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Dernière mise à jour : 22.08.2017

Turquie

Turquie

drapeau Turquie
  • Capitale : Ankara
  • Superficie : 780 576 km² - (Ministère des Affaires étrangères)
  • Population : 78,81 millions (Eurostat - 2017)
  • Date d'adhésion : Non membre de l'UE
Monnaie : Livre turque Espace Schengen : non membre
Système politique : République parlementaire Chef d'Etat : Recep Tayyip Erdoğan Chef du Gouvernement : Ahmet Davutoğlu Prochaines élections : Législatives + présidentielle : 2019
Hymne national : Istiklâl Marsi (Marche de l'Indépendance)
Fête nationale : 29 octobre - proclamation de la République de Turquie Langue officielle : Turc Indicatif téléphonique : 90
Villes principales : Istanbul, Ankara, izmie, Bursa, Adana Découpage administratif : 7 régions divisées en 81 provinces
PIB : 772,6 milliards d'euros (Eurostat - 2015) Taux de croissance : 6,1 % (Eurostat - 2015) Taux de chômage : 11,5% (Eurostat - 2017) Dette publique : 29,1% (Banque Mondiale - 2015) Déficit public : -1,3% (OCDE - 2015) Inflation : 7,78% (Banque Mondiale - 2016)
Indice de développement humain : 0,767 (ONU - 2015) Émissions de gaz à effet de serre : 4 tonnes/hab. (OCDE - 2014)

Politique

La Turquie est une République parlementaire.

Le chef de l’Etat est depuis août 2014 Recep Tayyip Erdoğan, auparavant Premier ministre depuis 2003.

Ahmet Davutoğlu (Parti de la Justice et du développement - AKP) a été Premier ministre de 2014 à 2016. Bien qu'initialement en faveur de l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, ce dernier a plaidé depuis 2009 en faveur des relations diplomatiques avec le monde arabe et l'Iran.

L'AKP, parti du Président et du Premier ministre, a alors remporté les élections législatives anticipées du 1er novembre 2015 avec 49,3% des voix, récupérant ainsi la majorité absolue au Parlement. Il peut ainsi constituer un gouvernement sans coalition, ce que les précédentes élections de juin 2015, où l'AKP avait obtenu 40,66% des voix, ne lui permettait pas.

Cependant l'AKP ne peut mener son projet de réforme constitutionnelle sans un apport de voix d'autres partis. Or ces derniers restent très divisés sur ce projet, qui vise notamment à renforcer la présidentialisation du régime. L'AKP avait ainsi perdu sa majorité absolue au Parlement lorsque le renforcement du pouvoir présidentiel était le point central de la campagne électorale.

Le 5 mai 2016, Ahmet Davutoglu a annoncé qu’il ne se représenterait pas à la  tête de l’AKP et qu’il quitterait donc son poste de Premier ministre. Cette décision fait suite à de nombreux désaccords qu’il entretenait avec le Président Erdogan : la reprise des négociations avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, branche armée du mouvement pro-kurde), le placement en détention provisoire de journalistes en procès et sur l’accord avec l’UE sur les exemptions de visas pour les Turcs. 

C’est Binali Yıldırım, compagnon de route d’Erdogan depuis 1994, qui prend sa succession après avoir été élu à la tête de l’AKP.

Le gouvernement turc a dû faire face à une contestation citoyenne de grande ampleur en juin 2013, ayant pour déclencheur la transformation du parc Gezi d'Istanbul en vaste complexe commercial. Plus largement, les manifestants souhaitaient réaffirmer les libertés individuelles face aux velléités d'autoritarisme étatique et de renforcement des valeurs religieuses.

Depuis l'été 2015 le conflit kurde en Turquie a repris, suite à l'attentat terroriste de Suruç près de la frontière syrienne. La population kurde a alors accusé le gouvernement turc de complicité avec l'Etat islamique. Le PKK a mené plusieurs actions de guérilla. De son côté, le gouvernement turc a ordonné différentes opérations aériennes et au sol.

L’Etat turc est victime d’un coup d’Etat par l’armée en juillet 2016. Le régime s’est alors durci en réaction à ces attaques et a procédé à des dizaines de milliers d’arrestations de journalistes, de chefs d’entreprise et d’enseignants. 12 députés du parti kurde HDP ont été arrêtés sous couvert de lutte contre le terrorisme. Fin septembre 2016, 31 000 personnes étaient encore détenues, 129 000 fonctionnaires restaient suspendus ou licenciés et 4 000 institutions et entreprises privées avaient été fermées. 10 000 autres fonctionnaires ont été licenciés par décret sous l'état d'urgence fin octobre et de nouveaux médias ont été supprimés ainsi que des journalistes arrêtés. En décembre 2016, d'après l'ONG Reporters sans frontière, plus de 100 journalistes et collaborateurs de médias étaient emprisonnés.

Le président, Recep Tayyip Erdoğan, a lancé un référendum le 16 avril 2017 sur le changement de constitution qui transférait l’essentiel des pouvoirs exécutifs du Premier ministre au Président. Le « oui » a remporté une courte victoire lui permettant ainsi de briguer des mandats présidentiels jusqu’en 2029 et d’obtenir la mainmise sur les pouvoirs législatif et judiciaire.

Le 5 juillet dernier, une dizaine de défenseurs des droits humains ont été arrêtés notamment la directrice pour la Turquie d’Amnesty International, Idil Eser.

Le pays et l'UE

Les relations entre l'UE et la Turquie ont débuté en septembre 1963, lorsque la Communauté économique européenne (CEE) signe avec le pays un accord d’association, dit "accord d’Ankara". Celui-ci prévoit le renforcement des relations économiques et commerciales, afin d’instaurer une union douanière. Cette dernière entre en vigueur le 1er janvier 1996.

La Turquie présente officiellement sa candidature à l’adhésion à la CEE le 14 avril 1987. Il faudra attendre le Conseil européen d’Helsinki du 10 décembre 1999 pour que la Turquie soit reconnue comme pays candidat à l’adhésion de l’UE.

Le Conseil européen de Bruxelles du 16 décembre 2004 décide de l'ouverture des négociations en 2005. Les négociations avec la Turquie débutent ainsi le 3 octobre 2005. Il est toutefois précisé que "ces négociations sont un processus ouvert dont l’issue ne peut être garantie à l’avance" et "qu’elles dépendent de la capacité d’assimilation de l’Union, ainsi que de la capacité de la Turquie à assumer ses obligations."

Aujourd'hui, sur un total de 35 chapitres de négociations avec la Turquie, 18 ont été ouverts dont deux en 2016 (l'un concerne les affaires économiques et monétaires et l'autre les dispositions financières et budgétaires). Seul le chapitre concernant la science et la recherche a été clôturé.

La Commission européenne et la Turquie avaient adopté un "agenda positif" en mai 2012, avant les événements de la place Taksim. Celui-ci prévoyait notamment une concertation accrue sur les grands sujets de politique étrangère, une meilleure coopération dans le domaine de l’énergie, ainsi que des discussions directes entre la Commission et Ankara pour permettre un alignement progressif des normes turques sur les normes européennes.

Mais depuis l'été 2016, et les graves répressions qui ont suivi le coup d'état manqué en Turquie, les négociations ne progressent plus, même si elles ne sont pas officiellement gelées. Le président de la Commission européenne Jean Claude Juncker a même estimé en novembre 2016 que "tout ce que font les autorités turques aujourd’hui me fait croire que finalement la Turquie ne veut pas" respecter les conditions requises à la poursuite des négociations. Le 25 mars 2017, le président turc a mis un nouveau coup de frein à la poursuite des discussions, en déclarant vouloir organiser un référendum sur la poursuite des négociations d'adhésion à l'Union européenne.

La crise migratoire a fait apparaître une nouvelle dimension à la relation UE-Turquie. La situation inédite en mer Méditerranée a poussé les Etats membres de l'UE, et en premier lieu l'Allemagne, à passer un accord controversé avec Ankara au début de l'année 2016. Selon ses termes, les Turcs acceptent d'accueillir les migrants arrivés illégalement en Grèce et de les rapatrier vers des pays d'accueil de l'UE. Dans le même temps, un nouveau chapitre de négociations sur les questions budgétaires a été ouvert, et le processus de libéralisation des visas européens pour les Turcs a été engagé. Mais il semble compromis compte tenu de la situation politique actuelle en Turquie.

Lire aussi : Adhésion de la Turquie à l'Union européenne : où en est-on ?

Géographie

La Turquie a une superficie de 780.576 km², dont 97 % situés en Asie Mineure et 3 % en Europe (une partie de la Thrace), reliés par les détroits des Dardanelles et du Bosphore.

Ses frontières terrestres sont, à l’ouest avec la Grèce et la Bulgarie, au nord-est avec la Géorgie, à l’est avec l’Arménie et l’Iran, au sud, avec l’Irak et la Syrie. Elle est baignée au nord par la mer Noire, à l’ouest par la mer Egée et la mer de Marmara, au sud par la Méditerranée. Elle compte au total près de 8000 km de côtes.

Occupé en presque totalité par le plateau anatolien (1.500 km d’Est en Ouest), près de 80 % du territoire se trouve à une altitude supérieure à 500 mètres. Le plateau central est enserré par des chaînes montagneuses s’élevant à plus de 3.000 mètres : la chaîne Pontique au nord-est, le Taurus au sud et l’Anatolie orientale où les sommets dépassent 4000 m (Mont Ararat : 5.165 m).

Parmi la dizaine de lacs situés dans le pays, les plus importants sont le Van (1.713 km²) et le Tuz Gölu (1.600 km²). Les principaux fleuves sont : Kizilirmak (long de 1.355 km), Sakarya (824 km), Seyhan (560 km). Le Tigre et l’Euphrate prennent leur source dans l’Est de la Turquie.

La végétation est de type méditerranéen sur les côtes, forêts dans les montagnes, steppe sur la majeure partie du plateau anatolien qui est largement cultivé.


Economie

<p>Dans les années 80, la Turquie a axé son développement sur la production et l'exportation de produits industriels, notamment du textile (20% des exportations en 2005), des véhicules automobiles (9% des exportations en 2015) et des services alors que 46% de ses exportations concernant le secteur de l'agroalimentaire en 1975. Le secteur manufacturier est le plus ouvert au commerce extérieur. Les exportations de services représentent néanmoins la plus grande part des exportations.</p>
<p>L'UE est le principal partenaire commercial de la Turquie puisqu'elle représente 58% de ses exportations, 57% de ses importations en 2015 et les trois quarts des investissements directs à l'étranger, même si la part des importations en provenance d'Asie est de plus en plus importante (+7 points depuis 2005) ainsi que celle des exportations vers l'Afrique (+10 points depuis 2005). </p>
<p>La Turquie a connu une forte période de croissance durant les années 2000, qui s'est essoufflée sous l’effet de la crise financière et d’un environnement externe déprimé. De 2010 à 2011, le rebond a été vigoureux (+9,2 % et +8,8 % de croissance). Cependant les vulnérabilités se sont en parallèle accentuées. Depuis, la croissance du PIB a ralenti mais conserve un certain dynamisme au vu des récentes tensions politiques internes, puisqu'elle était de 4% en 2015 avant de diminuer à 3% en 2016, tout en restant inférieur à son potentiel et en étant très volatile.</p>
<p>Malgré des interventions de la Banque centrale, la livre turque a perdu 45% de sa valeur face au dollar et à l'euro depuis 2012, avec une accélération durant la tentative de putsch à l'été 2016. Cela a néanmoins permis d'importants gains de compétitivité et a profité aux exportations qui s'accroissent depuis : la part des exportations turques dans le commerce mondial est passée de 0,80% à 0,93% entre 2011 et 2015. En revanche, les entreprises turques se sont largement endettées en dollars, ce qui rend l'économie très vulnérables aux variations de change.&nbsp; </p>
<p>Le gouvernement a donc récemment mis en place une politique de relance de 250 millions de livres turques (68 millions d'euros) à destination des PME, qui représentent par ailleurs 59% du PIB et 76% des emplois. La croissance est ainsi fortement dépendante de cette politique de relance ainsi que de la consommation des ménages dont le pouvoir d'achat diminue. Cette réduction s'explique notamment par la dépréciation de la livre et une augmentation du chômage qui a de nouveau atteint en 2016 son niveau de 2010 : 10,7%. </p>
<p>La croissance économique a permis l'augmentation du PIB par habitant, qui atteint 65% de la moyenne européenne en 2016, l'écart se réduisant depuis plusieurs années. Son indicateur de développement humain est passé de 0,70 en 2011 à 0,76 en 2014. En revanche, les inégalités sont relativement importantes et croissantes puisque l'indice de Gini est passé de 38,8 en 2010 à 40,2 en 2013. 20% des Turcs les plus riches se sont partagés près de 50% du revenu disponible après impôt. La Turquie est classée 75<sup>ème</sup> en termes d'indice de perception de la corruption calculé par Transparency International.&nbsp; </p>

Histoire

324-326 : après la fondation de Constantinople sur l’ancienne cité de Byzance et la séparation des empires romains d’Orient et d’Occident, en 395, le territoire de la Turquie actuelle constitue le cœur de l’Empire d’Orient puis de l’Empire byzantin, sous le règne des basileus.

1299 : fondation de l’Empire ottoman.

1453 : le sultan Mehmet II s’empare de Constantinople, rebaptisée Istanbul. Au cours du XVIe siècle, l’Empire ottoman domine le monde musulman. Au sommet de sa puissance, sous le règne de Soliman le Magnifique, l’Empire recouvre une partie de l’Europe orientale.

1535 : signature d’un traité des capitulations entre l’Empire ottoman et le Royaume de France, qui servira de modèle aux traités signés ensuite avec les autres grandes puissances européennes.

1683 : l’échec du siège de Vienne marque le début du reflux ottoman, qui perd au cours du XVIIIe siècle un certain nombre de possessions balkaniques.

1839 : le sultan Abdülmecid lance l’ère de réformes, le "Tanzimat" : le vaste Empire entreprend de se moderniser sur le modèle européen. Au cours du XIXe siècle, "l’homme malade de l’Europe" perd peu à peu ses possessions européennes.

10 août 1920 : le Traité de Sèvres prévoit le démembrement de l’Empire ottoman, qui combattit aux côtés des empires centraux et se rangea parmi les vaincus de la guerre.

29 octobre 1923 : la République de Turquie voit le jour à la suite de la guerre d’indépendance. Mustafa Kemal, dit Atatürk (le Père des Turcs), en prend la tête. Il est proche des réformistes Jeunes-Turcs et impose des réformes radicales telles que l’adoption du principe de laïcité, l’abandon de l’écriture arabe au profit de l’alphabet latin et le droit de vote des femmes (en 1934).

10 novembre 1938 : mort de Mustafa Kemal Atatürk. Ismet Inonu lui succède à la tête de l’Etat.

18 février 1952 : restée neutre durant la Seconde Guerre mondiale, la Turquie se rapproche du bloc occidental en adhérant à l’OTAN.

27 mai 1960 : coup d’Etat militaire en Turquie.

1961 : adoption par référendum d’une nouvelle Constitution.

1974 : crise chypriote. Suite au coup d’Etat des colonels grecs à Chypre, l’armée turque intervient dans la partie Nord de l’île.

12 septembre 1980 : coup d’Etat militaire. Dans les années qui suivent, l’armée s’attache à réorganiser le système politique et contenir l’essor du mouvement islamiste. Il faut attendre 1983 pour qu’un gouvernement civil soit formé.

Février 2001 : crise économique et financière en Turquie.

3 novembre 2002 : victoire du Parti AKP aux élections législatives. Ce parti est depuis au pouvoir.

Juin 2013 : grand mouvement de contestation citoyen suite à la décision du gouvernement de transformer le parc Gezi d'Istanbul en complexe commercial. Comptant plusieurs centaines de milliers de personnes, les manifestations marquaient notamment un rejet de l'autoritarisme étatique.

10 août 2014 : Recep Tayyip Erdoğan est élu douzième président de la République, pour la première fois au suffrage universel.

7 juin 2015 : Lors des élections législatives, l'AKP perd la majorité absolue. Un gouvernement de coalition n'ayant pas été formé, Ahmet Davutoğlu est maintenu comme Premier ministre d'un gouvernement de transition. Des élections anticipées sont convoquées.

10 octobre 2015 : La Turquie connait son attentat le plus meurtrier : 102 personnes sont décédées à Ankara lors d'une manifestation pour la paix menée par les forces politiques de gauche. Les deux bombes humaines sont affiliées à l'Etat islamique.

1er novembre 2015 : Les élections législatives anticipées rendent la majorité absolue à l'AKP au Parlement, Ahmet Davutoğlu est reconduit au poste de Premier ministre.

Culture

La République de Turquie est le dernier des États-nations issus de la dislocation de l’Empire ottoman, et son principal héritier, au moins sur le plan culturel. Dans cet héritage figurent :
- une volonté ancienne de modernisation et d’ouverture à l’Europe et la fierté d’une histoire longtemps glorieuse et marquée par l’islam.
- une politique patrimoniale désormais soucieuse d’intégrer la totalité des civilisations anciennes de l’Anatolie, même quand elles sont revendiquées aussi par d’autres pays : la floraison actuelle des études byzantines en témoigne.

Le mécénat joue un rôle central dans la diffusion de la culture : nombreuses universités privées, souvent de haut niveau, teintées parfois de populisme, musées, éditions d’art.

La Turquie moderne fait preuve d’une sensibilité artistique ouverte : triomphe de l’exposition Picasso ou du cirque Zingaro, succès prévisible de l’exposition Rodin (qui montrera "Le Baiser").

La création artistique est dynamique, à Istanbul en particulier : cinéma (Nuri Bilge Ceylan à Cannes, Berlin…), théâtre (accueil de Peter Brook), musique classique, européenne et ottomane, et variétés (synthèse musicale réalisée par la chanteuse Sezen Aksu). Les autres principaux foyers de vie culturelle sont Ankara, Izmir, Antalya. Il existe une forte demande même dans des régions reculées (Erzurum). A Sivas ou Nevshehir sont projetés des films "européens" ("La Mer intérieure").

La Turquie est un pays de contrastes  : une partie du pays, notamment originaire du sud-est, vit selon un code d’honneur rigide que l’émigration vers les grandes villes ne fait pas disparaître immédiatement ; les campagnes pour la scolarisation des filles restent nécessaires.

Les penseurs français ont exercé une forte influence sur l’intelligentsia (Foucault, Deleuze, Baudrillard) : abondance des traductions, contemporaines ou classiques (les "Géorgiques" de Virgile) ; les traductions du français arrivent au deuxième rang, loin devant les autres.

La littérature turque reste peu connue en France, en dehors du poète Nazim Hikmet, de quelques romanciers comme Yachar Kemal et Orhan Pamuk ; encore doivent-ils une part de leur célébrité à des raisons politiques, au-delà de leur incontestable talent littéraire. La jeune génération des lettres turques (Asli Erdogan, Perihan Magden) commence toutefois à se frayer une voie grâce notamment à la collection des Lettres Turques créée par Actes Sud. Une émigration, en voie de résorption avec la libéralisation du pays, obtient plus facilement une audience (Nedim Gürsel).

"Traduire la Turquie" dans ses aspects multiples et contradictoires reste plus que jamais une nécessité.