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Programme d'Europe Ecologie-Les Verts : le fédéralisme durable

Actualité 22.05.2014

En ordre de bataille depuis la fin de l'année 2013, Europe Ecologie-Les Verts (EELV) affiche l'ambition d'une redite de 2009, même si la machine électorale semble grippée. Pourtant, le parti a joué la carte de la proximité lors de la campagne et a mis au cœur de son effort une Europe plus protectrice pour ses citoyens.

Ska Keller, candidate des Verts pour la présidence de la Commission européenne

Ennemi n°1 désigné : l'euroscepticisme

S'appuyant sur ses militants, Europe Ecologie-Les Verts a résolu l'épreuve de la constitution des listes assez tôt : ces derniers ont grandement participé à la constitution des listes au moyen d'un vote "préférentiel" au mois de novembre. Le lancement de la campagne d'EELV a été marqué par la retraite de la figure de proue historique du parti, Daniel Cohn-Bendit, qui avait notamment contribué au 16,28% des voix obtenues en 2009 par les écologistes en France. Il a toutefois apporté son soutien au parti au cours de quelques meetings de campagne.

« N’ayez pas peur ! Affrontez les bêtises des eurosceptiques ! On peut être critique de l’Europe, mais si vous doutez de sa nécessité, vous avez perdu » - Daniel Cohn-Bendit

Les écologistes ont fait le pari d'une campagne contre l'euroscepticisme en organisant un "Tour de France des écologistes pour l'Europe" réunissant des têtes de liste. Partis de Strasbourg le 17 avril, les candidats sont passés par toutes les circonscriptions, à travers 23 étapes en seulement 8 jours, la dernière ayant été Paris, le 25 avril. Cependant, les estimations des sondages sont peu satisfaisantes, au regard du volontarisme de la campagne : les intentions de vote plafonnent aux alentours de 9%.

Faire vivre l'Europe : tout un programme

Fédéralistes, les écologistes présentent un programme articulé autour de "dix ambitions et vingt propositions pour donner vie à l'Europe".

Bien évidemment, on retrouve au cœur de ces propositions les thématiques sociales et environnementales chères au parti, comme la création d'un salaire minimum européen, l'amplification de la Garantie jeunesse, la création d'un fonds européen d'indemnisation chômage, la lutte contre les OGM et les gaz de schiste ou encore le développement des énergies renouvelables. Ce sont d'ailleurs ces idées qui expliquent la position sans ambiguïté des écologistes sur le projet de traité transatlantique dont ils souhaitent l'abandon des négociations.

L'absence de débat démocratique ouvert et la primauté donnée aux intérêts des entreprises sur l'intérêt général des citoyens justifient, selon eux, la volonté d'un combat européen pour une autre mondialisation.

La priorité absolue, c’est la construction d’une démocratie citoyenne à l’échelle européenne - Ska Keller et José Bové

Plus récemment, le parti a mis l'accent sur la nécessité d'une lutte contre l'évasion fiscale en Europe en organisant un "Finance tour" pour dénoncer les abus de la finance. A cet égard, EELV souhaite que les produits de la taxe sur les transactions financières servent à financer le budget européen, et que l'Union bancaire, gage de protection des citoyens, soit achevée. Le parti rejoint également la lutte contre l'austérité qui est au cœur de la campagne socialiste et de la gauche radicale.

La neutralité du net et la protection des données personnelles est un autre thème occupant une place importante au sein du programme écologiste. A cet égard, les Verts militent la création d'une charte européenne des droits numériques.

Portrait de deux candidats : Clarisse Heusquin et Yannick Jadot

Actuellement fort de 16 eurodéputés français au sein des 58 membres du groupe Les Verts – Alliance libre européenne (ALE) au Parlement européen, EELV espère obtenir autant d'élus qu'en 2009. Mais les rêves de score à deux chiffres se heurtent à la réalité nationale, alors que le parti a refusé de participer au gouvernement Valls.

L'unité européenne et le profond ancrage démocratique des écologistes se sont illustrés lors de primaires qui ont été organisées à partir de novembre et qui ont permis de désigner les candidats à la présidence de la Commission européenne, Ska Keller et José Bové. Les Verts ont d’ailleurs été le seul groupe à avoir poussé le respect de la parité homme/femme au point de nommer un binôme pour les représenter dans la course à la présidence de la Commission. Depuis, José Bové s’est retiré au profit de sa jeune collègue allemande.



Clarisse Heusquin, jeune diplômée, est tête de liste EELV pour la région Centre-Massif Central

Clarisse Heusquin représente la nouvelle génération arrivée au sein du parti. Cadette des candidats EELV, elle mène la liste dans la circonscription du Massif central-Centre – réputée pour être une des plus ardues pour EELV – après avoir été élue par les militants.

Entrée en politique après des études de droit et de sciences politiques, son dynamisme est salué. Dans la campagne qu'elle mène, elle donne la priorité à l'Europe sociale et la transition énergétique en appelant de ses vœux un changement de valeurs sociétales.



Yannick Jadot, eurodéputé sortant, est tête de liste EELV dans le grand Ouest

Très impliqué notamment dans le dossier du projet de partenariat transatlantique (TTIP) – étant vice-président de la commission parlementaire du commerce international –, Yannick Jadot (tête de liste dans l'Ouest) a été élu en 2009 dans la même circonscription.

Sa liste avait alors recueilli 16,64% des voix, créant la surprise. A l’image de Clarisse Heusquin, il incarne la capacité du parti à faire émerger de jeunes figures aux profils divers. Anciennement en poste chez Greenpeace, il milite activement pour une politique industrielle européenne intégrée. Protégé de Daniel Cohn-Bendit, il milite pour la constitution des "Etats-Unis d'Europe" et contribue activement à la campagne en tant que porte-parole alors que les électeurs indécis sont encore nombreux.

Elections européennes 2014