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Un Conseil européen pour réformer l'Europe ?

Revue de presse 19.10.2017

Jeudi 19 et vendredi 20 octobre a lieu le Conseil européen, qui réunit les chefs d'Etat et de gouvernement européens. Au programme : l'avenir de l'Union européenne ou encore la politique étrangère. Emmanuel Macron et Theresa May prendront tous deux la parole, pour évoquer respectivement les accords de libre-échange et le Brexit.

donald tusk conseil européen

Donald Tusk, président du Conseil européen - crédits : Arno Mikkor (EU2017EE)

Tusk à l'initiative

Aujourd'hui à partir de 15h30 se réunit à Bruxelles le Conseil européen. Celui-ci se déroulera dans le bâtiment Juste Lipse, "qui accueillait les réunions des chefs d’État avant l’inauguration de 'l’Europa'", le nouveau lieu dédié à ces rencontres, mais qui a été temporairement fermé à cause d'un "dégagement de fumée dans une des cuisines" [L'Echo] (Belgique).

Les Vingt-huit vont "parler défense, crises internationales, Catalogne (…), [et] ils doivent répondre à l’ambitieux programme que vient de leur proposer le président du Conseil européen, Donald Tusk", annonce L'Echo. L'Express rapporte également que "le dîner des 28 chefs d'Etat et de gouvernement doit être principalement consacré aux affaires étrangères, avec des échanges prévus sur l'accord nucléaire iranien et la Corée du Nord ainsi que sur les relations avec la Turquie". Au vaste programme du Conseil on retrouve aussi le numérique avec la taxation des GAFA et le développement de la recherche [Les Echos].

Dans la lettre d'invitation au sommet, Donald Tusk, président du Conseil européen, propose en outre "de s’accorder sur un 'Agenda des leaders' pour 'couper le nœud gordien' qui empêche les avancées sur des sujets sensibles comme la migration ou la réforme de la zone euro" [L'Echo]. Donald Tusk "entend établir des documents – 'Decision Notes' – mettant à plat les divergences sur un dossier donné". Mais en cas d'échec des discussions le président du Conseil préconise de "décider s’il convient ou non de faire une autre tentative, ou si la seule manière d’avancer est une coopération renforcée entre les pays volontaires" [L'Echo].

La lettre, relatée par Politico, affirme en outre que "l'unité ne peut être synonyme de stagnation (…) l'ambition ne doit pas être une excuse pour la division". Selon un diplomate anonyme, cité par le média européen, la démarche de M. Tusk est équilibrée, "ce qui souligne une nouvelle approche centrée sur l'obtention de résultats".

"Le débat pourrait être animé"

Selon Politico, le sommet devrait aussi être dominé par Emmanuel Macron, qui a multiplié les prises de positions européennes depuis son élection en mai dernier. "L'enjeu principal est de savoir comment utiliser l'énergie d'Emmanuel Macron", explique un officiel européen, et de faire en sorte que ses nombreuses et ambitieuses propositions ne suscitent pas la division entre les Etats membres. Ces derniers se retrouvent toutefois au centre du jeu, notamment vis-à-vis de la Commission européenne, très en vue sous la direction de Jean-Claude Juncker. "La focalisation du sommet de cette semaine sur les idées [réformatrices] de M. Macron reflète l'effort de M. Tusk de prendre le contrôle de l'agenda de l'UE des mains de Juncker, qui a proposé de combiner les présidences de la Commission et du Conseil", analyse Politico.

Parmi les sujets que le président français prévoit d'aborder figure "la question très sensible de la politique commerciale européenne" [L'Echo]. D'après la RTBF (Belgique), "le débat pourrait être animé", car "certains dirigeants considèrent la vision du Français sur le commerce comme trop protectionniste". La Tribune de Genève explique que le président français "s'inquiète de voir la Commission (…) 'se précipiter' dans la négociation de certains accords de libre-échange au mépris d'une opposition populaire grandissante".

Le quotidien suisse indique aussi que la France est d'autant plus inquiète que "l'UE a accéléré son agenda commercial au cours des derniers mois". En effet "Bruxelles a relancé les discussions avec le Mexique, mais aussi le Mercosur", et elle s'apprête à entamer des discussions avec "deux autres pays où l'agriculture joue un rôle majeur : l'Australie et la Nouvelle-Zélande" [RTBF].

"Comme si le sujet, au fond, était périphérique"

Toujours pendant le dîner, Theresa May prendra la parole pour à nouveau évoquer le Brexit et "encourager [les dirigeants des 27] à faire avancer la conversation afin d'étudier le partenariat futur et la période de mise en œuvre" [L'Express]. Il s'agit d'obtenir "plus de souplesse dans la négociation du Brexit", car les Britanniques "estime[nt] avoir donné suffisamment de gages sur le divorce pour pouvoir ouvrir la discussion sur l’après-Brexit" [L'Echo]. Cependant L'Express rapporte que "l'intervention de Theresa May ne devrait toutefois pas donner lieu à 'une quelconque percée'". Pour L'Echo "tout se passe d’ailleurs comme si le sujet, au fond, était périphérique".

Alors que "l'essentiel des discussions sur le Brexit pendant ce sommet aura lieu vendredi, sans le Royaume-Uni" comme le rapporte L'Express, "le chef du parti d'opposition britannique travailliste, Jeremy Corbyn sera également à Bruxelles jeudi pour rencontrer des responsables européens et tenter lui aussi de débloquer les négociations sur le Brexit" [Europe 1]. RFI explique que "les négociations n’ont guère progressé car, vu de Londres, il aurait été suicidaire pour Theresa May de donner ne fut-ce que l’impression de concéder quoi que ce soit avant la fin du congrès de son parti [au mois d'octobre]".

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