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Elections fédérales allemandes : à deux semaines du scrutin, les candidats entrent en confrontation

A l’occasion du deuxième débat télévisé entre les principaux candidats à la chancellerie allemande dimanche 12 septembre, le conservateur Armin Laschet a multiplié les attaques contre le favori des sondages, le social-démocrate Olaf Scholz. Leur concurrente Annalena Baerbock (Verts) s’est quant à elle montrée plus discrète.

Le ministre des Finances social-démocrate Olaf Scholz est le favori des sondages avant le scrutin du 26 septembre
L’actuel ministre des Finances social-démocrate Olaf Scholz est le favori des sondages avant le scrutin du 26 septembre - Crédits : compte twitter @BMF_Bund

Jamais dans l’histoire de la République fédérale, le résultat d’une élection n’a été aussi indécis deux semaines avant le scrutin”, considère le média allemand Die Welt. Dès lors, pas étonnant que le second débat outre-Rhin, diffusé dimanche 12 septembre sur les chaînes ARD et ZDF, ait été “plus agressif” que le précédent [Berliner Zeitung].

Passe d’armes entre conservateur et social-démocrate

Issu du parti de la chancelière Angela Merkel, le candidat conservateur Armin Laschet (CDU), “dont le parti est au plus bas dans les sondages” [RFI], a en effet attaqué son concurrent social-démocrate et actuel ministre des Finances Olaf Scholz (SPD) dès le début de l’émission. Il s’est par exemple “saisi des perquisitions menées jeudi [9 septembre] au ministère des Finances dans le cadre d’une enquête sur l’agence gouvernementale de lutte contre le blanchiment d’argent (FIU) pour pointer les négligences d’Olaf Scholz en matière de supervision financière” [Les Echos]. “Si mon ministre des Finances travaillait comme vous, nous aurions un grave problème”, a martelé Armin Laschet. Le candidat social-démocrate “est sorti de son calme bouddhiste pour la première fois depuis de nombreuses semaines et a presque réagi de manière hargneuse”, évoquant de “fausses accusations”, rapporte le Berliner Zeitung.

Autre sujet de discorde, la question des coalitions gouvernementales. L’éventuelle alliance du SPD ou des Verts avec la gauche radicale du parti Die Linke est en effet “un épouvantail très prisé du camp conservateur”, souligne Le Monde. “Ce sont les citoyens qui décident de la tournure des élections”, a rétorqué Olaf Scholz, affirmant qu’il faisait campagne “pour un mandat fort pour le SPD” [Die Welt].

C’est un petit renversement qui s’est produit ce dimanche 12 septembre, considère Ouest-France. “La campagne électorale en Allemagne avait jusque-là plutôt laissé croire que les trois principaux candidats, Olaf Scholz (SPD), Annalena Baerbock (Verts) et Armin Laschet (CDU), tentaient de garder une position la plus modérée, pour ne pas dire merkelienne, […] afin de convaincre les électeurs allemands”, explique le correspondant du quotidien en Allemagne Sébastien Vannier. “Consacré surtout aux questions économiques et sociales, ce débat a mis en lumière la proximité des écologistes et des sociaux-démocrates sur de nombreux dossiers”, estime pour sa part le journaliste de RFI à Berlin Pascal Thibaut.

Ces attaques vont-elles suffire à convaincre les indécis et à remobiliser un camp chrétien-démocrate au pouvoir depuis seize ans ?”, s’interroge Le Monde. “A en croire un sondage réalisé à chaud, Olaf Scholz n’en est pas sorti fragilisé”, poursuit le quotidien. “Au contraire, selon 41 % des personnes interrogées, c’est lui qui a été le plus convaincant sur l’ensemble du débat, devant Armin Laschet (27 %) et Annalena Baerbock (25 %)”.

La candidate écologiste peine à s’imposer

Ces résultats semblent refléter l’ambiance générale du débat. L’écologiste Annalena Baerbock a en effet tenté de se faire une place dans ce duel, mettant en avant “son thème central, le climat, [et] critiquant le bilan des représentants de la grande coalition sortante” [RFI]. “Le prochain gouvernement est le dernier qui peut activement lutter contre le réchauffement climatique. Nos enfants ne doivent pas un jour nous demander ‘Pourquoi est-ce que vous n’avez rien fait ?’ mais ‘Comment vous y êtes arrivés ?’ “, a-t-elle déclaré.

Elle a évoqué la perspective d’investissements dans les infrastructures à hauteur de 50 milliards d’euros par an et a appelé à l’interdiction des moteurs à combustion interne dans les nouvelles voitures avant 2030″, rapporte Die Welt. De son côté, M. Scholz “a préconisé une augmentation modérée du prix du CO2″, afin de limiter les conséquences sociales de la transition écologique, relate le média allemand. Armin Laschet a quant à lui critiqué la sortie de l’énergie nucléaire.

Quelle influence pourrait avoir ce nouveau débat sur les élections, alors qu’une troisième et ultime rencontre se tiendra la semaine prochaine ? “Il ne faut pas oublier que probablement un électeur sur deux a déjà voté” par correspondance, insiste Hermann Binkert, directeur de l’institut d’études d’opinion INSA, consulté par le tabloïd allemand Bild. Le débat “n’a plus aucune influence sur eux” puisqu’ils ont “déjà pris leur décision finale”, conclue-t-il.

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