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Italie : ultime tentative pour trouver un gouvernement

Lundi 7 mai, le président de la République italienne, Sergio Mattarella, reçoit les chefs de partis pour une dernière consultation afin de former un gouvernement. Deux mois après les élections législatives du 4 mars, l'Italie est toujours sans premier ministre, faute d'accord entre les formations politiques.

Sergio Mattarella, le président italien
Sergio Mattarella, le président italien. Photo: site officiel de la présidence russe. 

Le Monde rappelle qu’il “est fréquent que la formation d’un gouvernement prenne des semaines en Italie” . En moyenne, cela prend “un mois et demi” . Mais la situation semble particulièrement “difficile à dénouer” cette fois-ci.

En effet, après deux mois de tractations, “aucun accord ne s’est dessiné” [L’Express]. L’alliance entre la Ligue du Nord (extrême droite, dirigée par Matteo Salvini) et Forza Italia (parti de Silvio Berlusconi) a remporté “37% des voix” aux élections législatives. Le Mouvement 5 étoiles (M5S), mené par Luigi Di Maio, a obtenu “plus de 32%” des suffrages et enfin le Parti démocrate est “tombé à 19%” .

Dernière tentative entre droites ?

Pour tenter de sortir de l’impasse, Luigi di Maio “a formulé dimanche une nouvelle offre à la Ligue” et pour la “la première fois depuis l’issue du scrutin” , il “s’est dit prêt à choisir un président du Conseil avec Matteo Salvini” [Challenges].

Challenges explique que le leader du M5S exige par contre que la Ligue, qui seule a recueilli 17,4% des voix, “coupe les ponts avec son allié, l’ancien président du Conseil Silvio Berlusconi qui incarnerait la corruption” . La Repubblica (Italie) rapporte que M. Di Maio a publiquement proposé à M. Salvini à la télévision, dimanche 6 mai sur la chaîne Rai 3, de choisir conjointement un Premier ministre : “mais pas Berlusconi” . Toutefois, Matteo Salvini “a jusqu’à présent refusé de rompre ses liens avec Berlusconi” [Challenges].

Selon L’Express, le leader de la Ligue du nord aurait proposé une alternative : “un partenariat de gouvernement jusqu’en décembre” avec le M5S pour “adopter une nouvelle réforme électorale et le budget 2019 avant de retourner aux urnes en début d’année prochaine” .

Dans le même temps, Le Monde rapporte que “les responsables de la coalition de droite se sont retrouvés dimanche soir à Rome” et “plusieurs d’entre eux ont réclamé que le président désigne M. Salvini comme chef du gouvernement” . Ces derniers estiment qu’il est possible de trouver dans “les rangs des autres formations les quelques dizaines d’élus qui manquent pour former une majorité” , mais le président Mattarella “exige des garanties” [Le Monde].

L’option d’un gouvernement technique

Pour Challenges, Sergio Mattarella préfèrerait “nommer dès mardi [8 mai] un chef de gouvernement issu de la société civile, doté d’un mandat limité” . “Il serait chargé de gérer le pays, de lui rendre la voix qu’il a perdu ces derniers mois sur la scène internationale et de tenir au moins jusqu’à l’adoption du budget” , explique L’Express.

La dernière fois que cette option a été retenue c’était en 2011, lorsque Mario Monti “a été invité par le président Sergio Napolitano à diriger le gouvernement pour aider le pays à éviter la faillite” [Politico]. Selon Mario Monti lui-même, interviewé par Politico, le contexte était différent : “beaucoup de partis étaient en faveur de [ma nomination] et personne n’a proposé un autre nom” .

Politico propose avec humour le profil parfait d’un candidat pour diriger le gouvernement technique, mettant en avant l’improbabilité de la situation : “une personnalité politique qui n’est du côté d’aucun parti” , “qui a la confiance de l’Europe, qui est respecté des Italiens, proche mais pas un ami de longue date de M. Mattarella” . Sachant que cette personne “aurait toujours besoin de trouver une majorité au Parlement” . Le journal conclut avec cette phrase : “Superman et Superwoman font malheureusement des apparitions aussi rares en Italie qu’ailleurs” .

De nouvelles élections en octobre ?

Comme le résume Lina Palmerini, experte politique du quotidien Il Sole 24 Ore, cité par L’Express, le président italien “n’a pas beaucoup d’options” . “Si le Parlement rejette le gouvernement du président, la situation sera très difficile” et pourra conduire à de nouvelles élections.

Pour Mario Monti, “il semble que le scénario le plus probable est d’avoir des élections anticipées en octobre” . Sachant que “six mois plus tard, ce seront les élections européennes” , il y aura alors “un continuum de campagnes électorales, et j’ai peur que la question européenne ne revienne” perturber les élections italiennes [Politico].

A l’inverse, pour Luigi Di Maio, il n’y aurait “aucun problème à revenir au vote” étant donné qu’un gouvernement technique n’aurait pas de “lien avec le pays” [La Repubblica].

Néanmoins, explique Lorenzo Pregliasco, cofondateur de l’agence d’analyse politique Quorum/YouTrend, “selon les sondages, il est peu probable que de nouvelles élections changent les rapports de force” [L’Express].

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