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Une vague d'arrestations à Bruxelles dans l'enquête sur les attentats

Revue de presse 25.03.2016

Trois jours après les attentats de Bruxelles, dont le bilan provisoire est toujours de 31 morts et d'environ 300 blessés, la police belge semble vouloir faire avancer l'enquête le plus rapidement possible. Elle a procédé jeudi soir à l'arrestation de six personnes en lien présumé avec les attaques de l'aéroport et du métro. Par ailleurs on commence à en savoir plus sur les kamikazes alors que l'atmosphère est toujours tendue en Belgique.

Police Belge

Les frères El Bakraoui, un lourd passif judiciaire

"Six personnes ont été arrêtées jeudi 24 mars au soir à Bruxelles par la police belge, dans le cadre de l’enquête sur les attentats qui ont fait au moins 31 morts mardi" annonce Le Monde. Trois d'entre elles ont été interpellées "devant le parquet fédéral" dans une voiture, sans que l'on connaisse la raison de leur présence à cet endroit. Les autres personnes se trouvaient à Bruxelles et dans une commune en banlieue de la capitale.

Ces arrestations interviennent alors que l'on en apprend davantage sur les auteurs des attaques, en particulier les frères El Bakraoui, les deux kamikazes de l'aéroport et du métro. D'après Le Figaro, Khalid et Ibrahim El Bakraoui "étaient connus des agences de renseignement américaines avant les attentats: les deux frères figuraient sur la liste noire des services de lutte antiterroriste".

Par ailleurs, on apprend dans Le Monde qu'Ibrahim El Bakraoui, qui s'est fait sauter à l'aéroport de Zaventem mardi, a été condamné à neuf ans de prison pour braquage en 2010. Mais il bénéficiait depuis l'année dernière d'une libération conditionnelle. Alors qu'il lui était interdit de se rendre à l'étranger, il a été arrêté en Turquie en juin dernier puis expulsé aux Pays-Bas. "Les autorités belges auraient alors été informées qu’il pouvait s’agir d’un combattant étranger, mais elles ont ignoré les avertissements d’Ankara et l’ont par la suite relâché", selon le gouvernement turc, qui accuse ainsi la Belgique de laxisme en matière de sécurité.

Son frère cadet Khalid, également condamné en 2011, "était recherché dans l’enquête sur les attentats de Paris pour avoir loué sous un faux nom un logement à Charleroi utilisé par certains assaillants du 13 novembre", indique Libération. L'article précise qu'il était même "visé depuis le 11 décembre par deux mandats d’arrêt, international et européen, délivrés par les juges d’instruction parisiens chargés d’enquêter sur ces attentats".

Deux hommes sont encore activement recherchés, rappelle Le Figaro : "l'un d'eux apparaît sur une image de vidéosurveillance avec les deux kamikazes de l'aéroport ; l'autre a été aperçu avec Khalid El Bakraoui sur d'autres images vidéo du réseau de métro". 

Un début de crise politique en Belgique

Ce sont ces révélations sur les défaillances du système judiciaire belge qui sont à l'origine d'un début de crise politique en Belgique. En plein hommage solennel en présence du roi Philippe et de la reine Mathilde, le Premier ministre Charles Michel a dû refuser la démission de deux de ses ministres : Koen Geens, ministre de la Justice et Jan Jambon, ministre de l'Intérieur.

Le Figaro cite ce dernier qui s'est exprimé dans la presse belge. Se sentant politiquement responsable, Jan Jambon a reconnu "des erreurs" et ajoute que l'on peut "se demander comment il est possible qu'une personne soit libérée aussi tôt et que nous ayons laissé passer la chance de l'arrêter à nouveau quand il était en Turquie".

Charles Michel a de son côté affirmé à propos de l'enquête qu' "il ne pourra pas y avoir d'impunité. Il ne pourra pas y avoir de zones d'ombres" [Libération]. De plus, le Parlement belge a décidé de "mettre sur pied une commission d’enquête parlementaire, aux pouvoirs étendus".

Pas d'avancées lors de la réunion des ministres de l'Intérieur 

Au niveau européen, la réunion des ministres de l'Intérieur et de la Justice qui s'est déroulée hier à Bruxelles "n'a rien apporté de nouveau" selon Le Monde. "Les ministres se sont contentés de rappeler qu’ils avaient bien l’intention d’adopter, ou de faire adopter, le plus vite possible, l’agenda poussé par la France".

Concernant le fameux PNR, le registre européen des passagers aériens, le projet a été adopté par la commission spéciale des libertés du Parlement européen. Mais il reste désormais à "faire pression sur les élus pour qu’ils organisent un feu vert définitif lors d’un vote en plénière, courant avril".

La Libre n'est guère plus optimiste : "l’Europe étant ce qu’elle est, passer des paroles aux actes dans la lutte contre le terrorisme ne s’effectue pas en un claquement de doigt, ni sans accroc". Le journal rappelle que "même si la Commission, le Conseil et le Parlement sont parvenus à un accord politique sur les contours du PNR, en décembre 2015, le sujet n’a toujours pas été mis à l’agenda de la plénière du Parlement".

D'autre part, "Paris a réitéré sa demande de création d’une 'task force' pour lutter, à l’échelle européenne, contre les faux documents, alors que des milliers de passeports vierges irakiens sont dans la nature, a précisé M. CazeneuveEnfin, les ministres se sont engagés à considérer comme une tâche urgente l’usage plus systématique, et une meilleure interconnexion entre les différentes bases de données européennes" [Le Monde].

Pour rappel, le dernier bilan provisoire des attentats fait état de 31 morts et 300 blessés, dont 150 toujours hospitalisés et 61 en soins intensifs, indique Le Figaro. L'aéroport de Zaventem est lui toujours fermé, et ce au moins jusqu'à dimanche.