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Victoire de Syriza en Grèce, un bouleversement en Europe ?

Revue de presse 26.01.2015

Selon les dernières estimations, le parti de gauche radicale Syriza aurait remporté hier 36,3% des voix lors des élections législatives en Grèce. Alexis Tsipras, son leader charismatique, promet de changer la ligne austéritaire imposée depuis le début de la crise, mais s'affirme pro-européen.

Alexis Tsipras

"L’Europe a peut-être changé d’époque dimanche avec la victoire du parti de gauche radicale Syriza aux élections grecques", affirme Rue 89. Pour le journal en ligne, ces élections représentent un test "pour l’Europe aussi, qui sait que les Grecs ont voté contre l’austérité made in Bruxelles et Berlin, mais ne veulent pas pour autant quitter l’euro et tout faire voler en éclat". Challenges rappelle que "depuis la fin 2012, il n’a eu de cesse de dérouler un discours pro-européen". Toutefois, sa vision européenne n'est pas la même que celle de ses partenaires, "sa stratégie : plaider pour une 'Europe solidaire'" et "'initier un nouveau modèle', dont la Grèce serait l’initiatrice", explique le site de l'hebdomadaire.

Alexis Tsipras souhaite négocier une restructuration de la dette grecque et "s'est dit préparé deux jours avant les élections, à 'de grands affrontements'", rapportent Les Échos. Le site du quotidien explique qu'il "va devoir gérer une longue succession de rendez-vous politiques et de négociations économiques et financières qui risquent de durer plusieurs mois et exigeront sens politique et beaucoup de sang-froid". Le chef de Syriza a d'ailleurs déclaré "vouloir 'collaborer et négocier' avec les créanciers du pays une 'nouvelle solution viable, durable qui bénéficie à tous'", met en avant Le Monde.

Pour Le Nouvel Obs, "le score de Syriza met le parti d'Alexis Tsipras en position de force dans le pays mais aussi face à l'Union européenne et au FMI". La situation lui serait favorable car en "geste de bonne volonté, les Européens semblent déjà prêts à prolonger sans discussion le plan d'aide de plusieurs mois pour laisser à Alexis Tsipras le temps de négocier". "Syriza s'appuie sur l'exemple historique de l'annulation de la dette allemande après la Seconde guerre mondiale", afin de peser sur la position européenne.

Selon Libération, les Grecs "ont exprimé leur refus d’une austérité punitive et d’une Europe mère Fouettarde, même si, dans leur écrasante majorité, ils désirent rester dans l’euro". "Ce signal, l’Europe doit le saisir d’autant que le sens de ce vote va bien au-delà du cas grec", souligne le site du quotidien, faisant référence au parti espagnol Podemos.

Les Européens sont divisés sur cette victoire. "Pour Spiegel-Online, les défenseurs de la ligne dure à Berlin et à Bruxelles n’auront désormais plus le choix et doivent abandonner la politique basée exclusivement sur l’intérêt égoïste d’une nation", rapporte Courrier International. Tandis qu'Outre-Manche, selon le quotidien britannique The Daily Telegraph, "Angela Merkel et les autres leaders européens savent que s’ils accordent des larges concessions à Alexis Tspiras, ils encourageront les mouvements et les révoltes populistes en Europe". Sans surprise, "plusieurs titres allemands se montrent également très réservés sur la victoire de Syriza".

Le nouveau gouvernement devrait être connu mercredi. "Dès ce lundi matin très tôt, les grandes manœuvres ont donc commencé", explique l'envoyée de spéciale de Libération. Alexis Tsipras "va devoir mener des négociations avec plusieurs petits partis comme les centristes de To Potami ou les Indépendants grecs (anti-austérité) qui [lui] ont exprimé leur soutien" [Reuters

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