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Washington : rencontre amicale entre Giuseppe Conte et Donald Trump

Revue de presse 30.07.2018

Lundi 30 juillet, le président des Etats-Unis Donald Trump reçoit le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte. Cette entrevue devrait permettre aux deux dirigeants d'échanger sur leurs visions très proches en matière d'immigration et de commerce.

Giuseppe Conte et Donald Trump

Giuseppe Conte et Donald Trump, le 8 juin 2018, au G7 au Canada. Photo : Profil Facebook officiel.

"Il est très ferme sur l'immigration, comme moi"

"Il est très ferme sur l'immigration, comme moi", avait déclaré le président américain Donald Trump au sujet du chef du gouvernement italien Giuseppe Conte, lors du dernier G7 au Canada [Challenges]. En effet, le président du Conseil, en fonction depuis le 1er juin, souhaite "réformer le règlement de Dublin, qui confie la responsabilité des demandes d'asile dans l'Union européenne au premier pays membre où la personne est enregistrée" [Courrier international]. Il réclame une refonte générale de la politique migratoire européenne qui permettrait de décharger l'Italie de l'afflux d'une partie des migrants arrivés par la mer.

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Aussi, sur les questions commerciales, "les deux hommes partagent le même scepticisme à l'égard du libre-échange", selon Challenges. Alors que Donald Trump "a dénoncé plusieurs accords internationaux comme l'ALENA (avec le Canada et le Mexique) ou l'accord de libre-échange transpacifique (TPP)", M. Conte a de son côté refusé "de ratifier l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada (CETA)".

Pourtant, selon Nick Ottens, analyste politique à  l'Atlantic Council, dont Europe 1 a repris l'analyse, le président américain "risque de ne pas trouver l'allié auquel il s'attend" avec Giuseppe Conte. En effet, "le rejet par le nouveau gouvernement italien des accords multinationaux risque de compromettre l'objectif de Donald Trump de parvenir à éliminer tout tarif douanier avec l'UE", ce que M. Conte refuse. D'autre part, d'après Challenges, si les menaces de taxes américaines sur les voitures européennes étaient mises en place, l'automobile italien en pâtirait et Giuseppe Conte "souhaite préserver ce secteur".

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Un partenariat militaire et diplomatique ?

L'Italie "est un important allié de l'OTAN, un partenaire éminent en Afghanistan et en Irak et est cruciale pour amener la stabilité dans la région méditerranéenne", indiquait en juin la présidence américaine, au moment d'annoncer la venue aujourd'hui du chef du gouvernement italien [Europe 1].

En effet, l'Italie participe aux opérations de "l'OTAN en Afghanistan, en Irak et en Syrie" et soutient les positions des États-Unis [Ouest-France]. Une ombre au tableau cependant : "l'Italie a fait savoir qu'il était hors de question qu'elle atteigne l'objectif de dépenses pour le secteur [de la défense] à hauteur de 2% du PIB, a fortiori le nouvel objectif de 4%", ce qui peut être une source de tension à venir.

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En matière de politique internationale, les deux hommes se rejoignent néanmoins sur l'importance diplomatique d'avoir "de meilleures relations avec la Russie", selon Ouest-France. M. Conte s'était notamment dit "d'accord" avec le président américain, à propos de la réintégration de la Russie dans le G7, exclue en 2014 après l'annexion de la Crimée, "se démarquant ainsi de ses collègues européens".