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Un sommet de réorientation pour l'Europe

Revue de presse 28.05.2014

Mardi, les 28 chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE se sont réunis pour un sommet informel à Bruxelles. Au cours du débriefing des résultats des élections européennes qui ont révélé la montée de l'euroscepticisme, le Conseil s'est prononcé pour une réorientation des priorités de l'Europe. Tous les Etats membres ne proposent cependant pas la même chose. Les tractations pour la nomination du futur président de la Commission européenne et les postes des institutions ont également été au centre de la rencontre et l'incertitude qui règne est mise en avant par les médias ce matin.

Conseil informel du 27 mai 2014

"Le scrutin de dimanche a bouleversé la donne politique à Paris, à Londres ou encore à Athènes. Il a aussi inversé l'ordre des facteurs : il ne s'agit plus de s'entendre sur un homme, mais de retrouver une vision, dans l'espoir de ramener dans le droit chemin des électeurs séduits par les extrêmes" souligne Le Figaro. Ainsi, des voix s'élèvent pour appeler à une réforme de l'UE. "L'Europe est devenue trop grosse, trop autoritaire, trop intrusive" a en effet déclaré David Cameron qui a emboité le pas de François Hollande pour engager une réforme de l'Europe rapporte Le Monde. Matteo Renzi s'est également rapproché de ces positions.

Si le président français est arrivé en position de faiblesse à cette réunion [Le Monde], son message – "l'Europe doit entendre ce qui s'est passé en France" – a été entendu alors qu'une "nouvelle feuille de route" pour l'Europe a été actée pour donner la priorité à l'emploi, la croissance et l'investissement [Les Echos]. Mais rien n'est encore gagné pour Paris alors que L'Express s'interroge sur l'intransigeance budgétaire de l'Allemagne face à la France, et que Le Figaro, qui titre "Merkel refuse à Hollande toute 'réorientation de l'UE'", rappelle la pression de l'Allemagne pour que les réformes structurelles françaises se fassent. Le philosophe et ex-maire de Venise, Massimo Cacciari, estime que François Hollande possède toutefois une porte de sortie au niveau européen : "il faut qu’il sorte des recettes de la vieille gauche et qu’il s’inspire de la rupture de Matteo Renzi" [Libération].

La presse revient aussi sur les discussions entamées hier et qui s'annoncent tendues pour désigner le prochain président de la Commission européenne. Dès son arrivée à Bruxelles, Angela Merkel annonçait son soutien à Jean-Claude Juncker mais pointait du doigt la nécessité de coalition alors qu'aucun groupe ne possède la majorité absolue au Parlement [Euronews]. Reuters revient sur l'ambiguïté de la position de la chancelière alors que celle-ci aurait contacté la directrice du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, à propos du poste.

Les difficultés sont d'autant plus ardues pour le candidat du Parti populaire européen (PPE) que l'éventualité de sa nomination rencontre des opposants farouches à l'instar de David Cameron, qui le juge trop fédéraliste. "Je crois que Cameron va essayer de réunir une minorité de blocage. (…) Je ne suis pas sûr que les autres pays européens, et même la Suède, soient prêts à aller à l’affrontement direct avec le Parlement européen, issu des urnes" analyse le correspondant du quotidien Libération, Jean Quatremer, pour Euronews. Le bénéfice du doute est cependant laissé à Jean-Claude Juncker tant que son programme n'est pas clairement défini, indique le président du groupe socialiste au Parlement, Hannes Swoboda [20 Minutes].

Dans cette perspective de trouver un nom sur lequel se mettre d'accord, un mandat a été donné à l'actuel président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, afin d'engager les pourparlers avec le Parlement européen [Le Monde]. Le quotidien précise à ce propos la réserve émise par Jean-Claude Juncker sur ce choix de négociateur, suspectant que les chefs d'Etat et de gouvernement ne veuillent l'écarter de la course [Le Monde].

La décision des 28 sera connue lors du prochain Conseil des 26 et 27 juin prochain.

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