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L'Essentiel des Européennes

L’Essentiel des Européennes #1 - Campagne au Salon de l’agriculture | Hayer, c’est fait ? | Un Autrichien tout à gauche

Cap sur le 9 juin. Bienvenue dans votre nouvelle newsletter hebdomadaire consacrée aux élections européennes ! Toute l’Europe revient chaque mercredi sur l’actu de la campagne. Pour ce premier numéro, on parcourt les allées du Salon de l’agriculture et on s’attarde sur la candidature probable de Valérie Hayer pour Renaissance. Au niveau européen, on s’intéresse au communiste autrichien qui vise le poste d’Ursula von der Leyen. Puis on termine en musique, avec un décompte jusqu’au scrutin !

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L'essentiel en France

Le Salon de l’agriculture, cœur de campagne(s)

Rituel. Ah, le Salon de l’agriculture. Ses vaches, ses agriculteurs, ses allées pleines de badauds, ses produits du terroir… et ses candidats. Chaque année, la plus grande foire agricole de France s’affiche comme un rite de passage obligatoire pour les personnalités politiques. Pour peu que des élections européennes aient lieu dans les mois qui suivent et que le sujet de l’agriculture occupe le cœur des débats depuis des semaines, un détour par le Salon devient incontournable pour les têtes de listes candidates.

Chacun son tour. Après l’inauguration du Salon samedi par le chef de l’Etat, marquée par des manifestations des agriculteurs, le chef de file et président du Rassemblement national Jordan Bardella y a déambulé dimanche, puis lundi. Le candidat socialiste, Raphaël Glucksmann, était lui aussi présent dimanche, tout comme François-Xavier Bellamy (Les Républicains) et sa colistière, l’agricultrice Céline Imart, qui sont revenus lundi. L’insoumise Manon Aubry était elle aussi de passage lundi, tandis que Marion Maréchal (Reconquête) est attendue jeudi accompagnée d’Eric Zemmour. Enfin, l’écologiste Marie Toussaint devrait s’y rendre vendredi.

Scrutés. Tous ont en tête un objectif bien précis : transformer la colère agricole en moisson de bulletins dans les urnes le 9 juin. L’enjeu pour chacun est donc d’être audible et, tout particulièrement cette année, d’être à l’écoute des revendications des agriculteurs. Pacte vert, politique agricole commune, accords de libre-échange… les dossiers européens qui cristallisent cette colère sont nombreux. Alors que la Commission européenne a apporté ses premières réponses, comme une dérogation sur les jachères, il fait peu de doute que les propositions de chacun seront scrutées par un monde agricole qui continue de se faire entendre.

Hayer, c’est (presque) fait

L’élue. Après de longues semaines d’incertitude, l’identité de la tête de liste de la majorité présidentielle pour les élections européennes devrait bientôt être dévoilée. On vous en parlait lundi, l’information a été divulgâchée par La Tribune Dimanche ce week-end : il s’agira de… Valérie Hayer. Eurodéputée de 37 ans, élue en 2019 sur la liste de la majorité présidentielle, elle est considérée comme une marcheuse de la première heure. En janvier, elle est devenue présidente du groupe Renew Europe, troisième force politique au Parlement européen, succédant à Stéphane Séjourné, nommé ministre de l’Europe et des Affaires étrangères.

Fille d’agriculteurs. Peu connue du grand public, Valérie Hayer est réputée pour être une fine connaisseuse des dossiers budgétaires complexes au Parlement européen. Au sein de la commission des Budgets, elle était notamment chargée des négociations du cadre financier pluriannuel (2021-2027), du plan de relance européen et co-rapporteure permanente sur les ressources propres. En pleine crise agricole, un autre atout a (peut-être) aussi plaidé en sa faveur. Originaire de la Mayenne, un département très rural, elle est fille et petite-fille d’agriculteurs. Une proximité avec le monde agricole et une bonne connaissance du budget de la PAC qui pourraient s’avérer fort utile pour défendre le bilan macroniste à l’échelle européenne, alors que la majorité présidentielle et Bruxelles sont pointés du doigt depuis le début de l’année par les agriculteurs français (voir plus haut).

Compte à rebours. Si Emmanuel Macron n’a pas encore officialisé son choix, il ne fait plus vraiment de doutes que l’eurodéputée mènera bien la campagne de Renaissance jusqu’au scrutin du 9 juin. Samedi, en déplacement au Salon de l’agriculture, le chef de l’Etat confirmait avoir pris sa décision, sans pour autant dévoiler le nom de l’intéressée, qui était présente à ses côtés. Une chose est sûre, Valérie Hayer devra vite s’habituer à son costume de cheffe de file. Le bureau exécutif de Renaissance se réunit ce jeudi pour désigner sa tête de liste et le grand meeting de lancement de campagne de la majorité présidentielle est prévu le samedi 9 mars, à Lille. Soit dans dix jours.

Dans le reste de l’actu en France

Rififi chez Génération.s, le mouvement fondé par Benoît Hamon. Les coordinateurs du parti ont communiqué sur le ralliement à La France insoumise pour les élections européennes après un vote interne, avant d’être désavoués puis suspendus de leurs fonctions par le parlement du parti. Finalement, un nouveau vote devrait avoir lieu pour statuer sur la question, rapporte L’Humanité.

S’ils ne savent pas encore s’ils s’allieront avec Génération.s, les insoumis savent déjà avec qui ils ne s’allieront pas. Après trois réunions et des heures de négociations, le parti de Jean-Luc Mélenchon a définitivement fermé la porte à un accord avec le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) pour les élections européennes. En cause, une “série de désaccords trop importants”, notamment sur l’adhésion de l’Ukraine à l’UE, défendue par le NPA, mais rejetée par LFI.

L’association Stand With Ukraine veut soumettre une “Charte de soutien à l’Ukraine” aux têtes de listes candidates en France. L’ONG appellera à voter pour les partis qui s’engageront formellement à soutenir Kiev. Raphaël Glucksmann (PS), Marie Toussaint (EELV) et Guillaume Lacroix (PRG) l’ont déjà signée, nous apprend Ouest-France.

Alors que Jordan Bardella et Marine Le Pen ont dîné récemment avec Alice Weidel, coprésidente du parti anti-immigration Alternative pour l’Allemagne (AfD), la tête de liste du Rassemblement national a marqué ses distances avec cette dernière. De nombreuses manifestations se sont tenues outre-Rhin contre l’AfD depuis janvier. En cause : la révélation d’une réunion entre plusieurs représentants de l’extrême droite allemande et autrichienne pendant laquelle un projet d’expulsion massive de personnes étrangères ou d’origine étrangère a été discuté.

L'essentiel en Europe

Walter Baier, Kandidat

Faucille et marteau. Les gauches radicales européennes ont leur chef de file. L’Autrichien Walter Baier a été désigné Spitzenkandidat pour le Parti de la gauche européenne (PGE) le week-end dernier, à Ljubljana (Slovénie). C’est lui qui briguera la tête de la Commission européenne. Après les élections de juin, le nouveau président de l’exécutif sera élu par les eurodéputés, sur proposition des Etats membres au Conseil européen.

Divisions. Agé de 70 ans, ce diplômé de l’université de Vienne a dirigé le Parti communiste autrichien entre 1994 et 2006. Walter Baier est aujourd’hui président du PGE, la maison qui abrite, entre autres, le Parti communiste français (PCF), Syriza en Grèce et Die Linke en Allemagne. La France insoumise (LFI), elle, a le statut d’observateur. Le mouvement, porté par Manon Aubry pour ces élections, avait lancé sa propre alliance européenne en 2018, aux côtés des Espagnols de Podemos et des Portugais du Bloco, appelée “Maintenant le peuple”. Au Parlement européen, toutes ces tendances siègent cependant au sein du même groupe, coprésidé par Manon Aubry et l’Allemand Martin Schirdewan.

Au menu. A Ljubljana, les gauches radicales européennes ont aussi adopté leur manifeste pour le scrutin de juin. Au programme : inscrire le droit à un logement abordable et décent dans les lois européennes, réserver 7 % du PIB européen à l’éducation, à la recherche et à l’innovation et reconnaître le féminicide dans la législation européenne. “Nous sommes ceux qui veulent aller de l’avant, pour une Europe de la solidarité, de l’égalité et de l’espoir”, a lancé Walter Baier depuis la tribune. L’Autrichien fera notamment face à Ursula von der Leyen, candidate du Parti populaire européen (PPE), à Nicolas Schmit pour les socialistes (S&D) ainsi qu’au duo écologiste composé de Terry Reintke et Bas Eickhout.

Dans le reste de l’actu en Europe

Une année électorale chargée en Roumanie. Le gouvernement a annoncé que les élections locales se tiendraient le même jour que les européennes, le 9 juin. Et les deux principales formations du pays feront liste commune pour envoyer des eurodéputés à Strasbourg. Le Parti national libéral (PNL), affilié aux conservateurs européens, et le Parti social-démocrate (PSD) gouvernent ensemble le pays depuis 2021. L’élection présidentielle se tiendra, elle, en septembre.

En Hongrie, le Fidesz du Premier ministre nationaliste Viktor Orbán a choisi Tamás Deutsch comme tête de liste. Eurodéputé depuis 2009, il avait participé à la fondation du parti en 1988. Tandis qu’en Belgique, l’ancienne Première ministre Sophie Wilmès sera la figure de proue des libéraux du Mouvement réformateur (MR). Elle remplace le président du Conseil européen Charles Michel, qui s’était déclaré candidat en janvier, avant de rétropédaler face aux critiques.

En Grèce, un nouveau parti écologiste a vu le jour, né de la fusion de deux mouvements. Plus au nord, les écologistes autrichiens ont adoubé lundi leur (très) jeune cheffe de file, Lena Schilling. Agée de 23 ans, l’activiste n’est pas le seul profil original de la liste verte. Outre l’eurodéputé Thomas Waitz en deuxième position, figure en cinquième place le président de la fédération autrichienne de football américain, Michael Eschlböck.

Les sondages en France

Un nouveau sondage publié cette semaine : celui d’Odoxa pour Public Sénat et la presse régionale, dévoilé ce mardi. Le Rassemblement national fait toujours la course en tête à 30 % d’intentions de vote, loin devant la majorité présidentielle (19 %). Raphaël Glucksmann et le PS sont donnés à 11 %, se détachant des Ecologistes et des Républicains, tous deux à 8,5 %. Derrière, Reconquête (7 %) et La France insoumise (6,5 %) passent de peu la barre fatidique des 5 %, qui permet d’envoyer des élus au Parlement européen.

Quiz - Les capitales des Etats membres de l'Union européenne

Testez vos connaissances sur l’Union européenne avec nos quiz ! Cette semaine, on vous propose de retrouver les capitales des 27 Etats membres de l’UE. Et si vous en voulez encore, découvrez tous nos quiz.

En musique

Et pour terminer cette newsletter en musique, un classique au nom évocateur, puisque le décompte final jusqu’aux élections européennes est lancé. J-100 ce vendredi 1er mars 2024 !

Europe - The Final Countdown

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