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Visite de Justin Trudeau en France : un soutien réaffirmé au CETA

Revue de presse 17.04.2018

En visite officielle en France les 16 et 17 avril, le Premier ministre canadien Justin Trudeau a affiché sa proximité avec Emmanuel Macron. Les deux dirigeants ont notamment vanté les mérites de l'accord de libre-échange UE-Canada (CETA), partiellement entré en vigueur, et se sont engagés à redoubler d'efforts pour le climat.

Justin Trudeau et Emmanuel Macron

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau et le Président français Emmanuel Macron. Photo : compte Twitter de Justin Trudeau.

Pour sa première visite officielle en France, Justin Trudeau a affiché ses convergences avec le président français. La presse française rappelle les nombreux points communs entre les deux dirigeants : "quasiment le même âge", souligne RFI, certains positionnements "économiques, écologiques, pour l’égalité hommes-femmes", écrit 20 Minutes. Mais surtout, ajoute ce quotidien, "une aptitude à mettre en scène leur vie, sur les réseaux comme dans les médias". Le Dauphiné rapporte d'ailleurs que le Premier ministre canadien lui-même avait déclaré avoir, avec Emmanuel Macron, "tellement d’atomes crochus et d’intérêts en commun".

Défense du CETA

Une proximité qui leur a permis de louer en chœur "les effets bénéfiques, selon eux, de l'Accord économique et commercial global (AECG en anglais, CETA en français) entre le Canada et l'Union européenne" [L'Express]. Appliqué de manière provisoire en France et en Europe depuis le 21 septembre 2017, le CETA ne deviendra définitif dans l'UE qu'une fois approuvé par les parlements nationaux (et régionaux dans le cas de la Belgique) des États membres, explique Radio Canada. Or sur le sujet, Justin Trudeau "a dit s’attendre à du 'leadership' de la part de la France" [Le Journal de Montréal]. Emmanuel Macron était en effet "le seul candidat [à la présidentielle française] à défendre ce projet".

Le CETA "prévoit à la fois une baisse des droits de douane, mais aussi une réduction des barrières non-tarifaires relatives aux normes sociales, environnementales et sanitaires", rappelle La Tribune. De ce fait, il est vertement controversé. Le Journal de Montréal rapporte que "depuis le début de l’année, de nombreuses manifestations ont eu lieu un peu partout en Europe". En France, "des agriculteurs français" l'accusent de favoriser le dumping, explique L'Express. Outre-Atlantique, Radio Canada note que le CETA suscite également des inquiétudes, particulièrement pour les "producteurs de fromage" du pays. Comme le souligne BFMTV, certains réfractaires y sont également inquiets des "potentielles conséquences néfastes induites par ce traité sur l'environnement et le réchauffement climatique".

Le Premier ministre canadien s'est quant à lui "étonné des accusations de dumping" : "si l'Europe n'est pas sûre qu'elle veuille faire un accord commercial avec le Canada, mais avec quel [autre] pays l'Europe voudrait-elle signer un accord commercial ?", s'est-il interrogé [RFI]. Si Justin Trudeau a reconnu "une inquiétude" sur le fait que la croissance économique n'était "pas sentie par tout le monde", les deux dirigeants ont fait valoir les répercussions économiques positives du traité [Journal de Montréal].

Justin Trudeau a ainsi souligné que "les importations françaises au Canada ont augmenté de 4 % en 2017, tandis que les investissements canadiens en France ont crû de 23 %", rapporte Radio Canada. La Tribune relativise cette augmentation, en montrant que celle-ci intervient après une légère diminution des exportations de la France vers le Canada entre 2015 et 2016. L'hebdomadaire économique juge également que l'accord n'étant pas encore pleinement ratifié, il est "difficile de procéder à l'heure qu'il est à une évaluation de [son] impact macroéconomique".

Climat et défense

L'Express note que "les dirigeants se sont également montrés à l'unisson concernant la lutte contre le réchauffement climatique". Emmanuel Macron s'est ainsi "engagé à une 'coopération renforcée' et 'une réponse coordonnée' en vue non seulement de 'défendre l'accord de Paris' mais 'aussi prendre de nouvelles initiatives'".  Le Edmonton Sun, journal canadien de la province de l'Alberta, explique que la France et le Canada ont signé un nouveau partenariat sur le climat et l'environnement, qui inclut notamment "la promotion d'un prix mondial du carbone et la réduction des émissions de gaz à effet de serre liées au transport".

Une entente signée alors que Justin Trudeau est au cœur d'une controverse environnementale dans son propre pays. En cause, son soutien au "projet d’expansion de l’oléoduc Trans Mountain (…) qui relie les puits de pétrole de sable bitumineux (le plus polluant au monde) de la province d’Alberta à la Colombie-Britannique" [Libération]. Le gouvernement de la Colombie-Britannique s'oppose en effet au projet, craignant "des dégâts environnementaux et humains causés par de possibles fuites". De leur côté, des communautés autochtones refusent également ce projet de pipeline qui traverserait leurs terres. Pour Libération, le soutien de Justin Trudeau à l'industrie pétrolière "éloigne définitivement le Canada de ses objectifs de réduction des gaz à effet de serre (GES) fixés dans le cadre de l’accord de Paris sur le climat".

Enfin, le Premier ministre canadien a également "assuré Paris de la poursuite de l'engagement canadien au sein de la force onusienne au Mali (Minusma)" et apporté "son soutien aux frappes menées par les États-Unis, le Royaume-Uni et la France contre l'arsenal chimique de la Syrie" [L'Express]. Après cette première journée de visite, Justin Trudeau doit s'exprimer mardi 17 avril à 15 heures devant les députés français. Il se rendra ensuite à Londres, du 17 au 20 avril, pour la réunion des chefs de gouvernement du Commonwealth.