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En Europe, le flou scientifique demeure autour du vaccin AstraZeneca

Alors qu'un de ses responsables a affirmé dans la presse qu'il existait un lien entre l'administration des doses AstraZeneca et la formation de caillots sanguins chez les patients, l'Agence européenne des médicaments doit s'exprimer sur sa sûreté cet après-midi. L'enjeu : préserver la santé des Européens, mais aussi l'unité des Etats membres, qui ont adopté des positions divergentes quant à l'utilisation de ce vaccin.

Au terme d'une conférence de presse tenue cet après-midi, l'Agence européenne des médicaments (EMA) va rendre de nouvelles conclusions à propos des cas de thromboses apparus chez des patients venant de recevoir une injection du vaccin AstraZeneca
Au terme d’une conférence de presse tenue cet après-midi, l’Agence européenne des médicaments (EMA) va rendre de nouvelles conclusions à propos des cas de thromboses apparus chez des patients venant de recevoir une injection du vaccin AstraZeneca - Crédits : Robert Meerding / Commission européenne

Qu’il s’agisse de retards de livraisons ou de doutes quant à ses effets secondaires, “les problèmes ne s’arrêtent jamais avec le vaccin Oxford/AstraZeneca”, assène Politico. Ce commentaire du média spécialisé dans l’actualité européenne fait référence à l’entretien accordé mardi 6 avril par Marco Cavaleri, responsable de la stratégie sur les vaccins à l’Agence européenne des médicaments (EMA), au quotidien italien Il Messaggero. Ce dernier a en effet assuré qu’un lien “clair” existait entre le vaccin AstraZeneca et les cas de thromboses relevés après son injection. Le responsable européen a cependant noté que les experts “ne savaient pas encore” ce qui causait cette réaction. Considérant aussi que l’évaluation de l’EMA était “loin d’être terminée”, Marco Cavaleri a toutefois soutenu que le rapport bénéfices/risques demeurait favorable au vaccin mais que ses effets sur les différents groupes d’âges devaient être examinés “plus en détail”, rapporte le journal britannique The Independent.

Un potentiel lien causal à l’étude

C’est en effet “le plus souvent [chez] des femmes de moins de 55 ans” [Le Monde] que ces cas de thromboses se sont déclarés. Côté français, l’Agence nationale du médicament “recensait [le 2 avril] 91 cas d’évènements […] sévères sur 1,9 million de personnes ayant reçu une dose” [La Croix] provenant du laboratoire britannico-suédois. “Quatre malades sont décédés”, poursuit le quotidien. Au Royaume-Uni,“il y a eu 30 cas et 7 décès sur un total de 18,1 millions de doses administrées au 24 mars”, relaient Les Echos.

Ces occurrences de caillots sanguins pourraient “être dues, du moins en partie, au fait que les campagnes de vaccination ont commencé avec le personnel de santé et d’éducation, qui est principalement composé de femmes”, lit-on dans le journal espagnol El País, lequel rappelle qu’elles sont “très rares”. “Il est important de regarder tous les facteurs possibles, si les personnes touchées prenaient une contraception orale par exemple”, complète Luc Moraglia, vice-président de la société française de phlébologie, interrogé par La Croix.

Après la suspension provisoire de son utilisation par plusieurs pays européens, l’EMA avait affirmé le 18 mars “qu’‘aucun lien causal avec le vaccin [n’était] prouvé’, sans pour autant l’exclure”, indique Le Monde. L’agence a annoncé sur Twitter qu’elle tiendrait une conférence de presse ce mercredi à 16h afin de livrer les conclusions de son comité de sécurité quant aux liens entre le vaccin d’AstraZeneca et la formation de caillots sanguins.

Des autorités sanitaires divisées

L’intervention de Marco Cavaleri représente “un changement notable” dans la communication de l’Agence européenne des médicaments, “qui a passé les deux derniers mois à insister sur le fait qu’il n’y avait aucune raison pour les pays de l’UE de restreindre ou d’arrêter l’utilisation du vaccin” [Politico]. “Indépendamment de ce que dira l’EMA cette semaine, chaque [Etat membre] pourrait finir par prendre sa propre décision”, anticipe Politico.

C’est par ailleurs déjà le cas. “Les agences de santé nationales émettent des avis en ordre dispersé […] entretenant une certaine confusion sur la manière dont [le vaccin] doit, ou non, être utilisé”, fait savoir Le Monde. Réservé au plus de 55 ans en France, il est “recommandé pour les plus de 60 ans” en Allemagne [Le Monde]. Mais les autorités sanitaires allemandes ont aussi recommandé “d’utiliser les produits de Pfizer ou Moderna, douze semaines après la première dose d’AstraZeneca” [La Croix] pour les moins de 60 ans qui ont reçu la première piqûre. Certains Etats, comme le Norvège et le Danemark, suspendent toujours son utilisation, rapporte France 24. A l’inverse, alors qu’il “ne subit aucune restriction” en Italie, “il est recommandé pour les moins de 65 ans en Espagne” [Le Monde]. “Comprenne qui pourra”, conclut le quotidien.

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