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Covid-19 : confinée, la France se met au diapason européen

Après avoir mis en œuvre pendant plusieurs mois une politique plus souple que les autres Etats membres, Emmanuel Macron s'est résolu mercredi 31 mars à instaurer lui aussi un confinement national. Un revirement diversement analysé et apprécié dans la presse européenne.

La fermeture des écoles pour une durée de trois semaines compte parmi les principales mesures prises par Emmanuel Macron le mercredi 31 mars - Crédits : Alphotographic / iStock
Suite aux annonces faites par Emmanuel Macron le 31 mars, les crèches et écoles françaises fermeront leurs portes pendant trois semaines - Crédits : Alphotographic / iStock

La France mise en mode pause”, titre Le Temps. Mercredi 31 mars, “plus d’un an après avoir annoncé le premier confinement du pays, le président de la République a annoncé aux Français lors d’une allocution télévisée, mercredi 31 mars, le retour de cette chape de plomb pour une troisième édition afin de contrer l’épidémie de Covid-19″, rapporte Le Monde.

Emmanuel Macron, qui jusqu’ici privilégiait l’option de confinements locaux, s’est donc résolu à passer à la vitesse supérieure. “Les mesures de freinage, qui concernaient jusqu’alors seulement 19 départements”, s’appliqueront désormais “à tout le territoire (à l’exception de l’Outre-mer) à partir de samedi [3 avril]” [France Inter]. Concrètement, les “commerces non essentiels seront donc fermés dans l’ensemble de la France” [Midi-Libre] et tous les Français seront soumis à “l’interdiction de se déplacer à plus de 10 km” de chez eux, sauf motifs impérieux [France 24].

Changement de doctrine

Autre décision majeure annoncée par le chef de l’Etat mercredi soir, “les [crèches et les] écoles resteront fermées à partir de vendredi, avant une semaine de distanciel, deux semaines de vacances pour tous puis une reprise progressive”, résume Le Parisien.  Une mesure “redoutée par les parents”, dont beaucoup devront concilier garde des enfants et télétravail, souligne le quotidien. Mais aussi une mesure chargée de sens politiquement, tant le chef de l’Etat avait fait du maintien des écoles ouvertes un marqueur symbolique.

La presse européenne ne manque pas de pointer ce revirement : “La fermeture des écoles, creusets de la République” marque “la fin de l’exception française”, observe El Mundo, cité dans le Courrier international. Le quotidien espagnol explique par ailleurs que Paris avait jusqu’ici repoussé l’échéance en partie pour éviter “un effet immédiat sur l’économie […] car tout le monde n’a pas la possibilité de télétravailler […] d’autant plus que la France est le pays européen où le pourcentage de femmes actives est le plus élevé et où le pourcentage de familles monoparentales est l’un des plus élevés.

Restrictions renforcées en Europe

La stratégie française semble donc se rapprocher de celle de ses voisins. Et de fait, la situation épidémique du continent est considérée comme “la plus inquiétante” au monde par l’OMS [AFP]. De quoi pousser les capitales européennes à “un nouveau tour de vis pour tenter d’endiguer la troisième vague de l’épidémie”, titre Le Monde. Ces derniers jours, celles-ci ont pris des mesures “ciblant en priorité les déplacements, mais aussi les écoles et les commerces”, poursuit le journal. Ainsi, l’Italie, l’Allemagne et l’Espagne ont renforcé les restrictions de déplacement pour se rendre sur leur territoire, tandis que l’Autriche a décrété “un nouveau confinement” dans “trois régions de l’Est à partir du 1er avril”, rapporte RFI.

A la une des journaux européens, ce troisième confinement français suscite de nombreux commentaires. De l’autre côté de la Manche, le Guardian rappelle qu’Emmanuel Macron avait “rejeté les recommandations des scientifiques qui l’incitaient à décréter un nouveau confinement au mois de janvier dernier, confinement auquel il avait préféré l’option du couvre-feu”. Hugh Schofield, correspondant de la BBC à Paris, estime que “le président s’est déjugé” [Courrier international] et a ainsi “ouvert une brèche dans laquelle il est facile pour les oppositions de s’engouffrer”.

De son côté, Le Temps offre une analyse plus tempérée de ce revirement de l’Elysée, qualifié de “demi-échec”, tandis que Joëlle Meskens souligne pour Le Soir que le président français s’est refusé à tout “mea culpa”, “lui qui, il y a un mois, promettait assez imprudemment pour la mi-avril le retour à une vie ‘plus normale’ “. L’échéance est donc repoussée mais demeure. France Culture rapporte ainsi qu’Emmanuel Macron “se risque à donner un nouvel horizon aux Français” en affirmant que “grâce à la vaccination, dès la mi-mai”, le “bout du tunnel” sera atteint avec la “réouverture progressive de la culture, du sport et des restaurants”.

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