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Elections législatives : l’union des gauches françaises suscite des interrogations sur la question européenne

En préparation des élections législatives des 12 et 19 juin prochains, les principaux partis de gauche français sont parvenus à un accord historique pour présenter des candidatures communes. Mais la possible désobéissance à certaines règles de l’Union européenne approuvée par ces formations fait réagir à Paris comme à Bruxelles.

Jean-Luc Mélenchon (LFI), Julien Bayou (EELV), Fabien Roussel (PCF) et Olivier Faure (PS) se rassemblent sous la “Nouvelle Union populaire écologique et sociale” (NUPES)
Crédits : Fred Marvaux / Parlement européen | Chloé Guilhem / Wikimedia Commons | Mathieu Delmestre / Flickr Parti socialiste | LeCardinal / Wikimedia Commons | Montage Toute l’Europe

Une page majeure de l’histoire de la gauche se tourne”, commente la chaîne France 24, puisque “la France insoumise [LFI], Europe Ecologie-Les Verts [EELV], le Parti communiste [PCF] et le Parti socialiste [PS] ont conclu un accord inédit” pour les élections législatives françaises des 12 et 19 juin.

Même si “plusieurs compromis ont été nécessaires”, certaines mesures n’ont “pas posé de problème : le smic à 1 400 euros net, le blocage des prix des produits de première nécessité, l’abrogation de la loi El Khomri […], la planification écologique ou encore l’instauration de la VIe République”, énumère L’Obs, qui évoque aussi la retraite à 60 ans. Derniers à avoir rejoints l’alliance jeudi 5 mai, les socialistes tournent ainsi “clairement le dos au quinquennat de François Hollande et au social-libéralisme”, analyse France 24.

La question européenne source d’interrogations

Mais “vue de Bruxelles, l’union des gauches françaises interroge et inquiète”, titre le journal Le Monde. Car l’accord prévoit la possibilité de désobéir à certaines règles européennes. Au Parlement européen, cette perspective a, selon le quotidien, “de quoi, en théorie, faire bondir les alliés de EELV, très attachés aux traités communautaires, et alimenter les critiques des eurodéputés macronistes, qui contestent désormais le pedigree proeuropéen des Verts français”.

Au Parlement européen, des socialistes français entre malaise et ambiguïtés”, rapporte pour sa part Le Parisien. “Comment imaginer ces adeptes de la culture du compromis […] renier leur ADN en se rangeant derrière l’euroscepticisme du mouvement de Jean-Luc Mélenchon, incarné par son principe de ‘désobéissance européenne’ ?”, se demande le journal.

Dans ce contexte, La France insoumise a accordé au PS que soit précisé dans le texte de l’alliance que “la France […] ne pourra avoir pour politique ni la sortie de l’Union, ni la désagrégation, ni la fin de la monnaie unique” [L’Obs]. De plus, l’accord indique que la “désobéissance” ne pourra se faire “que dans le respect de l’état de droit”, sans porter atteinte aux traités et aux décisions de la Cour de justice de l’UE [Le Monde].

La question reste toutefois “l’un des points les plus débattus au sein du programme de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale”, d’après Public Sénat. La chaîne de télévision politique estime que “dans l’Union européenne, dont l’existence et la cohésion reposent sur le respect d’engagements pris en commun, ce type d’attitude ne serait pas sans conséquence”. Si la Commission européenne “constate qu’un Etat membre ne se conforme pas au droit européen, elle peut décider de lancer une ‘procédure d’infraction’ ” ou encore de “geler des fonds”, ajoute le média public.

Des réactions plus ou moins critiques

Dans une tribune publiée par Le Monde, le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes Clément Beaune dénonce un “gloubi-boulga” à la fois “mensonger et dangereux”, qui entretiendrait “le mythe infantilisant d’une Europe punitive [et] d’une France rebelle”. Pour M. Beaune, “cette désobéissance européenne est un terrible aveu de faiblesse : elle nous dit que la France ne serait pas capable de changer le cours de l’Europe” [Le Monde].

De son côté, la candidate du PS à l’élection présidentielle Anne Hidalgo (1,74 % des suffrages exprimés) a indiqué quelques réserves. Dans une déclaration écrite, elle a souligné que l’accord ne portait selon elle “pas les garanties nécessaires sur des sujets aussi essentiels que l’Otan, l’Europe de la défense, la laïcité et les valeurs universelles” [Europe 1]. Elle a cependant affirmé ne pas vouloir “empêcher un accord électoral qui vise à combattre la régression écologique et sociale”, cite la radio.

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Commentaires sur Elections législatives : l'union des gauches françaises suscite des interrogations sur la question européenne

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3 commentaires

  • Avatar privé
    Eliopatchikov

    Mélenchon à la foire au smic :
    L’augmentation du Smic à 1 400€ était l’une des propositions figurant au programme de LFI à la présidentielle.…
    L’augmentation du Smic à 1 500€ est l’une des propositions figurant au programme de la NUPES pour les législatives.…
    Qui surenchère ?

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    Eliopatchikov

    …ou le “grand intellectuel” Taha Bouhafs dans le rôle du “parasite”.….?

  • Avatar privé
    Eliopatchikov

    Un exemple de simulacre de rassemblement à peine voilé (sic!)… Mélenchon, l’ogre révolutionnaire trotskiste, a phagocyté le PS… …heureusement pour lui, aucun risque de faire une indigestion (Hidalgo = 1,7% des suffrages exprimés). Par contre, il se pourrait (par manque d’ “hygiène” !) qu’une bactérie “frondeuse” ait la capacité de le faire vomir… à suivre !