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Suède : le Parlement renverse le gouvernement, une première dans l'histoire du royaume

Lundi 21 juin, le Parlement suédois a voté à une large majorité une motion de défiance entraînant la chute du gouvernement du social-démocrate Stefan Löfven. Cette décision historique a plongé le pays dans une crise politique inédite.

Le Premier ministre suédois Stefan Löfven doit annoncer avant le 29 juin s'il souhaite former un nouveau gouvernement
Le Premier ministre suédois Stefan Löfven doit annoncer avant le 29 juin s’il souhaite former un nouveau gouvernement - Crédits : Conseil européen

C’est un vote historique qui a eu lieu au Parlement suédois, lundi 21 juin”, annonce Anne-Françoise Hivert pour Le Monde. “Pour la première fois dans l’histoire du pays”, le gouvernement, jusqu’ici dirigé par le social-démocrate Stefan Löfven, a été renversé par un vote de défiance du Parlement, fait savoir la correspondante du quotidien à Malmö, dans le sud du pays. Une motion “proposée par les nationalistes des Démocrates de Suède et soutenue par deux partis d’opposition de centre droit”, précise la BBC. “Le vote a rassemblé une majorité absolue de 181 députés sur les 349 élus du Riksdag”, l’assemblée législative suédoise, ajoutent Les Echos.

Cet épisode plonge le royaume dans “une crise politique sans précédent”, mais “à laquelle tous les Suédois s’attendaient”, rapporte RFI. Au pouvoir depuis 2018, la coalition composée des sociaux-démocrates et des Verts était en effet instable puisqu’elle tenait seulement grâce à un accord passé avec trois autres forces politiques du Parlement. Et “les talents d’équilibriste du Premier ministre suédois, Stefan Löfven, ont trouvé leurs limites”, commentent Les Echos.

L’encadrement des loyers, une ligne rouge

Les Echos rappellent “l’origine de la querelle politique” qui a mené à la chute du gouvernement : “un projet préliminaire de libéralisation des loyers sur les logements neufs”. En Suède, ces derniers “sont strictement encadrés et déterminés dans le cadre de négociations collectives entre l’association Hyresgästföreningen, qui représente trois millions de locataires, et les propriétaires”, fait savoir Anne-Françoise Hivert. Le projet de réforme a été élaboré “afin de satisfaire une demande d’un des alliés [du Premier ministre], le Parti du centre” [Politico], pour qui ce système constitue un frein à la construction de nouveaux logements.

Mais “pour le Parti de gauche [qui apportait jusqu’ici un soutien tacite à la coalition gouvernementale], une ligne rouge a été franchie”, observe Jonas Hinnfors, professeur de sciences politiques à l’université de Göteborg [Le Monde]. Le Vänsterpartiet, de son nom en suédois, “avait déjà dû digérer la baisse de la fiscalité et la possibilité d’embaucher des migrants à des conditions moins favorables”, soulignent Les Echos. La cheffe de file du parti, Nooshi Dadgostar, avait adressé un ultimatum au gouvernement le 15 juin dernier.

N’ayant obtenu aucune concession de [sa] part”, cette dernière avait annoncé samedi “qu’elle était prête à voter la défiance” [Le Monde]. Lundi 21 juin, le vote s’est tenu à la demande du parti d’extrême droite des Démocrates de Suède, “qui ont sauté sur l’occasion offerte par ces dissensions gouvernementales” [Les Echos].

L’ironie [de cette histoire] est que le Premier ministre Stefan Löfven est lui-même en faveur du contrôle des loyers”, souligne Maddy Savage pour la BBC. Mais c’est bien ce sujet qui pourrait lui coûter sa place.

“Farväl” ?

A un peu plus d’un an des élections législatives de septembre 2022, les options sur la table ne sont pas très nombreuses”, écrivent Les Echos, évoquant la suite. Si certains souhaitent déjà lui dire “farväl” (“au revoir” en suédois),Stefan Löfven peut encore garder son poste. Selon la Constitution, il a une semaine pour le faire”, explique le journaliste politique et historien Tomas Lindbom sur France 24. Il devra pour cela tenter de former une nouvelle coalition. En parallèle, “de nouvelles tractations pourraient s’engager à l’initiative du président du Parlement pour confier à une autre personnalité le soin de constituer un nouveau gouvernement”, complète le quotidien économique.

Stefan Löfven pourrait également convoquer “une élection anticipée, vraisemblablement organisée à l’automne, un an avant les prochaines élections législatives”, avance Politico. “Je dois me concentrer sur ce qui est le mieux pour la Suède”, s’est contenté de déclarer le Premier ministre, qui a jusqu’au 29 juin pour prendre une décision [Politico].

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