Toute L'Europe – Comprendre l'Europe
  • Actualité

L'Essentiel des Européennes

L’Essentiel des Européennes #3 - Renaissance entre en scène | Ursula von der Leyen investie | La campagne au Portugal

Voici le troisième numéro de votre newsletter hebdomadaire consacrée aux élections européennes ! Après le premier meeting de Renaissance, on se penche sur la liste de La France insoumise. Puis direction la Roumanie, où la droite européenne a désigné Ursula von der Leyen comme cheffe de file pour le scrutin de juin. On parle aussi du Portugal et des droits des femmes, avant de terminer avec une musique irlandaise !

Pour recevoir cette newsletter sur les élections européennes chaque mercredi, abonnez-vous gratuitement !

L'essentiel en France

Renaissance démarre

Starting-blocks. La tête de liste de Renaissance, Valérie Hayer, a tenu son premier meeting à Lille samedi. “Croire en l’Europe n’est pas un luxe réservé à une élite, aux urbains, aux privilégiés, qui seraient déconnectés du quotidien. L’Europe, c’est vous tous”, a déclaré l’eurodéputée face aux sympathisants du camp présidentiel. La menace que fait peser la Russie sur l’Union européenne, le soutien à l’Ukraine et les attaques contre le Rassemblement national, accusé d’être proche du régime de Vladimir Poutine, ont rythmé les discours à la tribune. Une stratégie dont on vous parlait déjà la semaine dernière. Mais Valérie Hayer a également abordé la question des droits des femmes, alors que le Parlement européen débat ce jeudi matin de l’inscription de l’IVG dans la Charte des droits fondamentaux de l’UE (lire plus bas).

Passage de relais. Gabriel Attal, Edouard Philippe, François Bayrou… Les poids lourds de la majorité présidentielle se sont succédé sur scène pour soutenir la candidate de leur camp. Parmi les présents figurait également l’ancien eurodéputé devenu ministre de l’Europe et des Affaires étrangères en janvier, Stéphane Séjourné, auquel Valérie Hayer a succédé à la tête du groupe Renew Europe, actuelle troisième force politique au Parlement européen.

Dans l’ombre. Si la cheffe de file de Renaissance est connue, la liste complète des 81 candidats centristes n’a pas encore été dévoilée. Une chose est sûre, deux députés nationaux joueront un rôle clé dans cette campagne. A 37 ans, le président de la commission des Affaires européennes à l’Assemblée nationale, Pieyre-Alexandre Anglade, a été nommé directeur de campagne. Tandis que l’ancien ministre du Travail, Olivier Dussopt, est devenu le numéro 2 du parti Renaissance, au moment où Valérie Hayer était choisie comme tête de liste.

La France insoumise dévoile sa liste complète

Habitués. La France insoumise prend les devants. Mercredi dernier, le parti mélenchoniste a dévoilé la quasi-totalité des candidats (79 sur 81) qui figureront sur sa liste pour les élections européennes du 9 juin. Pas de surprise pour les eurodéputés insoumis sortants, bien placés pour rempiler pour cinq années supplémentaires. Coprésidente du groupe de La Gauche au Parlement européen, Manon Aubry est de nouveau en 1ère position, juste devant le Réunionnais Younous Omarjee (2e). Elu pour la première fois au Parlement européen en 2012, celui qui préside la commission du Développement régional depuis 2019 s’est illustré par son travail en faveur des régions européennes les moins développées, en remontant notamment les problématiques rencontrées par les habitants des régions ultramarines.

Surprise. Marina Mesure, spécialiste des dossiers énergétiques et du marché de l’électricité, hérite quant à elle de la 3e place tandis que Leïla Chaibi, connue pour son combat en faveur de la reconnaissance des droits sociaux des travailleurs des plateformes, figure en 5e position. Mais sur la liste insoumise, la véritable surprise se trouve au 8e rang. Le parti de gauche radicale est parvenu à enrôler Damien Carême, eurodéputé jusqu’alors lié à Europe Ecologie Les Verts. Elu en 2019, il avait de nouveau été investi par EELV pour le scrutin de juin 2024, à une 10e position probablement non-éligible. En désaccord avec la stratégie de son parti, il avait claqué la porte en octobre, se retirant ainsi de la liste écologiste.

Union. Une belle prise donc pour les insoumis qui récupèrent un parlementaire dont le travail est reconnu par ses pairs, notamment sur les dossiers concernant les droits humains et la politique migratoire. Mais Damien Carême n’est pas l’unique transfuge d’autres formations de gauche présent sur cette liste. L’ancien coordinateur de Génération.s, Arash Saeidi (6e), et l’ancienne responsable des Jeunes Ecologistes, Camille Hachez (19e), y figurent également. Pour les insoumis, ces ralliements ont vocation à renforcer le discours de Manon Aubry qui entend convaincre “tous les orphelins de la Nupes” de plébisciter sa liste le 9 juin. Dans les différents sondages, La France insoumise est donnée entre 7 et 8 % d’intentions de vote.

Dans le reste de l’actu en France

Cette nuit, Place publique et le Parti socialiste ont communiqué l’identité des 81 candidats qui figurent sur la liste menée par Raphaël Glucksmann. Il s’agissait surtout d’ajouter les quelques candidats de Place publique sur la liste socialiste déjà approuvée par les militants du PS. Le mouvement de Raphaël Glucksmann hérite ainsi de 3 positions parmi les 10 premiers candidats : outre la 1ère place, l’eurodéputée sortante Aurore Lalucq et le chercheur Thomas Pellerin-Carlin figurent aux 4e et 9e positions.

Fin du suspense : Jean Lassalle sera bien candidat aux élections européennes. Le Béarnais devient la tête de liste de L’Alliance rurale en remplacement du patron des chasseurs Willy Schraen, qui hérite finalement de la 3e position. Un ralliement qui ne semble pas du goût de tous puisque cinq candidats qui devaient figurer sur la liste ont annoncé leur départ à cause de leur “différend concernant l’accord électoral conclu entre Willy Schraen et Jean Lassalle”, rapporte Midi Libre.

Les meetings s’enchaînent. Après le Rassemblement national la semaine dernière et Renaissance samedi (lire plus haut), Reconquête a également lancé sa campagne ce dimanche à Paris devant 5 000 sympathisants. Avec à la clé des prises de parole largement eurosceptiques, visant les institutions européennes essentiellement sur l’immigration. Ce samedi, LFI tiendra sa Convention de l’Union populaire à Paris, au cours de laquelle elle validera la composition de sa liste (lire plus haut), soumise au vote des militants.

L’Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique) a dévoilé jeudi ses règles concernant l’encadrement de la campagne des élections européennes sur les radios et télévisions françaises. Le temps de parole de tous les candidats à ce scrutin devra être décompté à partir du lundi 15 avril, jusqu’à l’avant-veille de l’élection. On vous explique les règles en détails dans notre article.

Ce jeudi 14 mars de 17h00 à 19h30, Public Sénat diffusera en partenariat avec le groupe Ebra le premier débat des élections européennes. Les huit principales têtes de liste y prendront part (sauf Jordan Bardella, remplacé par l’eurodéputé RN Thierry Mariani) et s’exprimeront sur quatre thèmes : agriculture, immigration, guerre en Ukraine et énergie et enfin pouvoir d’achat. Un débat que vous pourrez suivre sur le site internet de Toute l’Europe, grâce à notre article alimenté en direct.

L'essentiel en Europe

Un boulevard pour Ursula von der Leyen ?

Round 2. Sans suspense, puisqu’elle était seule en lice, Ursula von der Leyen a été désignée candidate commune du Parti populaire européen (PPE). Un vote qui s’est déroulé jeudi lors du congrès du centre droit européen à Bucarest (Roumanie). Une étape indispensable pour celle qui espère rempiler à la tête de la Commission européenne pour cinq années supplémentaires. De l’avis de tous les observateurs de la politique européenne, l’Allemande a toutes ses chances d’y parvenir. Son bilan parle pour elle, que ce soit dans la réaction à la pandémie de Covid-19, la réponse à l’invasion russe en Ukraine ou la mise en œuvre du Pacte vert européen.

Bilan. D’un point de vue comptable, le PPE est donné largement en tête des intentions de vote à travers l’Union, ce qui lui garantirait de conserver son statut de première force politique au Parlement européen. La tête de l’exécutif européen devrait ainsi lui échoir de nouveau, comme c’est le cas depuis 20 ans (lire plus bas). Et c’est l’ancienne ministre allemande qui, en tant que Spitzenkandidatin du PPE, devrait endosser ce costume pour les cinq années à venir. Tous les voyants semblent donc au vert pour Ursula von der Leyen. Quelques obstacles pourraient cependant se dresser sur son chemin. Dont un venant de son propre camp.

Fronde. Sa désignation a certes été large, mais pas unanime. Sur 801 délégués nationaux, 400 ont voté pour elle (89 ont voté contre, les autres se sont abstenus). Les Républicains français mènent la fronde contre celle qu’ils accusent d’être “la candidate d’Emmanuel Macron”, dixit François-Xavier Bellamy. La politique environnementale menée par l’Allemande, et pointée du doigt par certains agriculteurs, est notamment source de critiques. Pour la tête de liste de LR aux européennes, “le bilan [d’Ursula von der Leyen] n’est pas à la hauteur de ce que l’Europe attend aujourd’hui”. LR dispose de 8 élus sur les 705 siégeant aujourd’hui à Strasbourg. En 2019, Ursula von der Leyen avait été élue à la tête de la Commission avec seulement 9 voix de plus que la majorité absolue requise au Parlement européen. Sans oublier qu’à l’époque, le Spitzenkandidat du PPE était Manfred Weber. Le Conseil européen lui avait finalement préféré Ursula von der Leyen, qu’il avait donc proposée aux parlementaires européens comme candidate à la présidence de la Commission.

Une danse à trois au Portugal

Trio. Après la démission du socialiste António Costa en novembre dernier, des élections législatives anticipées se sont tenues au Portugal dimanche. Et l’issue du scrutin donne une idée des résultats qui pourraient émerger le soir du 9 juin. Les deux principaux partis sont dans un mouchoir de poche : la droite a recueilli 29,5 % des voix, devant les sociaux-démocrates, à 28,7 %. Quant à l’extrême droite de Chega, un parti créé en 2019 et dirigé par André Ventura, elle fait un bond en avant et obtient 18 %.

Flou. Les yeux rivés sur le scrutin national de dimanche dernier, peu de formations politiques portugaises ont pour l’instant annoncé leur tête de liste pour les élections européennes. A l’exception de l’Initiative libérale (Renew Europe), portée par le chef d’entreprise et député de Lisbonne João Cotrim Figueiredo, et de la Coalition démocratique unitaire (La Gauche), une alliance entre les communistes et les écologistes portugais, dont la liste sera menée par le juriste João Oliveira. Cette coalition dispose déjà de deux élus au Parlement européen.

21 députés. Après le 9 juin, le Portugal enverra 21 eurodéputés dans l’hémicycle strasbourgeois. C’est autant que la République tchèque, la Hongrie ou la Suède, mais moins que les Pays-Bas (31). La délégation portugaise se répartit aujourd’hui entre 4 groupes : les Socialistes et Démocrates (S&D, 9 eurodéputés), le Parti populaire européen de centre droit (PPE, 7), la gauche radicale (4 eurodéputés) et le groupe des Verts (1 eurodéputé). Lors de la prochaine mandature, le Portugal sera sans doute représenté au sein du groupe d’extrême droite Identité et démocratie (ID) avec des élus de Chega. Le groupe centriste Renew Europe pourrait aussi accueillir des députés issus des rangs de l’Initiative libérale.

Dans le reste de l’actu en Europe

Elu en France en 2019, l’eurodéputé Sandro Gozi a été désigné comme chef de file du Parti démocratique européen (PDE), qui abrite notamment le MoDem de François Bayrou. Avec l’Alliance des démocrates et des Libéraux pour l’Europe (ADLE), cette formation fait partie de Renew Europe. Tout à droite, le Danois Anders Vistisen représentera les nationalistes d’Identité et démocratie (ID) au niveau de l’UE lors des débats pré-électoraux, nous apprend Agence Europe.

L’Alliance libre européenne (ALE) a dévoilé son programme. Représentant les minorités et les nations sans Etat, le parti a choisi comme têtes de liste l’indépendantiste catalan Raül Romeva et une activiste issue de la minorité danoise en Allemagne, Maylis Rosberg. La plupart des membres de l’ALE siègent avec les Verts au Parlement européen.

Plusieurs élections régionales se sont tenues en Italie. Dans les Abruzzes dimanche, le scrutin a été remporté par l’extrême droite de Fratelli d’Italia, le parti de Giorgia Meloni. La Première ministre peut souffler, deux semaines après la défaite de son candidat en Sardaigne contre la coalition de centre-gauche. Le résultat de ce dernier scrutin avait mis fin au “mythe de Giorgia l’invincible”, écrivait alors La Stampa alors que son parti fait la course en tête dans les sondages pour les européennes.

Plus au nord, un sondage révèle que 81 % des Polonais sont prêts à voter aux européennes. Nota bene : la participation était de 45,7 % dans ce pays en 2019. Et seuls 15 % des répondants se déclarent opposés à la présence de la Pologne dans l’UE.

Un peu plus au nord encore, en Estonie, la Première ministre centriste Kaja Kallas a repoussé une candidature au scrutin de juin. L’ancien chef du gouvernement roumain, ex commissaire européen à l’Agriculture et actuel eurodéputé libéral, Dacian Cioloș, mènera quant à lui la liste des libéraux dans son pays. Enfin, en Bulgarie, un sondage suggère que 6 partis pourraient envoyer des élus à Bruxelles et Strasbourg. La coalition de centre droit composée des Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie (GERB) et de l’Union des forces démocratiques (SDS) serait en tête, tandis que les nationalistes de Renaissance, ou “Réveil”, feraient leur entrée au Parlement européen.

Les sondages en France

Sondage après sondage, la barre symbolique des 30 % se confirme pour le Rassemblement national. Dans l’enquête menée par Ipsos pour Le Monde et le Cevipof et publiée ce lundi, la liste de Jordan Bardella est donnée à 31 % d’intentions de vote, soit 13 points de plus que celle de la majorité présidentielle (18 %). La liste socialiste emmenée par Raphaël Glucksmann recueillerait quant à elle 11,5 % des suffrages, son résultat le plus haut parmi tous les sondages publiés.

Pour cette enquête d’Ipsos, 11 770 électeurs ont été interrogés. Un panel XL qui vient renforcer sa crédibilité, bien qu’il s’agisse, comme à chaque fois, d’une photographie à l’instant “T” des intentions de vote des Français. Un autre sondage, publié dimanche et réalisé par Elabe pour BFM TV et La Tribune Dimanche, fournit des tendances similaires. Nuance cependant sur le score du Parti socialiste, donné à 8,5 %, ce qui le placerait derrière les écologistes (9,5 %). Enfin, Reconquête passe pour la première fois sous la barre des 5 % d’intentions de vote dans un sondage (4,5 %), qui constitue le seuil minimal à atteindre pour envoyer des élus au Parlement européen.

La phrase de la semaine

L’annonce de la désignation d’Ursula von der Leyen comme candidate commune du Parti populaire européen (PPE) cette semaine a fait réagir son collègue français, Thierry Breton. Dans un message posté sur le réseau social X, le commissaire français au Marché intérieur a souligné la mainmise de la droite européenne sur la présidence de la Commission européenne.

Une situation qui s’explique par les résultats électoraux du PPE. Depuis 1999, il est systématiquement arrivé en tête des élections européennes et peut à ce titre prétendre à occuper les plus hautes fonctions de l’UE.

Les trois derniers présidents de l’institution sont ainsi issus de cette famille politique : le Portugais José Manuel Barroso de 2004 à 2014 (deux mandats), le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker (2014-2019) et enfin l’Allemande Ursula von der Leyen (2019-2024), candidate à sa propre succession.

Le mot de la semaine

Charte européenne des droits fondamentaux

Le 8 mars dernier, journée internationale des droits des femmes, le libre recours à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) était officiellement inscrit dans la Constitution française. Durant la cérémonie, Emmanuel Macron a annoncé qu’il souhaitait également l’inclure dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne.

Adopté en 2000, ce texte consacre les droits fondamentaux des personnes, répartis en six catégories : la dignité, la liberté, l’égalité, la solidarité, la citoyenneté et la justice. Depuis l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne en 2009, la Charte possède la même valeur juridique que les traités fondateurs européens. Concrètement, les Etats membres et les institutions de l’UE doivent la respecter. Enfin, celle-ci peut être invoquée en cas de litige devant la Cour de justice.

Testez vos connaissances sur l’Union européenne avec nos quiz ! Cette semaine, on vous propose de retrouver les femmes importantes dans l’histoire de la construction européenne. Et si vous en voulez encore, découvrez tous nos quiz.

En musique

En Irlande, l’ancienne présentatrice de télévision Cynthia Ní Mhurchú a été recrutée pour se présenter avec les libéraux du Fianna Fáil. Alors, pour terminer cette newsletter en musique, on vous propose de découvrir Riverdance, un spectacle mêlant claquettes et danses folkloriques pendant l’Eurovision de 1994, à Dublin. Le concours de chant européen était alors présenté… par Cynthia Ní Mhurchú.


Votre avis compte : avez-vous trouvé ce que vous cherchiez dans cet article ?

Pour approfondir

À la une sur Touteleurope.eu

Flèche

Participez au débat et laissez un commentaire

Commentaires sur L'Essentiel des Européennes #3 - Renaissance entre en scène | Ursula von der Leyen investie | La campagne au Portugal

Lire la charte de modération

Commenter l’article

Votre commentaire est vide

Votre nom est invalide

1 commentaire

  • Avatar privé
    Annie Tsibidis

    Dans la rubrique :“Fronde”, vous écrivez que Ursula von der Leyen a été élue par des délégués nationaux.
    Ses personnes sont-elles votées ou désignées ?