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Conseil européen : la Russie et la Hongrie échauffent les discussions entre les Vingt-Sept

Réunis les 24 et 25 juin, les chefs d’Etat et de gouvernement européens ont rejeté la proposition franco-allemande d’organiser un sommet avec la Russie. Les problématiques de relations extérieures ont néanmoins été éclipsées par les vifs débats autour de la loi hongroise interdisant la diffusion de contenus sur l’homosexualité auprès des mineurs.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán s'est défendu de toute attaque contre la communauté LGBT en arrivant à Bruxelles hier
Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán s’est défendu de toute attaque contre la communauté LGBT en arrivant à Bruxelles hier - Crédits : Union européenne

Russie, Hongrie, Turquie, Biélorussie… Si l’objectif des Vingt-Sept est de parler d’une même voix, ils doivent d’abord s’entendre sur plusieurs points clés évoqués lors du sommet qui a débuté jeudi”, signale L’Express. C’est donc un sommet européen très géopolitique qui se poursuit ce vendredi 25 juin à Bruxelles.

Russie et migrations

Alors que Paris et Berlin souhaitaient “relancer un dialogue” avec Moscou [RFI], l’initiative franco-allemande d’un sommet entre l’Union européenne et la Russie “a été balayée” jeudi 24 juin au soir [France 24]. Les Echos avancent que ce projet a été rejeté car “l’idée passe très mal dans plusieurs pays situés à l’est” de l’Europe. “Entamer un dialogue de haut niveau avec la Russie n’est possible que dans une situation où il y a une réelle désescalade et un retrait réel de la politique agressive”, a ainsi soutenu le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki, cité par le journal économique. Les pays baltes, la Suède et les Pays-Bas ont notamment estimé que la tenue d’un tel évènement “enverrait un mauvais message” [France 24]. Le chef du gouvernement letton Krišjānis Kariņša ainsi jugé “que l’UE risquait de récompenser la Russie en organisant un sommet, alors que la diplomatie n’a pas réussi à mettre fin au conflit dans l’est de l’Ukraine avec les séparatistes” soutenus par Vladimir Poutine.

La question migratoire a également été abordée par les dirigeants européens. “La proposition d’un ‘pacte global pour la migration’ présentée par la Commission en septembre 2020 reste bloquée, même si les Vingt-sept se sont mis d’accord sur certains aspects du projet, comme l’Agence européenne sur l’asile”, relate Le Monde. Un débat “clos en quelques minutes”, selon Politico, et dont les conclusions mettent en exergue le rôle des pays tiers. “Tout le monde est d’accord sur cette approche, sur un plus grand engagement des […] Etats du nord de l’Afrique”, affirme le Corriere della Sera.

Enfin, parmi les autres sujets abordés, les dirigeants européens ont imposé “des sanctions sur des secteurs clés de l’économie biélorusse pour faire pression sur le régime du président Alexandre Loukachenko”. Concernant la Turquie, ils ont invité son président Recep Tayyip Erdoğan “à lever les derniers obstacles pour renouer les relations après une année de fortes tensions” [L’Express].

Al Capone a fini par être coincé… à cause de sa déclaration fiscale

Les questions géopolitiques ont cependant été éclipsées par la politique intérieure de l’Union. “Avant même d’avoir commencé, ce sommet a été bousculé par la loi hongroise interdisant la diffusion de contenus sur l’homosexualité auprès des mineurs”, relève RFI. “Plusieurs leaders des Vingt-Sept ont fait part de leur indignation à Viktor Orbán” jeudi 24 juin, fait savoir La Libre.

Le coup le plus fort est sans doute venu du Premier ministre néerlandais Mark Rutte. “Pour moi [avec cette loi], ils n’ont plus rien à faire dans l’UE, mais je ne suis pas seul à décider. Il y a 26 autres pays”, a-t-il indiqué à des journalistes [Libération]. “Parmi les dirigeants qui se sont montrés les plus combatifs à l’égard de la dérive de Budapest, il y a aussi Xavier Bettel, Premier ministre luxembourgeois”, complète le média espagnol El Confidencial. “Mélanger pédophilie, pornographie et homosexualité est inacceptable”, a martelé le chef de gouvernement du Grand-Duché.

De son côté, “le Premier ministre hongrois, a répété sans faire le moindre pas en arrière qu’il était dans le collimateur de ses collègues pour cette mesure visant à ‘protéger’ les mineurs de la ‘propagande’ LGBT”, relaie La Stampa. “Il a surtout essayé de se faire passer pour un défenseur de la cause homosexuelle”, en affirmant qu’il avait été “un combattant de la liberté sous le régime communiste” [Les Echos], alors même que l’homosexualité avait été dépénalisée en Hongrie dès le début des années 1960.

Il est peu probable que cela convainque ses homologues européens. “Orbán est désormais en roue libre”, estime pour sa part Le Soir. “Longtemps protégé par le PPE [Parti populaire européen, formation politique conservatrice européenne NDRL], limite attendri par cet ‘enfant terrible’, le trublion hongrois n’en fait plus partie depuis quelques mois”, poursuit le journal belge.

Des recours contre un Etat membre peuvent être engagés pour violation du droit européen devant la Cour de justice de l’UE qui peut imposer des sanctions”, rappelle Libération. Du côté de l’exécutif européen, les services du commissaire à la Justice Didier Reynders “ont étudié longuement la loi hongroise qui suscite la polémique aujourd’hui et s’inquiètent à ce stade… d’un non-respect des directives sur l’e-commerce et de services de médias audiovisuels” [Le Soir]. “Cela peut paraître un peu tiré par les cheveux, mais dans les institutions, on rappelle que l’insaisissable gangster Al Capone a fini par être coincé… à cause de sa déclaration fiscale”, conclut le quotidien.

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