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Vaccination contre le Covid-19 : la Commission européenne réoriente sa stratégie

Alors que la barre des 100 millions d’injections a été franchie dans l’Union européenne mercredi 14 avril, la Commission européenne ajuste sa stratégie d’achat, jusqu’ici diversifiée. Face aux craintes suscitées par les effets secondaires générés par les vaccins AstraZeneca et Johnson&Johnson, l’exécutif européen se tourne désormais plus massivement vers le laboratoire BioNTech/Pfizer, qui devrait livrer d’importants stocks dans les semaines à venir.

Mercredi 14 avril, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé un réajustement de la stratégie européenne en faveur des vaccins à ARN messager - Crédits : Etienne Ansotte / Commission européenne
Mercredi 14 avril, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé un réajustement de la stratégie européenne en faveur des vaccins à ARN messager - Crédits : Etienne Ansotte / Commission européenne

“Je suis heureuse de pouvoir annoncer que nous avons aujourd’hui franchi le cap des 100 millions de vaccinations dans l’UE” [RTL]. Cette déclaration d’Ursula von der Leyen, qui s’est exprimée mercredi 14 avril sur la stratégie vaccinale de la Commission , témoigne d’une réalité : “la vaccination a nettement accéléré ces dernières semaines au sein des pays de l’Union européenne” [Sud Ouest], faisant de l’Europe l’une des puissances “les plus avancées au monde”, note Le Figaro. Néanmoins, le journal nuance ce constat optimiste en rappelant que l’Union “reste dans l’ombre de pays comme Israël, le Royaume-Uni et les États-Unis”, encore plus efficaces en la matière.

Nouvelles commandes Pfizer/BioNTech

Au-delà du bilan chiffré, l’intervention de la présidente de la Commission marque  également  un tournant notable dans la doctrine européenne en matière de vaccination. “Dans la lutte contre la pandémie, l’UE a choisi son camp […], celui des vaccins à ARN messager”, à savoir les vaccins Pfizer/BioNTech et Moderna, résume Politico. La présidente de l’exécutif européen a en effet “annoncé que Pfizer-BioNTech [allait] augmenter ses livraisons à l’Union européenne : 50 millions de doses supplémentaires devraient être livrées au deuxième trimestre, soit 250 millions de doses au total ” [Le Parisien]. A plus long terme encore, “l’Union européenne est par ailleurs en négociation avec Pfizer-BioNTech pour obtenir 1,8 milliard de doses de vaccin contre les variants du coronavirus pour 2022 et 2023″, poursuivent Les Echos.

Un réajustement significatif pour l’Union européenne car jusqu’ici, “l’Europe avait fait un pari”, celui du “panachage des commandes entre les différents vaccins pour être sûr d’en recevoir assez et de ne pas passer à côté des meilleurs”, rappelle Dominique Seux dans son éditorial sur France Inter. Avec cette nouvelle stratégie communiquée hier, “l’Europe fait désormais le tri”, poursuit-il, et se concentre sur “ceux qui marchent le mieux”.

Premier avantage de ces vaccins avancé par le quotidien espagnol El País : “leur capacité à s’adapter aux nouveaux variants du coronavirus”. La nouvelle commande lancée par l’exécutif européen porte en effet sur “des vaccins de deuxième génération, adaptés aux variants, et ce que l’on appelle les ‘boosters’, des doses de rappel à peut-être injecter cet automne”, appuie Dominique Seux. Le Monde souligne qu’ils permettront donc “d’anticiper […] l’émergence de variants contre lesquels les vaccins actuellement administrés pourraient s’avérer impuissants, ce qui exigerait des formules modifiées en conséquence.”

La fin de la stratégie d’achats diversifiés ?

Avec ces annonces, Ursula von der Leyen entend donc à la fois maintenir ce rythme de vaccination élevé, mais aussi protéger les Européens des potentiels effets secondaires néfastes. Deux vaccins sont particulièrement visés par cette mesure : ceux d’AstraZeneca et de Johnson&Johnson. “La Commission européenne ne devrait pas renouveler l’année prochaine ses contrats d’approvisionnement en vaccins contre le Covid-19″ produits par ces deux laboratoires, avance Marianne, relayant une information du quotidien italien La Stampa.

Pour la RTBF, cette décision aurait été prise “en réaction aux incertitudes [entourant] les livraisons”, mais aussi en raison de “l’apparition de cas sévères de thrombose chez des sujets ayant reçu une dose du vaccin AstraZeneca”. Des effets secondaires graves qui ont même poussé le Danemark à abandonner hier définitivement son usage, “une première en Europe”, notent Les Echos. Le laboratoire Johnson&Johnson a quant à lui “indiqué avoir pris la décision de retarder le déploiement de son vaccin unidose contre le Covid-19 en Europe après la décision des autorités sanitaires américaines de recommander ‘une pause’ dans son utilisation aux États-Unis” [BFMTV]. Libération rappelle que ces dernières ont en effet suspendu son usage mardi 13 avril après que “six cas graves de caillots sanguins ont été rapportés aux États-Unis sur les 6,8 millions de doses distribuées du vaccin Johnson & Johnson”.

Ces complications ont poussé la présidente de la Commission européenne à la prudence en déclarant que “plusieurs facteurs pouvaient encore perturber le calendrier de livraison des vaccins” [Politico]. Des craintes suffisantes pour pousser le porte-parole du Parti populaire européen (PPE) au Parlement européen, Peter Liese, à se ranger du côté de la nouvelle stratégie vaccinale de la Commission et à prophétiser dans les colonnes du média spécialisé dans l’actualité européenne : “Le futur appartient aux vaccins à ARN messager”.

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