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Un mini-sommet des pays méditerranéens pour faire face au défi migratoire

Revue de presse 11.01.2018

Les dirigeants de sept pays du sud de l'Europe se sont réunis le mercredi 10 janvier à Rome pour discuter notamment de l'enjeu des flux migratoires. Les chefs d'Etat et de gouvernement ont fait front commun, réclamant une plus grande solidarité européenne sur ce sujet. Les questions économiques et institutionnelles ont également été abordées.

Les sept chefs d'Etat et de gouvernement lors du sommet Med7 mercredi 10 janvier

Les sept chefs d'Etat et de gouvernement lors du sommet Med7 mercredi 10 janvier - Crédits : La Moncloa

Ce mercredi 10 janvier, les "dirigeants italien, français, espagnol, grec, chypriote et maltais" se sont réunis pour la quatrième fois, à Rome, en format dit "Med7" [RFI]. Ce groupe informel rassemble des pays "partageant de nombreuses problématiques, des migrations à l'intégration européenne" [Le Figaro]. Après une réunion "brève et suivie par un dîner de travail (…), une déclaration commune" a été publiée [RFI]. C'est "la maîtrise des flux migratoires qui a dominé" les discussions [Le Figaro], même si les questions économiques et démocratiques ont également été abordées.

Les pays du Sud appellent à la solidarité européenne

Dans leur déclaration citée par RFI, les chefs d'Etat ou de gouvernement se sont dit "fermement attachés à une politique européenne commune des migrations". Le Premier ministre grec Aléxis Tsípras a ainsi souligné devant la presse : "Nous devons lutter tous ensemble pour mettre en place une politique migratoire qui soit commune avec une solidarité surtout envers les pays qui reçoivent ces flux importants" [20 Minutes]. Le Med7 estime ainsi, selon RFI, qu'"il n'est pas juste que les pays du sud de l'Europe aient à supporter tout le fardeau".

Les pays "ont réclamé 'un effort résolu' en vue de mettre en place un régime d'asile européen commun, reposant sur la 'solidarité'". Toutefois, le journal 20 Minutes souligne qu'ils n'ont pas "évoqué les quotas de relocalisation de migrants que l'UE a cherché à mettre en place, en vain en raison de l'opposition de certains pays d'Europe de l'Est". Car les questions migratoires seront discutées à 28 cet été, France Inter rappellant que la date butoir "pour débloquer la réforme des règles européennes de l'asile, enlisée depuis des mois", a été fixée à juin prochain.

Une collaboration avec les pays de transit

Les dirigeants européens ont également appelé au "renforcement du dialogue et de la coopération avec les pays d'origine et de transit" des migrants [El Mundo]. Pour le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy, "l'objectif (…) doit être la lutte contre la pauvreté sur le continent africain, l'amélioration de leur situation, et la lutte contre les mafias" [El Mundo].

Plus concrètement, cette politique consisterait à "répliquer au niveau européen la formule employée par l'Espagne au Sénégal et en Mauritanie depuis 2006, ou l'expérience de l'Italie en Libye" [El Mundo]. Le "président du Conseil italien Paolo Gentiloni" s'est d'ailleurs félicité des résultats "encourageants" obtenus grâce aux accords avec les autorités libyennes, qui a eu pour conséquence une baisse de "35%" des arrivées de migrants [RFI].

Néanmoins, les accords entre l'Italie et la Libye restent "très controversés" et conduiraient même, "selon certaines sources à traiter, directement ou indirectement, avec les milices et les passeurs" [RFI]. De manière plus générale, la proposition est "fortement critiquée par les ONG qui travaillent au sauvetage des migrants en Méditerranée et par quelques organisations internationales" [El Mundo]. Celles-ci dénoncent la posture de "l'UE, qui financerait les pays africains pour freiner l'immigration, alors que la majorité d'entre eux ne garantissent pas le respect des droits de l'homme" [El Mundo]. Une position confirmée par "Sophie Beau, vice-présidente de l’association SOS Méditerranée", qui dénonce dans une interview à France Info le fait que "l’Europe finance les garde-côtes libyens pour intercepter des embarcations de migrants et les ramener dans ce qu’on peut qualifier d’enfer libyen (…), tout cela contre le droit international qui impliquerait de les déposer dans un port sûr et donc en Europe".

Union bancaire et cohésion européenne

Lors de cette réunion, la question économique a également été à l'ordre du jour. Les dirigeants ont insisté sur l'importance de faire progresser l'Union bancaire en créant un "mécanisme de soutien au Mécanisme de résolution unique" ainsi qu'un "système européen de garantie des dépôts" qui permettrait de créer une "croissance durable et socialement inclusive" [El Mundo].

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Les chefs d'Etat et de gouvernement ont enfin souhaité soutenir toute les initiatives qui permettraient "d'encourager les citoyens à exprimer leur opinion sur les manières d'améliorer l'Union européenne" [Deutsche Welle]. Ils ont accueilli favorablement "l'idée de consultations citoyennes dans toute l'Europe" sur le futur de l'Union, qui pourraient être organisées à partir du printemps prochain, poursuit le média allemand. La déclaration conclut en proposant que "des listes transnationales de candidats puissent être proposées aux prochaines élections du Parlement européen" afin de renforcer la cohésion de l'Union européenne [Deutsche Welle].

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