle est tolérée voire légale.

Plus d'un adulte sur quatre (87,6 millions d'Européens âgés de 15 à 64 ans) a déjà fumé du cannabis dans sa vie. Et près de 17,2 millions de jeunes Européens (de 15 à 34 ans) en auraient consommé au cours de l'année passée, soit plus d'un jeune sur sept (les taux vont de 3,5 % en Hongrie à 21,5% en France).

Comme pour les autres drogues, l'usage de cannabis apparaît globalement plus fréquent dans les pays d'Europe de l'Ouest et du Nord que dans les pays d'Europe de l'Est.

Au total, 1% des Européens consommeraient cette drogue quotidiennement ou presque (plus de 20 jours par mois), suscitant de fortes inquiétudes en termes de santé publique.

"La prévalence de la consommation de cannabis en Europe reste élevée par comparaison avec le passé et de récentes augmentations ont été constatées dans certains États membres de l’Union européenne", observe l'OEDT. En 2016, l'herbe a représenté 40% de l’ensemble des saisies de drogues en Europe, et la résine de cannabis 29%.

Cocaïne : des "signes d'augmentation"

La cocaïne, le plus souvent en provenance d'Amérique latine, est aujourd'hui la drogue stimulante illicite la plus fréquemment consommée en Europe (5,1% des Européens adultes en ont déjà pris au cours de leur vie).

L’usage de la cocaïne varie fortement d’un pays à l’autre, avec les taux les plus forts enregistrés au Royaume-Uni et en Espagne (plus de 9% des adultes en ont consommé au cours de leur vie ; contre moins de 1% des Roumains, Bulgares, Lituaniens ou encore Slovaques).

L'OEDT relève que si la consommation reste globalement stable, des "signes d'augmentation" sont présents dans quelques pays de l'UE (dont une tendance à la hausse en France, observée lors de la dernière enquête de 2014). Le nombre de patients qui entament un traitement pour la première fois augmente quant à lui quasiment partout (+20% dans l'UE entre 2014 et 2016).  

Avec 30 tonnes environ de cocaïne saisie (soit 43% du total des saisies estimées dans l’Union en 2016), la Belgique a supplanté l’Espagne (15,6 tonnes) en tant que pays déclarant le plus de saisies annuelles de cocaïne.

Ecstasy et amphétamines

Les amphétamines et l’ecstasy sont les stimulants de synthèse les plus fréquemment consommés et concurrencent, dans une certaine mesure, la cocaïne.

En 2018, on estime qu’environ 3,6% des Européens (de 15 à 64 ans) ont pris des amphétamines au cours de leur vie (plus de 9% des Britanniques et 7% des Danois). 1 % des jeunes (de 15 à 34 ans) en a consommé au cours des 12 derniers mois (3,6 % des jeunes Néerlandais).

Quant à l'ecstasy (MDMA), 4,1% des Européens y ont déjà goûté ; et 1,8% des 15-34 ans en ont pris au cours de l'année écoulée. "Après une période de faible disponibilité liée à une pénurie des précurseurs chimiques nécessaires à la fabrication de la MDMA, le marché de cette drogue a connu un renouveau ces dernières années", remarque l'OEDT.

Héroïne et nouvelles drogues

Alors que les opioïdes sont impliqués dans la plupart des cas de surdose, l'OEDT estime à 1,3 millions le nombre d'"usagers problématiques d’opiacés" en Europe.

L'héroïne arrive le plus souvent d'Afghanistan, d'Iran ou du Pakistan, mais "les données mondiales suggèrent que la production d'héroïne est en augmentation (notamment en Asie), note l'Observatoire. "La façon dont cela influe sur l’Europe mérite d’être examinée", même si son usage global reste stable à l'heure actuelle.

L'OEDT continue par ailleurs à se préoccuper du "défi en constante évolution" que représente l'apparition des nouvelles drogues, notamment des opiacés dérivés du fentanyl.

En 2016, 66 nouvelles substances psychoactives ont été repérées via le système d’alerte rapide de l’UE. "Bien que le nombre de nouvelles substances soit en diminution par rapport au pic atteint en 2015, la liste des substances faisant leur apparition sur le marché des drogues continue de s’allonger, sachant qu’environ une nouvelle substance psychoactive est signalée chaque semaine en Europe", indique le rapport 2018 de l'OEDT.