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Immigration : une unité de façade

Actualité 12.04.2011

La récente querelle entre la France et l'Italie au sujet des migrants arrivés nombreux sur l'île de Lampedusa remet la question de la gestion des flux migratoires sur le devant de la scène européenne. C'est l'une des thématiques que les ministres de l'Intérieur des Vingt-Sept réunis en Conseil à Luxembourg ont abordé ce lundi.

Cette discussion s'inscrit dans le contexte actuel de soulèvements dans plusieurs pays méridionaux, qui ont provoqué l'exil de dizaines de milliers de personnes, dont une partie vers l'Union européenne. Si les pays frontaliers de la Méditerranée, à commencer par l'Italie, se retrouvent en première ligne, c'est l'Europe entière qui doit travailler à une stratégie commune. Dans ses conclusions, le Conseil réaffirme ainsi la nécessité d'une "solidarité authentique et concrète envers les Etats membres les plus directement concernés", notamment en "aidant les autorités locales à gérer les répercussions immédiates des flux migratoires sur l'économie et les infrastructures locales".

Le Conseil de l'Union européenne réunit les ministres compétents par domaines d'activité. En savoir plus


La gestion des flux doit également se faire en concertation avec les pays de la rive Sud "suffisamment avancés dans leur processus de réforme", souligne le Conseil. Une coopération qui a pour but d'anticiper les migrations irrégulières, une meilleure gestion des frontières, ainsi que la réadmission des personnes en situation irrégulière.

Le sort des personnes contraintes à rester sur place est également une des préoccupations des ministres qui insistent sur l'importance d'une protection internationale des réfugiés, et le développement de solutions à long terme.

Des conclusions adoptées qui peinent à cacher le malaise des européens sur la question de l'immigration, illustrée par la réaction du ministre italien Roberto Maroni qui "[se] demande, au vu de cette situation, si cela fait sens de rester au sein de l'Union européenne". Après l'annonce par l'Italie de délivrer des visas Schengen aux migrants présents sur son territoire, les réactions hostiles s'étaient multipliées chez ses voisins, et notamment en France par la voix du ministre de l'Intérieur Claude Guéant.

Il confirmait ce lundi son intention de multiplier les contrôles à la frontière italienne. Une position partagée par Geerd Leers, le ministre néerlandais de l'Immigration qui s'est dit "très déçu par la décision surprise de l'Italie de répercuter ses problèmes sur les autres sans préavis". L'octroi de visas temporaires de six mois permet à l'Italie de se décharger d'une partie de la prise en charge des immigrés qui pourront désormais, en théorie, circuler librement dans l'espace Schengen.

Réflexes nationalistes qui ne facilitent pas la tâche de la commissaire européenne aux Affaires intérieures, Cecilia Malmström, qui souhaite au contraire que les Vingt-Sept améliorent leurs capacités d'accueil.

 

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