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Elections européennes : l’ancien patron de Frontex rejoint la liste du Rassemblement national

Fabrice Leggeri, directeur de Frontex de 2015 à 2022, figurera en troisième position sur la liste de Jordan Bardella aux élections européennes.

Fabrice Leggeri est devenu directeur de Frontex en 2015, sur proposition du ministre de l'Intérieur socialiste à l'époque en France, Bernard Cazeneuve
Fabrice Leggeri est devenu directeur de Frontex en 2015, sur proposition du ministre de l’Intérieur socialiste à l’époque en France, Bernard Cazeneuve - Crédits : Philippe Buissin / Parlement européen

La recrue vaut son pesant de crédibilité, pour un parti d’extrême droite longtemps incapable d’agréger de la matière grise”, entame Libération. Ce samedi 17 février, “Fabrice Leggeri, directeur de l’agence européenne chargée du contrôle des frontières (Frontex) de 2015 à 2022, a annoncé, dans un entretien au Journal du Dimanche, qu’il rejoignait la liste menée par Jordan Bardella aux élections européennes” [Le Monde].

L’ancien patron de Frontexfigurera en troisième place sur la liste” du Rassemblement national [Le Figaro]. Une position qui lui permettra très certainement d’être élu, le RN étant largement en tête dans les différents sondages réalisés pour les élections européennes du 9 juin. “Opter pour le RN et la liste de Jordan Bardella, c’est choisir l’efficacité et l’utilité dans l’intérêt des Français”, considère l’intéressé [Le Point].

Un profil de technocrate

S’il est inconnu du grand public, cet énarque et normalien de 55 ans est bien une prise de guerre pour Jordan Bardella, en quête de personnalités extérieures pour asseoir sa crédibilité”, remarque RTL. “Originaire de Mulhouse (Haut-Rhin), Fabrice Leggeri fait ses armes à l’Ecole normale supérieure (ENS), à Sciences Po Paris et à l’Ecole nationale d’administration (ENA)”, fait savoir France info, qui retrace son parcours.

Après ses études, il intègre le ministère de l’Intérieur en 1996, où il passe “l’essentiel de sa carrière” [Mediapart]. “Notamment dans la section du trafic transfrontalier, des frontières et des visas”, complète Marianne. En 2015, Fabrice Leggeri prend la tête de Frontex, “sur proposition du ministre de l’Intérieur socialiste [de l’époque] Bernard Cazeneuve”, relate Mediapart. Un poste qu’il occupe jusqu’à sa démission, en 2022.

Un passage à Frontex entaché de scandales

Ses années au sein de l’agence européenne chargée du contrôle des frontières n’ont cependant pas laissé de très bons souvenirs parmi les institutions européennes. “Fabrice Leggeri est tombé en disgrâce après une série de scandales entachant son mandat”, écrit Libération. “Au moment de sa démission en avril 2022, Fabrice Leggeri faisait l’objet d’une enquête de l’Office européen de lutte anti-fraude (Olaf) sur sa gestion de l’agence”, rappelle France info.

A l’époque, “les enquêtes menées par des journalistes, des organisations non gouvernementales et même des entités de l’Union européenne pointent les dysfonctionnements de Frontex, ses dépenses somptuaires et son refus de pourvoir des postes dédiés aux droits humains. Ces révélations ternissent la réputation de l’agence”, résume Mediapart.

Finalement, les conclusions de l’enquête de l’Olaf “confirmant l’existence de ‘pushbacks’ illégaux [refoulements de migrants, NDLR] et pointant le harcèlement de travailleurs de l’agence” convainquent Fabrice Leggeri de démissionner avant même sa publication, évitant ainsi “une mise en cause formelle”, poursuit le média d’investigation. Ce qui fait dire à Manon Aubry, eurodéputée La France insoumise, que l’ancien patron de l’agence “a fait de Frontex une bande de mercenaires armés jusqu’aux dents, qui brutalise et laisse mourir des milliers d’exilés à nos frontières” [Le Figaro].

Pour le RN, un gage de crédibilité

Mais pour Jordan Bardella et le Rassemblement national, qu’importe la tournure qu’a pris le mandat de Fabrice Leggeri. “Sa gestion sulfureuse de Frontex et les conditions mouvementées de son départ ne semblent poser aucun problème au parti d’extrême droite, qui le présente comme un martyr de l’idéologie ‘promigrants’ supposément en vigueur à Bruxelles et en France”, écrit Mediapart.

Ce qui compte pour le parti de Marine Le Pen, c’est de gagner en crédibilité. “L’ancien chef de Frontex, par son parcours et son expérience, comble un vide pour la formation politique d’extrême droite, qui manque de dirigeants et de candidats issus de la haute administration. Et encore plus de candidats ayant une expérience de l’UE”, analyse El País. “Pour Le Pen, la signature de Leggeri est une étape de plus dans son objectif de normaliser le RN et d’en faire un parti comme les autres”, ajoute le quotidien espagnol.

48 heures à peine après l’annonce de sa candidature, l’ancien patron de Frontex est déjà en campagne ce lundi 19 février. “Jordan Bardella, tête de liste et président du RN, veut très vite mettre en scène le ralliement de Fabrice Leggeri. Ensemble, les deux hommes [sont] dans les Alpes-Maritimes ce lundi pour un déplacement sur le thème de… l’immigration”, note Le Figaro. Au programme, visite d’une “caserne de CRS et d’un poste frontière à Menton”, précise le journal.

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