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Allemagne : après son élection, les défis du chancelier Olaf Scholz

Le dirigeant social-démocrate a été investi chancelier mercredi 8 décembre, tournant la page des seize années au pouvoir d’Angela Merkel. A la tête d’une coalition inédite, les défis ne manqueront pas pour le nouveau dirigeant, notamment au niveau européen.

Olaf Scholz a prêté serment devant la présidente du Bundestag Bärbel Bas
Olaf Scholz a prêté serment devant la présidente du Bundestag Bärbel Bas - Crédits : Henning Schacht / Deutscher Bundestag

Une nouvelle ère commence en Allemagne”, affirme Die Zeit. C’est en effet “sans suspens” [Arte] qu’Olaf Scholz a été élu chancelier, mercredi 8 décembre. “Dans un hémicycle plein à craquer, et en présence de personnalités comme ses deux prédécesseurs, Angela Merkel et son ‘camarade’ du SPD Gerhard Schröder, le social-démocrate de 63 ans a reçu le soutien de 395 des 736 députés du Bundestag”, rapporte le journal suisse Le Temps.

Olaf Scholz, “un homme que ni la plupart des sociaux-démocrates ni la majorité du pays n’attendaient”, selon Die Zeit, a ensuite été “formellement nommé par le président Frank-Walter Steinmeier et a prêté serment à midi” [Les Echos]. Promettant un “nouveau départ” pour l’Allemagne [RFI], l’ancien ministre des Finances a salué Angela Merkel, la remerciant “chaleureusement pour [son] travail depuis seize ans”.

Coalition feu tricolore

Le nouveau chancelier allemand est désormais “attendu au tournant”, estiment Les Echos. A la tête d’ ”un attelage inédit formé avec les Verts et les Libéraux du FDP” [Ouest-France], Olaf Scholz “va devoir remettre le pays en mouvement”, considère pour sa part Le Monde dans un éditorial.

Il peut déjà s’appuyer sur “une première victoire”, poursuit le journal. “A ceux qui craignaient que les tractations ne traînent en longueur – voire qu’elles échouent – en raison des fortes divergences existant entre les programmes des trois formations, le nouveau chancelier a montré que leur scepticisme était infondé”, ne mettant que deux mois pour former un nouveau gouvernement, contre six pour Angela Merkel lorsqu’elle avait remporté les élections fédérales de 2017.

Aujourd’hui, “si les trois portefeuilles les plus importants sont occupés par des hommes - la chancellerie revient à Olaf Scholz, le super-ministère de l’Economie et du Climat à l’écologiste Robert Habeck, par ailleurs vice-chancelier, et les Finances au libéral Christian Lindner -, les femmes occupent des postes ministériels de premier ordre”, remarque La Croix. Ancienne cheffe de file des Verts lors des élections fédérales de septembre, Annalena Baerbock accède ainsi au poste de ministre des Affaires étrangères. “Les deux sociales-démocrates Christine Lambrecht et Nancy Faeser” seront quant à elles en charge de la Défense et de l’Intérieur, fait savoir La Libre.

Quant au ministère de la Santé, un portefeuille particulièrement central dans le contexte du Covid-19, il revient aussi à un social-démocrate, Karl Lauterbach, “épidémiologiste qui se fait entendre et qui divise” [Euractiv]. “Au cours des 18 derniers mois, M. Lauterbach a polarisé le public allemand en apparaissant constamment dans des émissions de débat et des interviews afin de mettre en garde contre les vagues de pandémie à venir et d’appeler à des mesures fermes et ambitieuses”, relate le média.

Sur le plan intérieur, plusieurs chantiers d’ampleur attendent la coalition feu tricolore, tels que “la transition énergétique, avec la promesse de sortir du charbon, ‘idéalement’ dès 2030, soit huit ans plus tôt que prévu” [Le Monde]. Parmi les grands dossiers du nouveau gouvernement se trouvent aussi “des défis sociétaux, comme la réduction des inégalités, qui se sont fortement creusées, ou la sauvegarde de l’ordre démocratique, dans un pays qui s’est longtemps cru immunisé contre le retour de l’extrême droite et où celle-ci a commis plusieurs attentats terroristes ces dernières années”, note Le Monde.

Les enjeux européens de la coalition

Les défis ne manquent pas non plus sur la scène européenne. “Le contrat de coalition affiche une ambition européenne et une volonté de relancer le dialogue franco-allemand bien plus affirmées que celles portées ces dernières années par Angela Merkel et la CDU”, le principal parti conservateur, analysait Le Figaro la veille de l’élection d’Olaf Scholz.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil, Charles Michel, ont félicité mercredi [8 décembre] le nouveau chancelier allemand”, fait d’ailleurs savoir France 24. De son côté, “le président français Emmanuel Macron a promis à Olaf Scholz d’écrire ‘la suite ensemble​’ “, relate Ouest-France. Le chancelier se rend à Paris ce vendredi 10 décembre afin de rencontrer son homologue.

Si le social-démocrate “n’est pas forcément francophile ou francophone, il s’est bien entouré dans les ministères clés”, estime Europe 1. “Les secrétaires d’Etat qui ont été placés à l’Economie et aux Affaires étrangères sont des personnalités très pro-européennes, qui connaissent très bien les dossiers français”, relève la station de radio.

Sur le fond, le nouveau gouvernement semble plus proche de la France, mais en y regardant de plus près, on se rend vite compte que les réponses concrètes aux défis de l’avenir vont souvent dans des directions opposées”, considère cependant le quotidien allemand Die Welt. Et le journal de citer en exemple la politique économique : “Paris dépend jusqu’à nouvel ordre d’une politique monétaire expansive et souple de la Banque centrale européenne, ce qui ne plaira pas au ministre allemand des Finances Christian Lindner”. Autre thème, “alors que Paris se montre très critique sur le gazoduc Nord Stream 2 qui relie la Russie au nord de l’Allemagne, celle-ci a jusqu’ici préféré maintenir le dialogue avec Moscou pour éviter toute escalade” [Les Echos].

Au vu des défis qui attendent [Olaf Scholz] et des espoirs qu’il a suscités, les quatre années qu’il a devant lui risquent de passer très vite”, conclut Le Monde.

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