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Hongrie : un quatrième sacre consécutif pour Viktor Orbán

Ce dimanche 3 avril 2022, les élections législatives hongroises ont abouti à une quatrième victoire d'affilée pour le Fidesz, le parti politique du Premier ministre Viktor Orbán. Au pouvoir depuis douze ans, le dirigeant souverainiste conforte sa place.

 

Déjà chef du gouvernement de Hongrie de 1998 à 2002, Viktor Orbán s'apprête à débuter un cinquième mandat à la tête de son pays - Crédits : Palácio do Planalto / Flickr CC BY 2.0
Déjà chef du gouvernement de Hongrie de 1998 à 2002, puis réélu en 2010, Viktor Orbán s’apprête à débuter un cinquième mandat à la tête de son pays - Crédits : Palácio do Planalto / Flickr CC BY 2.0

Les détracteurs du Premier ministre sortant Viktor Orbán espéraient un scrutin plus serré, mais les esprits ont vite déchanté à mesure que les résultats tombaient”, rapporte Le Temps. A 58 ans, “le dirigeant souverainiste hongrois a remporté dimanche une quatrième victoire d’affilée, bien plus facilement que prévu”, note Le Parisien.

En effet, “le parti du Premier ministre nationaliste a largement devancé […] la coalition inédite, allant de la gauche à une formation issue de l’extrême droite, qui espérait le déloger après douze années de pouvoir”, explique Le Monde. “Après le dépouillement d’environ 98 % des suffrages exprimés […], le Fidesz recueillait 53,1 % des voix”, contre seulement “35 % pour la coalition des six partis de l’opposition”, détaillent Les Echos.

Une victoire exceptionnelle

Les analystes avaient prédit une bataille serrée mais les résultats sont sans appel” : “le Premier ministre est assuré de conserver une majorité des deux tiers au Parlement”, lit-on dans La Croix même si “les résultats finaux [ne] seront connus [qu’] à la fin de la semaine, quand les votes des Hongrois de l’étranger seront arrivés”, précise RFI.

Chers amis, nous avons remporté une victoire exceptionnelle - une victoire si grande qu’on peut sans doute la voir depuis la lune, et en tout cas certainement depuis Bruxelles”, a déclaré Viktor Orbán à la suite de la publication de résultats officiels partiels [Le Figaro].

Cette victoire écrasante marque “une progression du Fidesz et ses alliés chrétiens-démocrates, qui avaient recueilli au total 49,27 % des voix lors du précédent scrutin en 2018″, poursuit le quotidien. “[Se gargarisant] de sa prouesse” [Libération], M. Orbán a fièrement affirmé que “le monde entier a pu voir qu’à Budapest, le patriotisme a gagné”, déclarant au nom de tous ses partisans : “c’est notre message à l’Europe : nous ne sommes pas le passé, nous sommes l’avenir !” [Le Monde].

Cette victoire, on va s’en souvenir car nous n’avons jamais eu autant d’adversaires, entre notre gauche nationale, la gauche internationale, les bureaucrates de Bruxelles, […] George Soros, les médias internationaux et même le président ukrainien” Volodymyr Zelensky, a-t-il lancé face à ses partisans réunis à Budapest, devant un centre de conférence au bord du Danube [Le Monde]. Comme le rappellent Les Echos, “les partis d’opposition s’étaient unis et avaient désigné […] un candidat unique pour les représenter”, Peter Márki-Zay. Ce dernier “ne s’est pas ménagé durant la campagne pour promettre une Hongrie débarrassée de la corruption et pro-européenne mais il n’est pas parvenu à battre le favori”, ajoute le journal économique.

Isolement au sein de l’Union européenne

Avec cette nouvelle victoire de Viktor Orbán, “l’isolement guette la Hongrie”, titre Le Temps qui explique que “le dirigeant magyar risque de payer au niveau européen sa proximité avec Vladimir Poutine et son perpétuel jeu d’équilibriste entre l’Est et l’Occident”. De même pour Les Echos qui insistent sur le fait que “Viktor Orbán va démarrer ce quatrième mandat plus isolé que jamais au sein de l’Union européenne”. Le quotidien rappelle que le dirigeant hongrois a notamment refusé “toute sanction contre le pétrole et le gaz russes” et qu’il “a durablement abîmé la relation qu’il avait avec la Pologne qui a publiquement dénoncé l’attitude plus qu’ambiguë de Budapest à l’égard de la guerre en Ukraine”.

Alors que ce conflit chez sa voisine “a servi de catalyseur” [RFI] hissant le Premier ministre hongrois en “’protecteur’ de la Hongrie” [Libération], Politico souligne que Budapest “a condamné l’invasion russe et soutenu les sanctions de l’UE contre Moscou”, tout en refusant ’“de fournir des armes à Kiev”. Le média poursuit en écrivant que “la victoire d’Orbán signifie qu’il est susceptible d’adopter une position similaire à l’heure où les dirigeants européens débattent de l’opportunité d’imposer des sanctions plus sévères à Moscou”.

Autre surprise du scrutin, le jeune parti d’extrême droite Mi Hazank a dépassé le seuil des 5 % nécessaire pour entrer au Parlement”, rapporte La Croix. “Farouchement antieuropéen et raciste”, les sept députés de ce petit parti “vont s’ajouter aux 135 du Fidesz pour lui donner une tonalité encore plus radicale au nouveau Parlement, et voter avec sur lui tous les sujets de prédilection de M. Orbán comme l’immigration ou les droits des LGBT”, analyse Le Monde.

Enfin, comme le note Le Parisien, le dirigeant va poursuivre “un règne de douze années marqué par de profonds reculs démocratiques en Hongrie”. Le média rappelle que Viktor Orbán “entretient un conflit permanent avec […] la Commission européenne, qui lui reproche ses multiples atteintes aux principes de l’état de droit, à commencer par l’indépendance du pouvoir judiciaire, sa mainmise sur les médias, sa stigmatisation de la communauté LGBT, sans compter sa rhétorique ouvertement europhobe”.

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