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Commission Juncker : Dernière ligne droite pour les candidats

Actualité 26.09.2014

Il n'y aura pas de rattrapage. La série d'examens tant redoutée par les commissaires-candidats se déroulera du 29 septembre au 7 octobre et sera déterminante pour l'avenir de la nouvelle équipe présentée début septembre par Jean-Claude Juncker. Pendant 10 jours, les 27 commissaires européens représentant chaque Etat membre répondront aux 45 questions des députés européens membres des commissions parlementaires compétentes. Si pour certains il s'agit davantage d'une formalité, pour d'autres cet examen de passage est loin d'être acquis. Dans le passé, l'Italien Rocco Buttiglione ou encore la Bulgare Rumiana Jeleva avaient échoué.

Auditions des commissaires

Un grand oral de trois heures

Le calendrier des auditions est maintenant connu. Depuis plusieurs jours, chaque candidat peut donc préparer ce grand oral qui se déroulera devant les commissions parlementaires compétentes pour leur portefeuille proposé.

Ces auditions, qui seront diffusées sur Internet, sont prévues du 29 septembre au 7 octobre. Celle du Français Pierre Moscovici aura lieu le 2 octobre à 9h. Pendant trois heures, chaque candidat devra répondre aux 45 questions posées par les députés européens. L'exercice est millimétré. Les députés européens auront une minute pour poser leur question, les candidats-commissaires trois minutes pour y répondre. Les candidats peuvent faire une déclaration orale d'introduction qui ne dépasse pas quinze minutes. Dans la mesure du possible, les questions sont regroupées par thème. L'essentiel du temps de parole est réparti entre les groupes politiques. Avant la fin de l'audition, le candidat se voit offrir la possibilité de faire une brève déclaration finale. Pour l'ancien commissaire européen Michel Barnier, ce fût "le pire moment de sa vie politique", dixit le député européen Alain Lamassoure.

L'audition du premier vice-président désigné, Frans Timmermans, sera structurée différemment. Il sera entendu par une Conférence des présidents ouverte à tous les membres en ce qui concerne ses responsabilités horizontales.

Ces auditions permettent aux députés européens de mieux connaître la personnalité des commissaires désignés et d'avoir un échange de vues approfondi sur les priorités des différents candidats dans leurs futurs domaines de compétence. Si la nouvelle composition de la Commission européenne est approuvée par le Parlement européen au mois d'octobre, elle entrera en fonction le 1er novembre 2014 pour une période de cinq ans.

Calendrier

Du 29 septembre au 7 octobre : auditions des commissaires-candidats
22 octobre : Vote du Parlement européen réuni en session plénière
1er novembre : la Commission européenne 2014-2019 débute son mandat et prend ses fonctions.

Après chaque audition, la commission parlementaire se réunira à huis clos pour rédiger son évaluation de l'expertise et des performances du candidat. Cette évaluation sera ensuite envoyée à la Conférence des présidents. "Si le commissaire est convaincant, il sera validé", résume Sylvie Goulard, députée européenne ADLE et membre de la Commission des Affaires économiques du Parlement européen.

Lors des précédentes auditions, ces oraux ont entraîné dans certains cas le retrait de candidats ou un changement de portefeuille.

A partir de lundi, vous pourrez suivre en direct les auditions des commissaires sur Toute l'Europe.

Le vote final du Parlement européen

Après ces auditions, le Parlement se prononcera sur la nouvelle Commission lors de la prochaine session plénière. Mercredi 22 octobre, Jean-Claude Juncker s'adressera à l'hémicycle. De 9h à 12h, il présentera le collège des commissaires européens et le programme de travail des cinq années à venir. De 12h à 13h, après un tour des groupes politiques, les commissaires-désignés seront soumis à un vote d'approbation du Parlement. Il s'agit d'un vote par appel nominal, à la majorité des voix exprimées. S'ils obtiennent ce vote d'approbation, ils seront désignés par le Conseil, statuant à la majorité qualifiée.

Les candidats dans la ligne de mire du Parlement européen

Depuis la présentation de son équipe le 10 septembre dernier, les critiques fusent aux quatre coins de l'UE. L'Espagnol Miguel Arias Cañete, en charge du Climat et de l'Energie, est critiqué pour ses liens avec l'industrie pétrolière. Pour Europe Ecologie Les Verts, l'ancien ministre espagnol de l'Agriculture cumule  les défauts : "lié personnellement à des compagnies pétrolières, provenant d’un gouvernement en guerre avec les énergies renouvelables, ayant émis des propos carrément sexistes qui viennent tristement souligner le caractère non-paritaire de cette nouvelle Commission". L'eurodéputé EELV Yannick Jadot est catégorique, "le choix de monsieur Cañete au portefeuille climat énergie est choquant".

Le candidat hongrois Tibor Navracsics, proche du Premier ministre Viktor Orban, devra également faire preuve d'un discours particulièrement convaincant. Quant au Britannique Jonathan Hill, les députés européens devraient l'interroger sur l'Union bancaire. En effet, le mécanisme de sauvetage du secteur bancaire, ne concerne que les pays de la zone euro.