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Elections allemandes : que prévoient les sondages ?

A quelques jours des élections allemandes organisées dimanche 26 septembre, le candidat social-démocrate Olaf Scholz maintient une courte avance sur le conservateur Armin Laschet. Les Verts, menés par Annalena Baerbock, pourraient faire partie de la prochaine coalition gouvernementale.

Olaf Scholz (SPD) : 25 % des intentions de vote

Le parti social-démocrate (SPD) est, depuis fin août 2021, en première place des intentions de vote. Tombé à 20 % des voix lors des élections de 2017, puis à 15 % des intentions de vote en 2019, il a effectué une remontée remarquable lors des dernières semaines précédant les élections, son candidat Olaf Scholz dépassant pour la première fois la CDU cet été. 

Si son manque de charisme et son austérité ont pu lui être reprochés, M. Scholz semble avoir parcouru la campagne sans commettre d’impair, contrairement à ses deux principaux rivaux. Deux affaires mettant en cause le ministère des Finances qu’il dirige, révélées en juin (Wirecard) puis en septembre (non-transmission d’informations concernant une opération de blanchiment), n’ont pas remis en cause sa course en tête. Le candidat de centre-gauche s’affiche en continuateur de la politique menée par la chancelière et devance son principal concurrent de quelques points. 

Armin Laschet (CDU/CSU) : 22 % des intentions de vote

Avec 33 % des voix lors des élections de 2017, l’alliance traditionnelle entre l’Union chrétienne-démocrate (CDU) et l’Union chrétienne-sociale de Bavière (CSU), autrefois menée par Angela Merkel, a longtemps dominé les sondages. 

Si elle atteignait encore 30 % des intentions de vote en début d’année 2021, les contradictions et maladresses de son leader Armin Laschet, dont une vidéo le montrant en train de s’esclaffer lors d’une visite aux victimes des inondations de juillet, semblent avoir entraîné sa chute.

Annalena Baerbock (Verts) : 16 % des intentions de vote

Arrivés cinquièmes des élections de 2017 avec 9,5 % des voix, leur deuxième place aux élections européennes de 2019 et l’effondrement des sociaux-démocrates ont un temps fait des Verts la seconde force politique du pays. Après l’enthousiasme suscité par la nomination d’Annalena Baerbock comme candidate en avril, le parti atteint même 25 % d’intentions de vote le mois suivant. 

Quelques mois plus tard, il retombe en troisième position dans les sondages. Les mensonges relevés sur le CV de Mme Baerbock ainsi que des accusations de plagiat dans son dernier livre semblent être les principaux facteurs de sa chute.

Les autres partis : de 3 à 11 % des intentions de vote

Menés par Christian Lindner depuis 2013, les libéraux du FDP avaient atteint 10 % des voix en 2017. Après être tombés à 6 % des intentions de vote il y a un an, ils sont aujourd’hui à 11 %. 

Entrée pour la première fois au Bundestag en 2017 avec 13,5 % des voix, l’AfD (extrême droite) enregistre aujourd’hui 11 % des intentions de vote. Elle est menée par le duo Alice Weidel et Tino Chrupalla. 

Autre duo, les candidats d’extrême gauche Dietmar Bartsch et Janine Wissler atteignent 6 % des intentions de vote. Issue de l’ancien parti communiste allemand, Die Linke (“La Gauche”) avait obtenu 9 % des voix lors des élections de 2017. 

D’autres petits partis, comme les Electeurs libres (1 % des voix en 2017 et 3 % des intentions de vote aujourd’hui), sont actuellement sous le seuil des 5 % de voix nécessaires pour obtenir des sièges au Bundestag.

Quelles sont les coalitions possibles ?

Une partie des électeurs allemands ayant déjà voté par correspondance, il est probable que les intentions de vote à moins d’une semaine des élections n’évoluent qu’à la marge. Auquel cas les élections de septembre 2021 ne devraient qu’amplifier l’éclatement du paysage politique allemand déjà constaté en 2017, aucun parti ne dépassant les 30 % d’intentions de vote. 

Dès lors, une coalition à trois reste l’options la plus probable, parmi plusieurs scénarios :

  • Coalition feu tricolore (SPD, FDP et Verts) : si ces partis proches du centre peuvent trouver des compromis dans de nombreux domaines, leurs positions sur l’économie (le FDP s’oppose aux hausses d’impôts et à la pérennisation de la dette commune européenne prônées par le SPD et les Verts), pourraient compliquer les négociations. 
  • Grande coalition (CDU/CSU et SPD) : l’alliance, déjà au pouvoir entre 2005 et 2009 puis depuis 2013 est aujourd’hui impopulaire. Avec l’appui d’un troisième parti, les coalitions kenyane (CDU/CSU, SPD et Verts) ou allemande (CDU/CSU, SPD et FDP) n’auraient probablement pas de mal à obtenir une majorité, mais souffriraient du même problème.
  • Coalition noire-verte (CDU/CSU et Verts) : jamais réalisée au niveau fédéral, cette coalition est en place dans les Länder de Bade-Wurtemberg et de Hesse. Elle pourrait toutefois nécessiter l’appui des libéraux-démocrates du FDP pour atteindre la majorité.
  • Une coalition de gauche (SPD, Verts et Die Linke), déjà en place dans plusieurs Länder, n’est pas exclue par les candidats social-démocrate et écologiste. Elle pourrait néanmoins être handicapée par d’importantes divergences programmatiques, le parti de gauche radicale souhaitant notamment remettre en cause la relation transatlantique. 

Aucun scénario n’inclut l’AfD dans la future coalition, tous les autres partis ayant expressément exclu de gouverner avec elle.

Dans toutes ces configurations, le chancelier est traditionnellement le candidat du parti majoritaire au sein de la coalition.

Sources : Politico Poll of Polls / Directeur du scrutin fédéral allemand

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