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[Revue de presse] Passe d'armes entre Londres et Bruxelles autour du vaccin AstraZeneca

Ce samedi 20 mars, la Commission européenne a menacé de bloquer les exportations du vaccin AstraZeneca depuis l’Union européenne vers le Royaume-Uni. Un nouvel épisode des tensions accumulées entre les deux parties.

Samedi 20 mars, dans une interview, Ursula von der Leyen s'est déclarée prête à bloquer les exportations du vaccin AstraZeneca à destination du Royaume-Uni
Samedi 20 mars, dans une interview, Ursula von der Leyen s’est déclarée prête à bloquer les exportations du vaccin AstraZeneca à destination du Royaume-Uni - Crédits : Etienne Ansotte / Commission européenne

Les évènements des derniers jours ont marqué “une nouvelle étape dans le conflit qui oppose l’Union européenne et AstraZeneca” , relèvent Les Echos. C’est lors d’une interview à des médias allemands samedi que la présidente de la Commission européenne “a menacé de bloquer les exportations du vaccin AstraZeneca si l’UE ne recevait pas d’abord ses livraisons” , rapporte La Croix. Une “option” parmi d’autres pour Ursula von der Leyen, qui souhaite avant tout envoyer un “message” au laboratoire anglo-suédois : “respectez votre contrat avec l’Europe avant de commencer à livrer d’autres pays” [Les Echos].

La menace vise tout particulièrement une usine basée à Leyde, aux Pays-Bas, qui fournit des vaccins AstraZeneca aussi bien à la Grande-Bretagne qu’à l’Union européenne. Elle fait suite aux retards répétés de livraisons de la part du groupe : “70 millions de doses de son vaccin” [Le Monde] sont attendues au deuxième trimestre, “beaucoup moins que les 180 millions promis dans le contrat signé avec l’UE” . A ce jour, les pays de l’Union en ont reçu environ 30 millions, “contre 90 millions prévus” , poursuit le quotidien. La Commission a également envoyé une lettre au groupe pour se plaindre de la situation.

La réponse des autorités britanniques ne s’est pas fait attendre. Le ministre de la Défense du Royaume-Uni Ben Wallace a répondu le lendemain sur la BBC que tenter “de construire des murs ne ferait que nuire à la fois aux citoyens de l’UE et au Royaume-Uni” . M. Wallace a également assuré sur une autre chaîne qu’une telle décision de la part des pays de l’Union serait “contreproductive” [Daily Mail], ajoutant que “la seule chose que nous savons sur la production et la fabrication de vaccins, c’est qu’il s’agit d’une collaboration” .

Absence de réciprocité

Une collaboration visiblement soumise à quelques difficultés. Ursula von der Leyen pointe ainsi du doigt l’absence de “réciprocité” [Europe 1] entre les deux partenaires. Deux usines situées sur le territoire britannique, et “exploitées par Oxford Biomedica et Cobra Biologics, sont aussi désignées comme fournisseurs” de l’Union européenne dans le contrat signé avec AstraZeneca [La Tribune]. Pour autant, “aucune dose de vaccin n’a jusqu’à présent été acheminée de Grande-Bretagne vers l’UE malgré les demandes de Bruxelles” , selon l’agence Reuters citée par le quotidien économique.

A l’inverse, “les usines de vaccins installées dans l’Union européenne ont, elles, exporté 10 millions de doses de l’autre côté de la Manche” [Europe 1]. Ainsi, “la frustration à l’égard de Londres s’est accrue dans les capitales européennes alors que la campagne de vaccination du Royaume-Uni a bénéficié d’un approvisionnement régulier de la part d’AstraZeneca” , remarque The Irish Times.

Du côté du continent, le “différend” entre Londres et Bruxelles “porte en particulier sur un stock de taille inconnue du principe actif du vaccin d’AstraZeneca” [The Irish Times] sur le territoire néerlandais. Un fonctionnaire européen aurait “affirmé que tout ce qui était produit” à l’usine de Leyde “devait aller en Europe” , lit-on dans The Independent. Mais certains Etats membres “ont appelé ces derniers jours à la prudence” [Les Echos] concernant les restrictions d’exportations, “comme les Pays-Bas et la Belgique, où une grande partie du vaccin AstraZeneca est produite” .

Se faire la guerre au sujet des vaccins ne peut que se terminer en tragédie pour la Grande-Bretagne et l’UE” , commente le journaliste Andrew Rawnsley dans The Guardian. “Ce serait un exemple terrible pour le monde si des pays qui se présentent comme des démocraties matures, sophistiquées et internationalistes déclenchaient une guerre des vaccins” , ajoute l’éditorialiste. The Guardian relaie également les résultats d’une étude largement reprise dans la presse britannique, selon laquelle “l’interdiction des exportations de l’UE retarderait de deux mois la campagne britannique de vaccination” contre le Covid-19. Sans pour autant donner de “coup de pouce significatif” aux programmes des Etats membres, ajoute le journal.

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