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Italie : Giorgia Meloni, une Première ministre d’extrême droite qui veut rassurer l’Union européenne

La leader du parti d'extrême droite Fratelli d'Italia a pris ses fonctions de présidente du Conseil italien samedi 22 octobre. Le choix de certaines personnalités à des postes clés de son gouvernement a permis d'apaiser les craintes de ses partenaires européens.

La nouvelle Première ministre italienne Giorgia Melon (en noir au centre) a présenté son gouvernement composé de 24 ministres dont seulement six femmes
La nouvelle Première ministre italienne Giorgia Meloni (en noir au centre) a présenté samedi 22 octobre son gouvernement composé de 24 ministres, dont seulement 6 femmes - Crédits : compte Twitter @GiorgiaMeloni

Giorgia Meloni, “une figure ambiguë qui a du pain sur la planche”, titre The Guardian. “Après des débuts modestes à Rome, [elle] a passé trois décennies à se frayer un chemin jusqu’au sommet du gouvernement, avec une détermination sans faille qui a suscité l’admiration de certains de ses détracteurs”, relate le média britannique.

La dirigeante du parti d’extrême droite Fratelli d’Italia a prêté serment samedi 22 octobre en tant que nouvelle Première ministre, devenant ainsi “la première femme à occuper ce poste dans l’histoire du pays”, note El Mundo. Elle a ensuite présenté le nouveau gouvernement et présidé son premier conseil des ministres.

Côté européen, les premières réactions sont venues des “principales institutions” de l’UE, écrit France info. “ ‘Félicitations à Giorgia Meloni pour sa nomination comme Première ministre. Je compte sur une coopération constructive avec le nouveau gouvernement, face aux défis que nous devons relever ensemble’ “, a déclaré sur Twitter la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, citée par Le Monde.

Il est important de ne pas s’isoler en Europe”, lui a suggéré Mario Draghi, Premier ministre sortant [La Repubblica]. Un conseil que sa successeure semble avoir pris au sérieux. “Les premiers contacts téléphoniques de la nouvelle présidente du Conseil ont été réservés aux institutions européennes”, indiquent Les Echos, alors que Giorgia Meloni devrait effectuer un déplacement à Bruxelles dans les prochains jours.

Rassurer ses partenaires européens

La composition du nouveau gouvernement reflète ce “désir de rassurer les partenaires de Rome, inquiets face à l’arrivée au pouvoir en Italie, pays fondateur de l’Europe, du chef de gouvernement le plus à droite et le plus eurosceptique depuis 1946″, analyse Le Monde. “L’ancien président du Parlement européen Antonio Tajani, membre de Forza Italia, a été nommé aux Affaires étrangères avec le titre de vice-Premier ministre”, rapporte France info. A l’Economie, c’est Giancarlo Giorgetti, “membre de l’aile modéré de la Ligue” [Les Echos] et ancien ministre de Mario Draghi, qui a été désigné.

Sur le plan international, Giorgia Meloni “a promis que sa coalition serait ardemment pro-Otan et soutiendrait les sanctions de l’UE contre la Russie suite à son invasion de l’Ukraine”, souligne The Guardian. La dirigeante d’extrême droite a averti que “quiconque n’est pas d’accord avec son orientation pro-Europe et pro-OTAN ‘ne peut faire partie du gouvernement’ ” [Politico].

Gérer la crise

Sur le plan interne, “son gouvernement devra avant tout se concentrer sur les nombreux défis, essentiellement économiques, qui l’attendent”, relève Le Monde. “La dette de l’Italie atteint désormais le niveau faramineux de 150 % du produit intérieur brut, ce qui est supérieur à la dette de la Grèce” lorsque la crise de ses finances publiques s’était accélérée en 2010 [RFI]. “Sauf que cette fois, il s’agit de la troisième économie de l’Union qui représente un risque systémique pour l’ensemble des Vingt-Sept”, prévient la radio internationale.

Giorgia Meloni a notamment promis durant sa campagne une réforme des retraites et une réduction des impôts. “Des promesses électorales coûteuses” et difficiles à concilier “avec la réalité économique”, estime Politico. “Elle sait que les marchés pourraient sanctionner le moindre faux pas, elle a l’exemple de Liz Truss dans les yeux, qui vient d’être consumée par l’emprise des investisseurs”, abonde La Repubblica.

La nouvelle Première ministre devra également garder “le contrôle d’une coalition acariâtre” [The Guardian], “laquelle montre déjà des fissures” [Le Monde]. Ses alliés “MM. Salvini et Berlusconi rechignent à accepter l’autorité de Giorgia Meloni”, explique le quotidien français. Ce dernier constate que “les médias se sont fait l’écho des multiples passes d’armes entre les trois dirigeants sur la répartition des postes au Parlement et au sein du gouvernement”.

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