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Week-end de manifestations en Catalogne, Hongrie et Slovaquie

Revue de presse 16.04.2018

Samedi 14 avril et dimanche 15 avril, des manifestations ont eu lieu dans plusieurs pays d'Europe. En Catalogne, des centaines de milliers de personnes ont défilé contre la détention de dirigeants indépendantistes. En Hongrie, des protestations ont eu lieu contre la réélection de Viktor Orbán et pour la défense de l'Etat de droit. Et en Slovaquie, la population a appelé le le gouvernement à mener une enquête sur l'assassinat du journaliste Jan Kuciak.

Manifestation à Barcelone le 15 avril 2018

Manifestation à Barcelone le 15 avril 2018 - Crédits : Fotomovimiento /CC BY-NC-ND 2.0

Catalogne : manifestation pour la libération des dirigeants emprisonnés

"Neuf dirigeants indépendantistes catalans sont actuellement incarcérés dans la région de Madrid", rappelle Franceinfo. "Ils sont poursuivis pour 'sédition', 'détournements de fonds' ou pour le délit controversé de 'rébellion'". En parallèle, l'ancien président catalan Carles Puigdemont se trouve toujours en liberté sous contrôle en Allemagne, après son arrestation dans le Schleswig-Holstein. Le Monde rapporte que des "magistrats espagnols ont transmis, jeudi [12 avril], à leurs homologues allemands des éléments afin d’accréditer l’existence de violences justifiant [l'accusation de] rébellion" afin d'obtenir "la remise de M. Puigdemont à l’Espagne".

Or une course contre la montre est engagée pour les indépendantistes. RFI rappelle que s'ils "ne se mettent pas d’accord sur un candidat pour présider la région avant le 22 mai", la Catalogne "continuera d’être sous la tutelle de Madrid et de nouvelles élections seront convoquées à la mi-juillet". Afin de trouver une issue à cette situation de crise, Jordi Sanchez, qui a été élu député catalan alors qu'il était détenu, "a été proposé par deux fois comme candidat à la présidence régionale, mais le juge a refusé de le laisser sortir de prison pour être investi" [France 24].

En réaction, une manifestation pour la "libération des neuf sécessionnistes incarcérés" et pour le "retour des sept dirigeants indépendantistes en exil" a eu lieu dimanche 15 avril à Barcelone [RFI]. Le Monde rapporte un extrait du manifeste des organisateurs : "nous sommes de plus en plus nombreux à dénoncer la judiciarisation de la politique (…) et à dire qu’il faut donner une solution démocratique à ce conflit". Le quotidien ajoute que "la police municipale a comptabilisé 315 000 participants" à la manifestation.

Pour Europe 1, il ne s'agit toutefois "pas d'une manifestation indépendantiste". En effet, "l'appel à manifester avait été lancé par une plateforme d'associations et syndicats créée en mars pour défendre les institutions catalanes" ainsi que les "droits et libertés fondamentales". RFI donne la parole aux manifestants comme Miquel Camps, ingénieur de 55 ans qui déclare : "je me sens très frustré et très impuissant face à un Etat espagnol qui se dresse comme un mur infranchissable et qui ne veut en aucun cas dialoguer".

Hongrie : manifestation pour la défense de l'Etat de droit

En Hongrie également, des manifestations ont eu lieu pendant le week-end, à la suite de la réélection de Viktor Orbán au poste de Premier ministre. La RTBF (Belgique) rappelle les chiffres : "le Fidesz, le parti de droite de Viktor Orbán, et à ses alliés démocrates-chrétiens [comptent] un total de 133 sièges sur 199 au Parlement". Le Premier ministre a donc "les mains libres pour gouverner pendant encore quatre ans". Cette majorité permettra, d'après le média belge, à Viktor Orbán, "au pouvoir depuis 2010, de poursuivre son train de révisions institutionnelles". La RTBF explique notamment son intention de "faire adopter une batterie de lois intitulée Stop Soros". Le but serait de cibler "certaines ONG de défense des droits soutenues par le milliardaire américain d'origine hongroise George Soros", le Premier ministre en ayant fait une promesse de campagne.

C'est dans ce contexte, samedi 14 avril, qu'une "foule grosse de 100 000 manifestants selon les organisateurs, a défilé dans le centre de la capitale hongroise", relate France 24. L'objectif de la foule : exprimer son "ressentiment après la facile réélection du président Viktor Orbán" [Challenges]. France 24 décrit l'événement : "parmi les manifestants, dont beaucoup de jeunes, résonnait le cri 'démocratie !' et flottaient des drapeaux hongrois et de l'Union européenne". L'Express rapporte également qu'un "nouveau comptage des voix", ainsi que le retour de "médias publics pluralistes" ont été réclamés.

Le journal rappelle que le gouvernement "est régulièrement accusé de museler les médias en soumettant le service public à un contrôle éditorial étroit et en favorisant l'achat de médias indépendants par des hommes d'affaires alliés du pouvoir". A cet égard, les observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont estimé dans un rapport que "si les opérations de vote s'étaient déroulées dans des conditions satisfaisantes", "la capacité des électeurs à voter en connaissance de cause" avait été entravée par la "rhétorique xénophobe ambiante et la partialité des médias".

D'après Challenges, la "manifestation de samedi était l'une des plus importantes organisées en Hongrie ces dernières années". Pour l'hebdomadaire, cette dernière rappelle par "son ampleur celles qui avaient suivi la proposition de Viktor Orbán de taxer internet" en octobre 2014.

Slovaquie : l'assassinat de Jan Kuciak continue de mobiliser l'opinion

S'agissant de la Slovaquie enfin, Le Figaro explique que "quelque 30 000 personnes sont descendues dans la rue à Bratislava ", pour "exiger le départ du chef de la police" Tibor Gaspar. Une part importante de la population slovaque redoute en effet "qu'une vraie enquête ne soit pas conduite sur l'assassinat" du journaliste d'investigation Jan Kuciak. Comme le rappelle Libération, M. Kuciak enquêtait "sur la corruption en Slovaquie" et sur "les liens entre des hommes d’affaires italiens soupçonnés de relations avec la mafia et des hommes politiques slovaques". Le ministre de l’Intérieur Tomas Drucker devrait annoncer cette semaine "ses intentions concernant M. Gaspar".