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L'Europe demande à l'Egypte de respecter le droit à manifester pacifiquement

Actualité 28.01.2011

Effet de contagion ou simple hasard, quelques jours après que les Tunisiens ont mis à mal le régime en place dans leur pays, c'est au tour des Egyptiens de descendre dans la rue pour réclamer la chute de leur président, Hosni Moubarak. Des manifestations qui ne vont pas sans heurts et qui auraient déjà fait plusieurs dizaine de victimes, du fait de la répression policière. L'Europe, qui avait tardé à réagir face aux événements tunisiens, a cette fois-ci, par la voix de sa chef de la diplomatie mais également de ses chancelleries nationales, fait part de son inquiétude dès les premiers jours. 

L'Union européenne réagit au troisième jour des manifestations

Elle avait réagi tardivement aux événements tunisiens, mais dès hier, au troisième jour des manifestations en Egypte, qui n'ont pas faibli aujourd'hui et dont la répression policière continue de faire des victimes, Catherine Ahston a lancé un message au gouvernement de Moubarak.

Dans un communiqué officiel, la haute représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères a en effet déploré "les décès dont il est fait état à la suite des manifestations qui se déroulent en Égypte" et s'est inquiétée "du recours à la violence".

La chef de la diplomatie européenne a également souhaité rappeler que "la liberté d'expression et la liberté de réunion pacifique sont des droits fondamentaux dont jouit tout être humain".

Elle a ainsi demandé officiellement, au nom de l'Union européenne, "aux autorités égyptiennes de respecter et protéger pleinement le droit de leurs citoyens à manifester pacifiquement pour exprimer leurs aspirations politiques".

En effet, vendredi 28 janvier, on déplorerait déjà huit morts dans le cadre des manifestations. De même, les autorités égyptiennes ont demandé la coupure de l'ensemble du réseau Internet dans le pays, empêchant ainsi l'ensemble du peuple de communiquer avec le monde extérieur.

De même, le président du Parlement européen Jerzy Buzek a souhaité que les autorités égyptiennes entendent "les aspirations légitimes" de leurs citoyens et répondent à leurs revendications, après les rassemblements hostiles au régime.
Il souhaite que le gouvernement égyptien prenne en compte "les aspirations légitimes" de la population "au niveau social et politique, pour la liberté, plus de pluralisme et la démocratie".

Les Etats membres expriment également leurs inquiétudes

Au sein de l'Union européenne, de nombreux Etats membres ont également exprimé leur vive inquiétude quant à la gestion de ce mouvement contre le régime en place en Egypte.

Le ministère français des Affaires étrangères a appelé jeudi 27 janvier les autorités égyptiennes à respecter la liberté d’expression et s’est dit attentif "au sort des centaines de personnes arrêtées ". Le gouvernement allemand qui se dit "très inquiet" de la situation, a appelé "toutes les parties à la retenue" et à renoncer à la violence, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Guido Westerwelle mercredi 26 janvier à Berlin.

"La situation en Egypte ne doit pas s'envenimer davantage et c'est pourquoi la retenue et le renoncement à la violence sont le mot d'ordre du moment", a-t-il estimé le ministre lors d'un point presse. 

Hors d'Europe, c'est l'ensemble de la communauté internationale qui s'émeut aujourd'hui de la dégradation de la situation en Egypte. Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a ainsi appelé ce matin les dirigeants égyptiens à éviter de nouvelles violences face aux manifestants. "Je demande aux autorités de voir dans la situation une occasion de répondre aux inquiétudes légitimes de la population", a-t-il déclaré.

 

 

Sources

Déclaration de Catherine Ashton, Haute Représentante de l'UE, concernant les événements en Égypte [pdf] - Conseil de l'Union européenne

Buzek on the demonstrations in Egypt - Parlement européen