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[Revue de presse] La condamnation de Nicolas Sarkozy vue par la presse européenne

Prononcée lundi 1er mars, la condamnation en première instance de l’ancien président de de la République française à trois ans de prison pour corruption a suscité de nombreux commentaires dans la presse européenne. Les médias soulignent une décision judiciaire inédite et analysent sa portée sur la vie politique française.

La presse européenne s'interroge sur les conséquences de cette condamnation sur la suite de la carrière de l'ancien chef d'Etat, mais aussi sur l'avenir de la droite française
La presse européenne s’interroge sur les conséquences de cette condamnation sur la suite de la carrière de l’ancien chef d’Etat, mais aussi sur l’avenir de la droite française - Crédits : Jacques Paquier / Flickr CC BY 2.0

En France, Nicolas Sarkozy est devenu lundi le premier ancien président de la Ve République condamné pour corruption, à trois ans de prison dont un ferme, dans l’affaire dite des ‘écoutes’ ” , annonce la RTS en Suisse. Une affaire “née en 2014 d’interceptions téléphoniques avec son avocat historique Thierry Herzog” , précise le quotidien belge La Libre. Si les deux hommes ont déjà fait appel de la décision, pour le journal suisse Le Temps, “la peine prononcée restera comme un lourd boulet sur le parcours politico-judiciaire de l’ancien président français âgé de 66 ans” . Si celle-ci était appliquée, “Nicolas Sarkozy pourrait devoir porter un bracelet électronique de surveillance à domicile” , poursuit le quotidien.

Ce n’est pas la première fois qu’un ancien président est condamné sous la Ve République, Jacques Chirac l’avait déjà été en 2011″ , rappelle La Tribune de Genève, soulignant que ce dernier avait toutefois été “dispensé de présence [au procès] pour cause de maladie” . Pour le journal helvète, la situation est néanmoins bien différente car l’affaire de la mairie de Paris relevait d’une “question d’emplois fictifs, presque usuelle à l’époque dans la classe politique. Surtout il n’y avait pas de prison ferme” .

La presse européenne note par ailleurs que l’étau judiciaire n’a pas fini de se resserrer sur Nicolas Sarkozy. A partir du 17 mars, il sera en effet également jugé “dans le cadre de l’affaire Bygmalion, dans laquelle il est accusé d’avoir dépassé le plafond des dépenses pour sa campagne [présidentielle] infructueuse de 2012″ , note la BBC. Et ce n’est pas tout puisque “les procureurs enquêtent également sur des déclarations concernant un financement de sa campagne de 2007 par Mouammar Kadhafi” , indique le média britannique.

La fin de la carrière politique de Nicolas Sarkozy” ?

En Espagne, El Mundo s’attarde sur les réactions des caciques de la droite française, venus apporter leur soutien à l’ancien président de la République. “Les lieutenants de Nicolas Sarkozy ont adopté un même mot d’ordre : souligner la cruauté” du jugement rendu, analyse le quotidien. Plus tempéré, l’ancien négociateur de l’Union européenne pour le Brexit Michel Barnier, à qui l’on prête des velléités pour l’élection présidentielle de 2022, a déclaré sur Twitter : “Je veux redire, simplement, mon amitié au Président Sarkozy. Sa décision de faire appel est tout à fait légitime” [Politico]. Du côté du Rassemblement national, le verdict est également dénoncé. Le député européen et vice-président du parti Jordan Bardella “a ironisé sur ‘la République des Juges’ et ‘leurs procédés très contestables’ ” [RTS]. Raquel Garrido, ancienne porte-parole de La France insoumise, s’est quant à elle déclarée “satisfaite” de la décision, cite La Libre.

Pour le média bruxellois Politico, “cette condamnation porte un coup à ses alliés du parti conservateur Les Républicains, qui avaient régulièrement laissé entendre que, bien que Sarkozy se soit officiellement retiré de la vie politique, il demeurait leur plus grande chance de reprendre le pouvoir à l’occasion de la présidentielle de 2022″ . Pour le journal El Mundo, cette décision marque même “la fin de la carrière politique de Nicolas Sarkozy” . Un constat nuancé par le quotidien allemand Südwest Presse car l’ancien chef d’Etat “a encore de nombreux supporters qui croient à son intégrité” , rappelle en effet le média. “Dans ce pays qui aime le retour épique de vieux guerriers, rien n’est à exclure” , concède finalement El Mundo.

Le correspondant à Berlin de RFI Pascal Thibault liste sur Twitter les conclusions sévères de la presse allemande sur la vie politique française. Le Süddeutsche Zeitung estime ainsi que “le cas de l’ex-président montre à quel point l’élitisme et l’absolutisme dominent les rapports de pouvoir en France” . Le journal local Südkurier se réjouit néanmoins que “la justice montre que les lois valent pour tous, également pour ceux qui croient pouvoir les ignorer en raison du pouvoir qu’ils exercent” .

Par la voix de son avocate, Nicolas Sarkozy a précisé qu’il faisait appel de cette décision.

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