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Election présidentielle 2022 : l’Europe comme opposition centrale entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen

Une confrontation entre europhiles et eurosceptiques pour ce second tour de l’élection présidentielle française de 2022. La presse revient sur les deux visions opposées de l’Europe que portent Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

Pour le second tour de l’élection présidentielle 2022, la presse française souligne une opposition entre proeuropéens et souverainistes incarnée par le duel Macron/Le Pen - Crédits : Parlement européen / Flickr CC BY 2.0 | Montage Toute l’Europe

Marine Le Pen l’eurosceptique, Emmanuel Macron l’europhile : l’Europe est un point de dissension entre les deux candidats à l’élection présidentielle”, résume France info. Pour l’ancien président du Conseil des ministres italien Enrico Letta, interrogé par le journal La Croix, ce duel constitue “un référendum binaire entre une candidate souverainiste nationaliste et un candidat proeuropéen”.

Même si “dans son programme présidentiel, Marine Le Pen ne fait plus mention d’une sortie de la France de l’Union européenne”, Les Echos analysent que son “programme radical” mènerait au “Frexit”. De son côté, Emmanuel Macron est un “candidat profondément européen” défendant “une Europe plus forte”, indique le média 20 Minutes.

Cette élection est aussi un référendum sur l’Europe

Mardi 12 avril, “le président candidat” Emmanuel Macron a tenu une “grande réunion publique en plein air à Strasbourg sur l’Europe”, rapporte Le Monde. Le quotidien relate qu’il y “a rendu hommage à la ville alsacienne, symbole de l’UE et de l’histoire du continent”. “Strasbourg est une capitale de l’Europe avec le Parlement et le Conseil de l’Europe”, a-t-il souligné.

Profitant de ce rassemblement, Emmanuel Macron a “accusé l’extrême droite française, et donc Marine Le Pen, d’être l’alliée de Viktor Orbán, Premier ministre hongrois, qui a justement apporté son soutien à la candidate du RN”, lit-on dans Le Point.

Le Figaro relève aussi qu’Emmanuel Macron a rappelé la mise en garde de François Mitterrand formulée devant le Parlement européen il y a 27 ans : “le nationalisme, c’est la guerre”. “L’Europe a manqué tant de fois de s’effondrer à cause des guerres fratricides entre nationalistes”, a insisté l’actuel président. La référence au chef d’Etat socialiste est faite dès le début du discours du candidat, perturbé par des militants “anarchistes”, “d’extrême droite et d’extrême gauche” selon lui, “qui tentent de l’empêcher de parler en l’invectivant” [Le Figaro]. Après leur évacuation rapide, M. Macron leur répond que “nous avons la chance de vivre dans une démocratie. Vous ne pourriez pas faire ça en Hongrie”, cite le quotidien.

Notre Europe c’est la paix, elle est en danger, celle que je défends, c’est celle que nous avons réformée en profondeur ces dernières années”, considère le président sortant pour qui “l’Europe c’est elle qui nous protège” [20 Minutes]. Le candidat de La République en Marche a lancé que “cette élection est aussi un référendum sur l’Europe”, fait savoir Le Point. D’après lui, Marine Le Pen veut en sortir mais “n’ose plus le dire” [France 24].

La primauté du droit français sur le droit européen pour Marine Le Pen

C’est totalement faux”, lui a-t-elle rétorqué au journal télévisé de 20 heures sur TF1. La candidate du Rassemblement national “a expliqué qu’elle ne souhaitait ni sortir de l’UE ni de l’espace Schengen, mais qu’elle voulait une modification de la Constitution pour y inscrire la supériorité du droit constitutionnel [français] sur le droit européen”, détaille Le Point. Néanmoins, comme l’explique la vice-présidente de l’institut Jacques-Delors Christine Verger pour Les Echos, le référendum que Marine Le Pen propose pour réviser la Constitution “est contraire aux traités [européens]” et “le fait même d’inscrire cette primauté nationale dans la Constitution est inconstitutionnel d’un point de vue européen”.

L’initiative de rétablir la primauté du droit national sur le droit européen “a déjà été prise par la Pologne, qui a été sanctionnée par la Commission européenne”, rappelle France info. Le média note également que la candidate du RN veut “baisser de 5 milliards d’euros la contribution de la France au budget européen”, qu’elle compte “rétablir le contrôle aux frontières” à l’intérieur de l’espace Schengen et qu’elle refuse le projet “d’Europe de la défense” porté par Emmanuel Macron.

Pour le président de la commission des Affaires étrangères à l’Assemblée nationale Jean-Louis Bourlanges (MoDem), cité par Les Echos, “Marine Le Pen a renoncé à une sortie officielle de l’Europe, mais son programme est tout simplement incompatible avec le maintien de la France dans l’Union”. “Je vais inscrire dans la Constitution une révision pour permettre la priorité nationale et qu’un certain nombre d’allocations soient réservées aux Français et qu’un certain nombre d’allocations contributives soient réservées aussi aux étrangers sur le territoire depuis au moins cinq ans”, a notamment affirmé Marine Le Pen sur TF1 au sujet de la mesure phare de son programme [Le Monde]. Une décision “incompatible avec les traités européens qui organisent la libre circulation des personnes et l’accès aux emplois dans tous les pays membres de l’Union”, précisent Les Echos. Et à en croire le président du Rassemblement national par intérim Jordan Bardella, interrogé sur France 2 mardi 12 avril, cette position vis-à-vis de l’UE est ferme : “on ne bougera pas”.

D’ailleurs si elle est élue, [Marine Le Pen] commencera par retirer le drapeau européen du fronton de tous les bâtiments officiels du pays. Le symbole est on ne peut plus clair” [Les Echos].

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