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[Revue de presse] Frontex visée par une enquête de l'Office européen de lutte antifraude

Mardi 12 janvier, la presse européenne a rapporté l’ouverture d’une enquête par l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) contre l’agence de surveillance des frontières de l’UE (Frontex), accusée d’avoir illégalement refoulé des migrants aux frontières européennes.

Le siège de Frontex à Varsovie
Le siège de Frontex à Varsovie - Crédits : Janek Skarzynski / EC - Audiovisual Service

“L’Office européen de lutte antifraude Olaf a ouvert une enquête contre l’agence de surveillance des frontières de l’UE, Frontex, visée par des accusations de refoulements illégaux de migrants en mer Egée, a-t-on appris mardi” , rapporte Mediapart. “Même si l’Olaf a refusé de donner des détails complémentaires, une source a confirmé à ce média qu’une perquisition avait été menée en décembre 2020 à Varsovie dans les bureaux du directeur de Frontex, Fabrice Leggeri, et de son directeur de cabinet” , explique Ouest-France. “De telles visites n’impliquent pas nécessairement des actes répréhensibles” , a tempéré un porte-parole de l’OLAF au magazine Der Spiegel, soulignant que le principe de présomption d’innocence s’applique. Du côté de Frontex, le porte-parole a déclaré que “conformément à sa politique de transparence, Frontex coopère pleinement avec l’Olaf” [EU Observer].

L’Olaf est censé révéler la corruption ou la fraude au sein des autorités de l’UE, mais il enquête également sur les manquements présumés des fonctionnaires et autres membres du personnel des institutions européennes” , explique Der Spiegel. “Selon l’agence de presse AFP, les cercles européens ont révélé que les enquêtes de l’OLAF étaient liées à des allégations de refoulements [illégaux de migrants en mer Egée], mais aussi de mauvaise conduite et de harcèlement au sein de Frontex” , rapporte la Deutsche Welle. En effet, Frontex soutient actuellement la Grèce pour “surveiller les frontières maritimes avec la Turquie et identifier et enregistrer les migrants arrivant dans le cadre de l’opération Poséidon” , rappelle le média allemand. L’enquête intervient alors que l’agence vise “un effectif permanent de 10 000 garde-frontières et garde-côtes à l’horizon 2027” et avait lancé pour ce faire “une campagne de recrutement et dévoilé lundi son uniforme dans un clip sur Twitter” , note Mediapart.

Les critiques à l’encontre de Frontex s’accumulent

L’enquête intervient dans un contexte de critiques croissantes à l’encontre de Frontex, à la suite de nombreux rapports d’ONG et d’articles dans les médias impliquant l’agence dans des traitements indignes de migrants” , explique Ouest-France. En effet, des “médias allemands et étrangers avaient rapporté en octobre que Frontex était impliqué dans le refoulement illégal de migrants par les garde-côtes grecs” , souligne la Deutsche Welle. Der Spiegel, un des médias ayant participé à cette enquête, assure que “les garde-frontières européens, dont des policiers fédéraux allemands, y arrêtent les bateaux de réfugiés avant qu’ils ne puissent atteindre les îles grecques et les remettent aux garde-côtes grecs” et que “les garde-frontières grecs abandonnent alors régulièrement les réfugiés en mer” . “Des vidéos montreraient certains des incidents” , ajoute la Deutsche Welle.

Au Parlement européen, des eurodéputés ont demandé l’ouverture d’une enquête sur le chef de Frontex” , Fabrice Leggeri, à la suite de ces révélations, rapporte Ouest-France. “D’autres élus, dont ceux du groupe Socialistes et Démocrates [S&D où siègent les députés PS], réclament sa démission” , ajoute le quotidien régional. Ayant convoqué le directeur de Frontex au Parlement européen pour une audition en décembre, “les députés ont déclaré que Fabrice Leggeri n’avait pas répondu aux questions relatives à l’implication de l’agence dans les refoulements aux frontières extérieures de l’UE visant à empêcher les demandeurs d’asile d’entrer dans l’UE” , rapporte Euronews. “Fabrice Leggeri s’est défendu […] affirmant qu’une enquête interne de Frontex n’avait pas établi ‘de preuve d’une participation’ de l’agence à de telles pratiques, contraires au droit international” , ajoute Mediapart. “À la Commission européenne également, Ylva Johansson, commissaire européenne aux Affaires intérieures, a également demandé des réponses aux accusations portées contre Frontex” , relève Ouest-France. L’enquête est désormais entre les mains de l’Olaf. “Un groupe de travail, mis en place par le conseil d’administration, doit rendre un rapport sur ces accusations de refoulements illégaux lors de sa prochaine réunion, prévue les 20 et 21 janvier” , indique Mediapart.

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