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Allemagne : duel entre conservateurs pour la succession d'Angela Merkel

Le président de la CSU bavaroise Markus Söder et celui de la CDU Armin Laschet ont tous deux annoncé dimanche qu’ils briguaient le rôle de chef de file des conservateurs aux prochaines élections législatives. La politique sanitaire, qu’Angela Merkel a récemment annoncé vouloir durcir, pourrait jouer un rôle central dans cette course à l’investiture.

Les deux "partis-frères" ont tenu une conférence de presse hier en fin d'après-midi. Plusieurs réunions sont prévues cette semaine afin de départager les deux candidats
Les deux “partis-frères” ont tenu une conférence de presse hier en fin d’après-midi. Plusieurs réunions sont prévues cette semaine afin de départager les deux candidats - Crédits : Compte twitter CDU/CSU @cducsubt

Dans cinq mois, Angela Merkel tirera son ultime révérence à la tête de l’Allemagne”, rappelle La Croix. Qui pourrait lui succéder pour diriger le pays ? “Après des semaines d’atermoiement” [Le Figaro], deux prétendants à la chancellerie se sont officiellement déclarés ce dimanche 11 avril pour briguer l’investiture des conservateurs pour les prochaines législatives. Il s’agit d’Armin Laschet, le président de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), et de Markus Söder, le chef de file de l’Union chrétienne-sociale (CSU).

Un rapport de force inégal

A cinq mois et demi des élections législatives du 26 septembre, “le nouveau patron du parti conservateur, Armin Laschet semble tout désigné pour succéder à la chancelière” [La Croix]. Bien qu’il soit “à la traîne dans les sondages” [Le Figaro], le chef de la CDU peut compter sur un rapport de force arithmétique : “la CSU bavaroise [ne] représente que 20 % des voix au Bundestag face au parti de Merkel” [Le Figaro]. En effet, le candidat à la chancellerie provient généralement des rangs de la CDU, plus puissante au niveau national. La formation bavaroise n’a d’ailleurs “représenté qu’à deux reprises le camp conservateur tout entier aux élections, avec deux échecs à la clé”, note 20 Minutes.

C’est donc une forme de “pari” [Le Monde] pour Markus Söder. Le ministre-président de Bavière s’est “forgé […] une incontestable stature de potentiel chancelier”, poursuit le journal, en cultivant l’image d’un homme fort et prônant “des restrictions strictes” face à la pandémie. “Si la CDU y est prête et veut me soutenir, alors je me tiens à sa disposition”, a déclaré hier le quinquagénaire [Les Echos]. Si elle ne le veut pas, le travail commun se poursuivra sans ressentiment”, a-t-il ajouté, rapporte Pierre Avril pour Le Figaro.

Face à la crise du Covid-19, son concurrent Armin Laschet a adopté “des positions beaucoup plus fluctuantes”[Le Monde], au point d’être brièvement critiqué par la chancelière à la télévision. Après avoir milité jusqu’à présent pour un assouplissement des contraintes sanitaires, “sa récente proposition d’un verrouillage strict mais bref pour juguler la troisième vague de contaminations a suscité critiques voire ricanements” [20 Minutes]. Il a toutefois obtenu “l’approbation d’Angela Merkel et de ses députés” relaie le Frankfurter Allgemeine Zeitung. Ainsi, “les dés sont jetés” selon l’éditorialiste du journal conservateur, pour qui Markus Söder “ne devrait plus être un obstacle pour Armin Laschet”.

Si la décision finale devrait être connue “dans les deux prochaines semaines”, d’après le chef de la fraction CSU au Parlement, Alexander Dobrindt, cité par Le Figaro, “le camp Laschet fait apparemment pression pour un accord encore plus rapide”, rapporte le Süddeutsche Zeitung. L’objectif des proches du prétendant de la CDU est de “devancer la nomination” du candidat des Verts annoncée pour le 19 avril, poursuit le quotidien libéral.

Les partis se préparent

Leur face-à-face désormais frontal en dit long sur la crise de leadership que traverse le camp conservateur”, explique Le Monde. La droite allemande essuie en effet une pluie de critiques, alors que l’avance de la CDU-CSU “a fondu ces dernières semaines” dans les sondages [Ouest-France]. Plusieurs élus de la coalition ont notamment été “accusés d’avoir touché de juteuses commissions pour avoir servi d’intermédiaires entre des fabricants de masques et les autorités” [Le Monde]. Au-delà des sondages et des affaires, le parti d’Angela Merkel a également “subi coup sur coup des revers électoraux dans le Bade-Wurtemberg et en Rhénanie-Palatinat à la mi-mars” [La Croix].

Lors des prochaines élections législatives, le camp conservateur devra notamment faire face aux Verts, “crédités de 20 % d’intention de vote” là où la coalition CDU/CSU atteint entre 26 et 28,5 %, soit beaucoup moins que les “40 % d’intentions de votes” de l’an dernier, poursuit le quotidien. De son côté, le parti d’extrême-droite AfD a finalisé hier son programme, “axant sa campagne sur la fin des restrictions liées à la pandémie, une ligne plus ferme sur l’immigration et une sortie de l’Union européenne” [La Tribune de Genève]. Quant aux sociaux-démocrates, “ils ont désigné leur candidat il y a de cela déjà plusieurs mois, en nommant l’actuel ministre des finances, Olaf Scholz” [La Croix].

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