
“C’est une victoire qui sera accueillie avec joie et soulagement dans la plupart des capitales européennes, si elle est confirmée” [Les Echos]. D’après les sondages à la sortie des urnes et le dépouillement de la moitié des bulletins de vote, les partis d’opposition pro-européens ont remporté les élections législatives polonaises dimanche 15 octobre 2023.
“Selon ces projections, les trois partis d’opposition centriste que sont la Coalition citoyenne (KO) de Donald Tusk, les chrétiens-démocrates de Troisième Voie et la Gauche, ont remporté ensemble 248 sièges dans le Parlement de 460 députés, contre 212 sièges pour le PiS et la Confédération”, détaille Le Monde.
Participation historique
“Bien que le parti Droit et Justice [PiS] soit arrivé premier en termes de votes, il s’agit d’une victoire à la Pyrrhus puisque les trois principaux partis d’opposition obtiendraient la majorité des sièges”, explique Politico. Mené par le Premier ministre sortant Mateusz Morawiecki, le parti ultraconservateur aurait en effet recueilli 36,6 % des suffrages, contre 31 % pour la KO de Donald Tusk. Mais les bons scores de Troisième voie (13,5 %) et de la Gauche (8,6 %) placent l’opposition polonaise en bonne posture pour former une nouvelle coalition gouvernementale.
“Je n’ai jamais été aussi heureux dans ma vie d’obtenir une deuxième place. La Pologne a gagné, la démocratie a gagné, nous les avons écartés du pouvoir”, a ainsi lancé Donald Tusk hier soir devant ses partisans [Le Figaro]. Signe de l’importance du scrutin, “la participation fut inédite à l’échelle du pays, du jamais vu depuis 1989 : 72 %, toujours selon l’étude de sortie des urnes”, note Libération.
“La Pologne revient au bercail”
C’est à la fois “une surprise” et “un sacré tournant” pour Le Temps, après huit années de pouvoir pour le PiS. “Le vent du changement souffle en Pologne”, abonde Le Figaro. “Si ces résultats se confirment, ils marqueront un changement radical tant en Pologne que dans l’Union européenne, alors que le gouvernement actuel du PiS est en conflit depuis huit ans avec Bruxelles, qui l’accuse de déroger aux règles démocratiques de l’UE”, complète Politico.
“Chère Europe, le 15 octobre, la Pologne revient au bercail”, a ainsi déclaré l’eurodéputé Robert Biedroń, membre de la gauche polonaise [Libération]. Pour Les Echos, “la victoire de l’opposition pro-européenne en Pologne marque un coup d’arrêt à la montée des partis populistes eurosceptiques en Europe centrale, quelques jours après l’arrivée au pouvoir de Robert Fico dans la Slovaquie voisine”.
Donald Tusk, qui fut Premier ministre polonais de 2007 à 2014 puis président du Conseil européen jusqu’en 2019, “s’est engagé pendant la campagne à repositionner Varsovie sur une voie résolument pro-européenne, à restaurer l’indépendance des juges et à débloquer les milliards d’euros de fonds européens gelés par la Commission européenne en raison des différends avec le gouvernement du PiS au sujet des réformes judiciaires”, rappelle le Financial Times. Ce qui faisait de ce scrutin “l’élection la plus importante de l’année pour l’UE, car elle pourrait redéfinir les relations entre Bruxelles et le plus grand Etat membre d’Europe centrale et orientale, après des années de conflits”, poursuit le quotidien britannique.
Une période d’instabilité à venir
La question de “l’après” se pose désormais. “Pour former un gouvernement de coalition, il faut que la KO, Troisième Voie et la Gauche arrivent à s’entendre, mais leurs responsables ont d’ores et déjà déclaré leur bonne volonté. ‘Nous attendrons probablement les résultats officiels une douzaine d’heures […], nous allons nous asseoir ensuite pour discuter et nous parviendrons certainement à un accord’, a assuré Donald Tusk” [Le Monde].
“Une fois le décompte des voix terminé, la prochaine étape reviendra au président Andrzej Duda [membre du PiS], qui a déclaré que les présidents choisissent traditionnellement un membre du parti le plus important pour le nommer Premier ministre et qu’il ait la première chance de former un gouvernement”, explique Politico. Le candidat désigné par M. Duda aura alors 14 jours pour constituer son gouvernement et tenter d’obtenir la confiance du Parlement lors d’un vote. En cas d’échec, ce sera au tour du Parlement de nommer un Premier ministre. Ce qui fait dire à Libération que “l’instabilité marquera certainement la scène politique [polonaise] dans les semaines à venir”.
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