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Vaccins contre le Covid-19 : l'Autriche sème le trouble dans la stratégie européenne

Jeudi 1er avril, les Vingt-Sept sont difficilement parvenus à un accord sur la répartition de 10 millions de doses additionnelles produites par Pfizer/BioNTech. Si la plupart d’entre eux ont accepté de faire preuve de solidarité envers cinq Etats membres en difficulté dans leurs campagnes de vaccination, d’autres, comme l’Autriche, ont insisté pour préserver leur approvisionnement. 

Plusieurs négociateurs ont souligné "l'égoïsme" du gouvernement de Sebastian Kurz lors des débats
Plusieurs négociateurs ont souligné “l’égoïsme” du gouvernement de Sebastian Kurz (ici le 25 mars dernier) - Crédits : Dragan Tatic / Conseil européen

La solidarité ne va pas encore de soi dans l’Union européenne”, déplore ce matin le magazine Challenges, au lendemain de “longues et ardues négociations” entre Européens au sujet de la répartition de doses du vaccin Pzifer/BioNTech. A l’origine de la querelle, la décision des deux laboratoires partenaires d’accepter de “livrer en avance une partie des doses promises à l’Union européenne pour le deuxième trimestre 2021″, précise le Journal du Dimanche. Un lot de 10 millions de doses du premier vaccin autorisé dans l’UE pour lequel “les Etats membres se sont déchirés” [Le Monde].

Au cours des discussions, la présidence portugaise du Conseil a émis une “proposition de compromis” qui “prévoyait une répartition au prorata de la population pour 7 millions de doses et de réserver 3 millions de doses à répartir parmi les cinq pays en difficulté”, à savoir la Bulgarie, la Croatie, l’Estonie, la Lettonie et la Slovaquie [Le Monde]. Or, trois Etats membres, l’Autriche, la Slovénie et la République tchèque, “se sont affranchis de toute solidarité, exigeant de recevoir leur strict prorata des 10 millions de vaccins”, complète Challenges.

Jeudi 1er avril, les Autrichiens ont finalement récupéré environ 60 000 doses supplémentaires dans l’accord auquel sont parvenus les ambassadeurs des Etats membres auprès de l’UE, après “deux jours de négociations” [Le JDD]. Si la majorité de la presse française souligne “l’intransigeance” du chancelier autrichien Sebastian Kurz, Politico met en avant la “faute” de Vienne. 

Pour le média spécialisé dans l’actualité européenne, le gouvernement autrichien, qui a longtemps critiqué la stratégie vaccinale de la Commission , ne peut s’en prendre qu’à lui-même. A l’origine, il avait en effet “refusé d’acheter la totalité des doses qui lui étaient attribuées dans le cadre du programme commun d’achat de vaccins de l’UE”. La position du chancelier a semble-t-il beaucoup agacé ses homologues. “Certains négociateurs européens ont regretté l’égoïsme de l’Autriche”, souligne Le JDD. “Il a lancé cette campagne en demandant plus de solidarité et l’a terminée en refusant la solidarité aux autres”, tacle quant à lui un diplomate bruxellois, cité par Politico.

Spoutnik V : l’autre carte de la stratégie vaccinale autrichienne 

Ce nouvel épisode témoigne des tensions croissantes en Europe à la suite des retards pris par le laboratoire AstraZeneca dans ses livraisons, sur lesquelles de nombreux Etats membres avaient misé. Entre le laboratoire suédo-britannique et les Européens, “la méfiance est à son comble”, écrit à ce propos Le Monde. Désormais, Sebastian Kurz fait ainsi “feu de tout bois pour tenter de récolter le plus de doses de vaccins [Pfizer et Spoutnik V] possible”, commentait hier Emmanuel Berreta dans Le Point.

Le vaccin Pfizer/BioNTech„ autorisé dans l’UE dès la fin du mois de décembre 2020, et délaissé dans un premier temps par certains pour son prix plus élevé -12 € contre 1,78 € pour AstraZeneca- , reste “le plus largement diffusé dans les États membres de l’Union européenne, avec 67 % des doses distribuées”, souligne Ouest-France. “Viennent ensuite le vaccin d’AstraZeneca (23 %) et celui de Moderna à 8 %”, complète le quotidien régional. 

Spoutnik V, produit par la Russie, ne devrait quant à lui pas être disponible “avant la fin du mois de juin”, a fait savoir le secrétaire d’Etat aux affaires européennes Clément Beaune, devant une commission sénatoriale [20 minutes]. Pour les médias russes, Bruxelles rejette ce vaccin en raison de “préjugés politiques”. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian considère pour sa part “davantage Spoutnik comme un outil de propagande et de diplomatie agressive’, plutôt qu’une aide sanitaire”, rapporte France info. De son côté, Vienne compte pour sa part se dispenser de l’avis de l’Agence européenne des médicaments, et acheter des doses russes. “Nous sommes dans les derniers mètres et nous passerons commande probablement la semaine prochaine”, a d’ailleurs déclaré mercredi le chancelier autrichien.

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