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[Revue de presse] Roms : La France à nouveau dans le collimateur de Bruxelles

Viviane Reding a tenu ses promesses. Alors qu'en 2010, la commissaire européenne avait averti que "la France resterait sous surveillance", les propos du ministre français de l'Intérieur, jugeant que les Roms sont majoritairement incapables de s'intégrer et devront donc être reconduits dans leur pays, ont une nouvelle fois "irrité" Bruxelles [Les Echos].

Roms (c) Europa)

Pourquoi la Commission européenne sermonne la France ? “Le gouvernement français semble avoir oublié que la Roumanie et la Bulgarie, pays d’origine des Roms se trouvant en France, sont aussi membres de l’Union (depuis 2007) ce qui donne à leurs citoyens, fusent-ils issus d’une minorité maltraitée, des droits garantis par les traités” , explique Jean Quatremer dans Libération.

“Comme un air de déjà-vu” : Le Figaro rappelle qu’ “entre Paris et Bruxelles, la guerre des Roms a déjà eu lieu” . A l’automne 2010, la Commission européenne avait menacé Paris de sanctions afin de mettre fin aux expulsions de Roms sous la présidence de Nicolas Sarkozy. La France s’était alors engagée à modifier sa législation “afin de mieux appliquer la loi européenne” . Le 19 octobre, la Commission avait ainsi renoncé à ouvrir une procédure d’infraction contre la France, jugeant “suffisantes” les garanties apportées par Paris.

Cette fois la réponse de la commissaire européenne à la Justice et aux droits fondamentaux a été ferme, “même si elle n’a pas, comme il y a trois ans, comparé les expulsions de Roms aux déportations de la seconde guerre mondiale” [Le Monde]. Celle-ci a rappelé que, sur les sept dernières années, l’Union a mis à la disposition des États 50 milliards d’euros pour aider à l’intégration des personnes défavorisées, dont les Roms. La France, à elle seule, aurait pu utiliser 4 milliards d’euros : “Nous avons mis l’argent sur la table. Il pourrait servir aux maires et je vois que cet argent n’est pas utilisé” , a déploré Mme Reding, regrettant l’absence de “projet d’insertion” .

Face aux critiques de Bruxelles, le ministre de l’Intérieur campe sur ses positions. En réaction, il a estimé hier qu’il n’avait “rien à corriger” à ses propos de la veille sur les Roms qui, selon lui, ne sont qu’une minorité à vouloir s’intégrer en France [Les Echos].

Pourtant, la Commission agite bel et bien des sanctions et entend jouer son rôle de gardienne des traités. Elle se dit ainsi prête à poursuivre la France si elle ne respecte pas les droits des Roms ou si elle prend des mesures d’expulsion collective expressément interdites. “Si ces principes inscrits dans les traités ne sont pas respectés, la Commission utilisera tous les moyens à sa disposition” , a clairement menacé le porte parole de la Commission, Olivier Bailly [Libération].

Dans un rapport rendu public hier, Amnesty International a assuré que le nombre de Roms expulsés de France est “en augmentation et des records ont été atteints pour l’année 2012 et l’été 2013” . Bruxelles pourrait avoir à réitérer ses menaces face à la tournure que semblent prendre les campagnes pour les municipales et les européennes [Les Echos].

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