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La Commission Barroso II approuvée par le Parlement

Actualité 09.02.2010

Aujourd'hui, lors de la session plénière du Parlement européen à Strasbourg, la nouvelle Commission "Barroso II" a reçu l'investiture officielle des eurodéputés. Après six mois de procédure, le collège a été approuvé par 488 votes pour, 137 votes contre et 72 abstentions. L'occasion pour Touteleurope.fr de revenir sur les moments forts de cette nomination.

 

José manuel Barroso pour un second mandat

 

Après quelques incertitudes, le président de la Commission européenne a été désigné pour un second mandat en juin 2009 par le Conseil européen. Pourtant, cette reconduction à la tête de l'exécutif européen n'a pas été une évidence.

 

En effet, une partie du Parlement européen avait cherché à élever un front anti-Barroso en contestant son bilan mais aussi ses positions jugées trop libérales. Une tentative ratée contre l'unique candidat à sa propre succession.

 

Fort d'un soutien unanime au sein des Chefs d'Etats et de gouvernement du Conseil, et du groupe PPE, majoritaire au Parlement après les élections des 4 et 7 juin 2009, l'ancien premier ministre portugais a été confirmé. Son audition, en terrain "ami"(José Manuel Barroso a été président du Parti populaire européen de1999 à 2002), a aboutit le 16 septembre à sa réélection par 382 voix contre 219 (à noter que 117 députés présents avaient choisis de s'abstenir).

 

Premier à enchainer deux mandats consécutifs depuis Jacques Delors (1985-1995), il prend la tête de la 13éme Commission depuis 1957 et la première sous les règles du traité de Lisbonne.

 

L'adoption du Traité de Lisbonne et l'audition des commissaires

 

Entré en vigueur le 1er décembre 2009, le Traité de Lisbonne modifie et adapte les règles de fonctionnement d'une Union à 27 Etats membres. De nouvelles règles s'appliquent désormais à l'Union et deux nouveaux postes ont été créés.

 

Si le poste de président du Conseil européen attribué à Herman Von Rumpuy ne concerne pas directement le collège des commissaires, celui de Haut représentant de l'Union pour la politique extérieure et de défense représente la grande innovation pour de la Commission.

 

La création de ce nouveau poste propulsera Lady Asthon sur la devant de la scène internationale et l'exposera au regard exigeant du Parlement. Commissaire britannique au commerce depuis juin 2009 en remplacement de Peter Mandelson, son audition informelle du 2 décembre n'aura pas convaincu les eurodéputés.

 

Jugée approximative, les députés ont dénoncé une prestation décevante. Une session de rattrapage lui a permis de concourir, avec ses collègues, pour l'investiture en février.

 

Concernant les commissaires, peu de changements sont apportés aux règles de désignation. Du 11 au 18 janvier 2010, les probables commissaires sont passés sur le grill des commissions spécialisées lors des auditions parlementaires.

 

Entre surprise et satisfaction, l'exercice est périlleux. Certains ont même été sévèrement jugés, à l'image de Romania Jeleva, ex-commissaire bulgare désignée à la coopération internationale, aide humanitaire et réponse à la crise.

 

La démission du commissaire bulgare désigné

 

Avant l'approbation, le collège devait être auditionné par le Parlement. Ainsi, Connie Hedegaard, Michel Barnier ou Joaquin Almunia ont assuré leur place et sont apparus comme de futurs "poids lourds" de la prochaine Commission. D'autres ont fait figure de révélation.

 

Le roumain Dacian Ciolos, la chypriote Androula Vassiliou ou encore Máire Geoghegan Quinn, irlandaise, ont réussi à convaincre par leur connaissance des dossiers et leur maitrise de l'exercice.

 

Pourtant, les auditions n'ont pas été un long fleuve tranquille. Les parlementaires avaient choisis le rapport de force plutôt que le consensus. Décidé à jouer un véritable rôle de contre pouvoir, les députés attaquaient plus ou moins violemment certains candidats.

 

Passé communiste pour Stefan Fule le tchèque et Laszlo Andor le hongrois ou lien présumé avec la mafia pour Romania Jeleva, la vie de chaque candidat a été décortiquée jusqu'à l'extrême.

 

La candidate bulgare ne finira tout de même pas cette course devant la porter au sein de l'exécutif européen. Romania Jeleva a en effet démissionné le 19 janvier. Sa déclaration d'intérêts aura été la cause de sa perte.  Cependant, la chute de la vice présidente du PPE apparaît plutôt comme un trophée des batailles politiques au sein du Parlement qu'à une remise en cause de ses compétences.

 

 

L'annonce de ce retrait pousse alors Kristalina Georgieva, vice présidente de la Banque mondiale, dans les rangs de l'équipe de M.Barroso. Son passé ayant déjà été examiné à plusieurs reprises par la Banque mondiale, il y avait peu de chance  que de ‘vieux dossiers’ viennent perturber son audition.

 

Passage au grill réussi au point d'apparaitre comme l'une des figures de la Commission Barroso II, le marathon avait des allures de promenade. Maniant à la fois le verbe et la connaissance des dossiers, elle était l'ultime candidate à être auditionnée.

 

L'approbation du Parlement

 

Pressentie pour entrer en fonction le 10 février, la Commission a été élue par le Parlement aujourd'hui. Réunis en session plénière à Strasbourg du 8 au 11, le Parlement européen a approuvé l'ensemble des commissaires désignés.

 

Un épilogue serein faisant suite à plus de six mois d'intenses négociations, entre les Etats membres d'abord, au Parlement ensuite. L'occasion d'aborder le caractère démocratique de cette nomination.

 

Le Parlement a fait preuve d'une véritable volonté d'agir et d'exister dans la procédure. Représentants des citoyens, l'exercice de son pouvoir a permis que la voix des peuples soit portée au sein de processus décisionnel de l'Union. A cet égard, le traité de Lisbonne confirme et renforce l'importance de ce rôle.

 

La Commission européenne sera dès la semaine prochaine à pied d'œuvre pour reprendre les dossiers en cours, à commencer par le thon rouge, Haïti ou encore la sortie coordonnée de crise. De nombreux dossiers que les nouveaux commissaires aborderont pleinement dès l'approbation acquise.

 

En savoir plus:

 

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