Derniers articles publiés

Vers une intervention européenne en Centrafrique à la rescousse de la France ?

Revue de presse 06.01.2014

Un mois après le lancement de l'opération française Sangaris en République centrafricaine, le succès d'une telle intervention commence à être questionné, étant donnée la persistance des affrontements et des pertes humaines colossales qui en résultent.

Emma Bonino (c) Ministère italien des Affaires étrangères

"L'action de la France en Afrique est un enjeu mondial", titre Le Monde dans son éditorial. "La France était la mieux placée pour intervenir en Centrafrique et elle ne pouvait pas ne pas le faire. Mais elle ne peut pas réussir seule. Il est urgent de la renforcer. Les conséquences d'un échec seraient désastreuses. Pour tous", alerte La Croix.

Dans un entretien à Libération, Roland Marchal, enseignant et chercheur à Sciences-Po Paris, spécialiste de l'Afrique de l'Est et de la Centrafrique, pointe du doigt les difficultés structurelles de l'opération. "En Centrafrique, Paris agit dans un cadre mal conçu", explique le chercheur.

Face à cette stagnation, un engagement de l'Union européenne est-il envisageable ? Après l'appel à la solidarité européenne lancé par François Hollande en décembre dernier, l'UE s'interroge sur son éventuelle action en Centrafrique. Une décision à ce sujet devrait être prise dans quinze jours, annonce La Croix. En effet, le Conseil Affaires étrangères du 20 janvier prochain réunira les ministres européens des Affaires étrangères ainsi que Catherine Ashton, qui "doit présenter les options civiles et militaires d'une éventuelle mission européenne".

Pour Le Monde, l'action des 28 Etats membres serait tout à fait légitime au vu de "l'enjeu de ces opérations [qui] dépasse largement la France".

Toutefois, Emma Bonino, ministre italienne des Affaires étrangères, émet des réserves quant à cette implication de l'Union en Afrique. Dans un entretien accordé au Figaro, elle s'exprime ainsi à ce sujet : "Beaucoup de promesses face aux afflux de clandestins, mais aucune aide concrète", résume-t-elle.

De plus, un tel engagement ne semble pas être au sommet des priorités de l'Union, puisque "les Conseils européens sont dominés par des questions financières et que les questions de sécurité arrivant de l'étranger ne figurent pas en première ligne", ajoute-t-elle.