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Election présidentielle 2022 : l’essentiel en 5 questions

Les Françaises et les Français sont appelés aux bureaux de vote les 10 et 24 avril prochains. Candidats, contexte, rôle dans l’Union européenne… Retrouvez l’essentiel sur l’élection du prochain président de la République.

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Crédits : Laurence Soulez / iStock

Quand se déroule l’élection présidentielle ?

Le premier tour de l’élection présidentielle se déroule le dimanche 10 avril. Le second tour se tient deux semaines après, le dimanche 24 avril.

Les citoyens de certaines collectivités d’outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Barthélemy, Saint-Martin et Polynésie française) sont convoqués aux urnes les samedis 9 et 23 avril afin de tenir compte du décalage horaire avec l’Hexagone.

Une première estimation des résultats du second tour sera connue à 20h le soir du 24 avril. Le futur président de la République entrera en fonction au plus tard le 13 mai, dernier jour du mandat précédent.

Comment voter ?

Chaque électeur peut vérifier son inscription sur les listes électorales et trouver son bureau de vote sur le site officiel de l’administration française. Contrairement à une idée reçue, il n’est pas nécessaire de présenter une carte électorale avant de pouvoir glisser un bulletin dans l’urne mais une pièce d’identité est demandée.

Le gouvernement a fait savoir que les personnes malades du Covid-19 pourront se rendre dans les bureaux de vote. Il est fortement recommandé de porter un masque et de respecter les gestes barrières. Aucun pass vaccinal ou sanitaire ne sera demandé pour voter.

Si vous n’êtes pas présent à l’un ou l’autre des deux tours, il est possible de faire une procuration afin de désigner un électeur pour voter à votre place. Un service est disponible en ligne pour en faire la demande, il suffira ensuite de valider votre requête dans un commissariat ou une gendarmerie. Il est recommandé de réaliser cette démarche le plus tôt possible. Désormais, vous avez la possibilité de donner procuration à un électeur inscrit sur les listes électorales d’une autre commune que la vôtre.

Les Français de l’étranger doivent se renseigner auprès de chaque ambassade ou consulat afin de vérifier les modalités du scrutin. Des règles différentes s’appliquent pour les détenus jouissant encore de leurs droits civiques. Il est par exemple possible de voter en prison par correspondance.

Qui sont les candidats ?

12 candidats sont parvenus à recueillir les 500 parrainages nécessaires pour se présenter à l’élection présidentielle. Ces précieux sésames ont été validés par le Conseil constitutionnel le 7 mars. Nous classons les 12 prétendants de gauche à droite sur l’échiquier politique traditionnel.

A 52 ans, Nathalie Arthaud est la candidate du parti trotskyste Lutte ouvrière (LO). Arrivée avant-dernière en 2017 avec 0,6 % des voix, c’est la troisième fois que cette professeure en lycée professionnel sollicite les suffrages des électeurs à l’occasion d’une campagne présidentielle.

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Egalement candidat en 2012 et en 2017, Philippe Poutou mène sa troisième campagne. Chef de file du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), l’ancien ouvrier de Ford est aussi conseiller municipal à Bordeaux.

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Jean-Luc Mélenchon était arrivé en quatrième position en 2017 avec 19,6 % des voix. A 70 ans, le candidat de l’Union populaire sollicite une nouvelle fois les suffrages des électeurs. Ancien député européen (2009-2017), il est devenu député des Bouches-du-Rhône il y a 5 ans.

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A 52 ans, le secrétaire national du Parti communiste français (PCF) Fabien Roussel est pour la première fois candidat à l’élection présidentielle. Le député du Nord a été journaliste et assistant parlementaire.

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Initialement candidat à l’élection présidentielle de 2017, Yannick Jadot s’était retiré pour soutenir Benoît Hamon, le prétendant socialiste arrivé quatrième au premier tour (6,4 % des voix). Ancien directeur des campagnes de Greenpeace France, il est député européen Europe écologie – Les Verts (EELV) depuis 2009.

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Elue maire de Paris en 2014, Anne Hidalgo porte les couleurs du Parti socialiste (PS) à ce scrutin. D’origine espagnole, cette ancienne inspectrice du travail a occupé différents postes dans plusieurs cabinets ministériels entre 1997 et 2002, sous la cohabitation.

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Emmanuel Macron (La République en Marche) se représente pour un second mandat. Passé par l’inspection des Finances et la banque Rothschild, il avait été nommé ministre de l’Economie sous la présidence de François Hollande. Il avait recueilli 24 % des voix au premier tour de l’élection présidentielle en 2017.

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Présidente de la Région Île-de-France depuis 2015, Valérie Pécresse a remporté la primaire interne des Républicains (LR) en décembre 2021. Ancienne députée des Yvelines, elle a été plusieurs fois ministre pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy.

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A 66 ans, Jean Lassalle est député des Pyrénées-Atlantiques et avait obtenu 1,2 % des suffrages en 2017. Le candidat du mouvement Résistons ! est un ancien responsable du Mouvement démocrate (Modem) de François Bayrou et a été pendant plus de 40 ans maire de Lourdios-Ichère, une petite commune au sud de Pau.

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Nicolas Dupont-Aignan se présente pour la troisième fois à l’élection présidentielle, après avoir recueilli 1,8 % puis 4,7 % des voix en 2012 et 2017. Lors du précédent scrutin, il a soutenu Marine Le Pen au second tour. Député de l’Essonne depuis 1997, le fondateur de Debout la France (DLF) avait quitté l’Union pour un mouvement populaire (UMP) en 2007.

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Candidate du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen espère reproduire le résultat de l’élection de 2017. Au moins pour le premier tour, ayant été battue au second avec moins de 34 % des voix. Succédant à son père à la tête du Front national en 2011, elle est aujourd’hui députée du Pas-de-Calais et conseillère départementale de ce même département.

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A 63 ans, le polémiste d’extrême-droite Eric Zemmour fait campagne sous le drapeau d’un nouveau parti, Reconquête ! Longtemps journaliste au Figaro et notamment passé par les plateaux de France 2 et CNews, il se présente pour la première fois à une élection.

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Le mandat d’un président de la République dure 5 ans. Celui-ci est élu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours, c’est-à-dire que les deux candidats arrivés en tête au premier tour se qualifient pour le second. La personne qui reçoit la majorité absolue (plus de 50 % des suffrages exprimés) est alors élue.

Dans quel contexte se tient l’élection ?

Le prochain locataire de l’Elysée aura fort à faire, tant les enjeux sont nombreux. Plusieurs crises majeures se sont en effet chevauchées : après deux ans d’une pandémie qui a causé plus de 2,1 millions de décès en Europe, les sirènes de la guerre ont de nouveau retenti sur le continent avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie. “Les pays d’Europe occidentale redécouvrent qu’ils pourraient être victimes de la guerre”, nous résumait le géopolitologue Pascal Boniface dans une interview.

Face à ces nouveaux défis, le paysage de l’Union européenne est différent de celui de la précédente élection présidentielle en 2017. Les Vingt-Sept ont brisé de nombreux tabous, suspendant par exemple les règles budgétaires restrictives pour permettre aux Etats membres de soutenir les ménages et les entreprises en pleine pandémie de Covid-19. Mais aussi en mettant sur pied en 2020 un plan de relance inédit doté de 750 milliards d’euros, fondé sur un endettement commun à l’échelon européen. Et dans le cadre du conflit en Ukraine, l’UE a pour la première fois financé l’achat et la livraison d’armes en soutien à un pays en guerre.

Aussi, le défi posé par le changement climatique est peut-être passé sous les radars ces derniers mois, mais l’urgence est toujours là. “Tout retard dans l’action mondiale concertée nous ferait perdre un temps précieux et limité pour instaurer un avenir viable”, estimait le climatologue et coprésident d’un groupe de travail du Giec Hans-Otto Pörtner en février 2022. Le nouveau rapport publié ce même mois pointait en particulier les menaces sur l’alimentation, l’approvisionnement en eau, la santé humaine ou les côtes maritimes dues au changement climatique. Au mois d’avril, le groupe de travail des Nations Unies doit publier le troisième volet de ce document concernant les solutions à mettre en place pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Quel rôle joue le président français sur la scène européenne ?

Deuxième puissance économique du continent, la France peut être considérée comme un “moteur” de la construction européenne. Pays fondateur des Communautés européennes et seul Etat membre de l’UE à détenir une dissuasion nucléaire, sa voix porte sur le Vieux Continent. Avec 79 eurodéputés au Parlement européen, la France possède la seconde délégation nationale après l’Allemagne dans l’hémicycle de Strasbourg.

Au sein de l’UE, le président français siège au Conseil européen avec les vingt-six autres chefs d’Etat et de gouvernement. Cette institution impulse les politiques et les orientations générales de l’Union européenne. Pour rappel, c’est la Commission européenne qui a l’initiative législative et qui propose des directives ou des règlements. Le Parlement européen et le Conseil de l’UE, colégislateurs, doivent ensuite trouver un accord sur ces textes. Et sur le plan intérieur, c’est le locataire de l’Elysée qui désigne les ministres, lesquels iront ensuite siéger dans chaque formation du Conseil de l’UE, l’institution représentant les Etats membres.

Les ministres français auront d’ailleurs un rôle clé à jouer après l’élection. Celle-ci se déroule en effet en pleine présidence française du Conseil de l’UE (ou PFUE, de janvier à juin 2022). Le rôle de Paris est d’élaborer des compromis susceptibles de résoudre les problèmes politiques entre les gouvernements des 27 Etats membres ou bien entre ces derniers et les eurodéputés pour faire avancer la législation européenne. Les nouveaux ministres arrivés au mois de mai devront donc assumer cette présidence en poursuivant le travail au sein de chaque Conseil, qu’ils présideront jusqu’à fin juin.

Le président de la République, réélu ou nouvellement élu, comme les ministres du gouvernement auront toutefois peu de marge de manœuvre pour infléchir le déroulé de la PFUE. Ils hériteront ainsi des dossiers déjà en route dans le circuit institutionnel de l’UE : mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, directive sur les salaires minimums, législation sur les services numériques… et devront aboutir à des compromis sur ces textes.

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